entretien de Maureen Murphy avec Moataz Nasr, artiste (Egypte)

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Qu’avez-vous voulu exprimer ici ?
Je veux que le public s’investisse dans mon travail, qu’il en fasse partie. J’ai filmé le reflet des visages des gens sur l’eau. Je n’ai pas utilisé d’ordinateur. J’ai fait 500 prises et j’ai choisi les meilleures à la fin. Quand les gens commencent à regarder la vidéo et que le phénomène de piétinement commence, ils sont surpris, ils ne s’y attendent pas. Puis ils se rendent compte qu’ils se tiennent eux aussi debout sur de l’eau. Ils font partie de ce qui est en train de se passer. On se marche tous dessus, tout le monde marche sur quelqu’un. Il n’y a pas une personne de responsable, on est tous pris dans cette situation.
Comment avez-vous choisi les intervenants ?
En fait, je suis allé dans le sud de l’Egypte. J’ai rencontré des gens, leur ai parlé et leur ai demandé de participer à ce que j’étais en train de faire. J’ai bien sûr dû expliquer beaucoup, parler de ce que je faisais et de ce qu’il allait advenir du travail. Beaucoup ont accepté parce qu’ils ont compris ce que je voulais dire.
Je suppose que votre travail est lié à vos autres travaux, celui que vous avez réalisé dans les quartiers pauvres du Caire par exemple.
Oui, tout est lié à ce qu’il se passe dans la ville. Il faut savoir qu’il y a 20 millions d’habitants au Caire. Les gens se marchent vraiment dessus.
En quoi est-ce important pour vous de montrer votre travail à Dak’Art ?
C’est très important pour moi d’être ici. Le fait de rencontrer les artistes fut pour moi la chose la plus importante. On est un peu isolé de ce qui se passe dans le reste de l’Afrique en Egypte et même du reste du monde en un certain sens. On n’a pas de magazine d’art et on a vraiment du mal à voir et à apprendre, à se procurer des livres. Les arts visuels ne sont pas vraiment encore bien acceptés en Egypte. Les gens préfèrent l’art plus classique. Je pense que c’est très important pour moi d’être ici avec tous ces grands artistes à rencontrer.

///Article N° : 2413

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