entretien d’Olivier Barlet avec Moussa Sene Absa

Ouagadougou, février 1997
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Tu préfères nettement tourner en extérieurs…
La vie est plus forte que l’invention ou la parodie de la vie : je préfère donc les décors naturels. A Tableau Ferraille, le métal est travaillé par le soleil, la poussière, la pluie, la main de l’homme. L’art n’est pas prétentieux, comme dans les musées d’art moderne ! Dans le décor naturel, tu sens la vie des gens et l’aura des choses. Je ne construirai jamais un décor en Afrique.
Dam est-il un héros ?
Mohamed Ali dit : «  la vie est comme un combat de boxe : une fraction de seconde d’inattention et tu es KO ! « . Une vérité nous dépasse : la quête qui nous mène quelque part, on ne sait où. La vie est dérisoire. L’enjeu de la vie, c’est la foi. Quand Dam dort (ou est mort) devant le cimetière, ce qu’il a été est dérisoire, mais il a la conscience tranquille pour dormir en paix.
C’est un message pour l’Afrique ?
Dans ce film, je veux dire : Afrique réveille-toi. On te demande d’aller trop vite. L’Afrique s’est embarquée dans un train sans savoir où il mène. Je préférerais qu’on attende un autre train où l’on trouve notre place et sachant où le train va.
L’Afrique devrait être le dernier rempart d’un monde en danger, la dernière zone de repli de l’humanité, où l’on peut retrouver les valeurs perdues avec la civilisation post-moderne. L’Afrique ne doit pas rentrer dans cette course. Si Dam a chuté, c’est qu’on lui a demandé d’être féroce et d’aller vite. L’Afrique doit trouver son propre système. Cela demande du courage.

///Article N° : 265

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