Fiche Film
Cinéma/TV
LONG Métrage | 2010
Cultures de résistance (Cultures of Resistance)
Iara Lee
Pays concerné : Brésil
Réalisateur(s) : Iara Lee
Durée : 73
Genre : politique
Type : documentaire

Français

Chaque geste fait-il vraiment une différence ? La musique et la danse peuvent-elles être des armes au service de la paix ? En 2003, à la veille de la guerre d’Irak, la réalisatrice Iara Lee a entrepris un voyage pour mieux comprendre un monde de plus en plus conflictuel, et qui lui semblait voué à l’autodestruction. Ses voyages l’ont emmenée sur cinq continents où, en quelques années, elle a rencontré un nombre croissant de gens qui consacraient leur vie à promouvoir le changement. Ceci est leur histoire. De l’IRAN, où graffiti et rap sont devenus instruments d’opposition au régime, en passant par le BRÉSIL, où des musiciens vont à la rencontre des enfants des bidonvilles et transforment les fusils en guitares, pour finir dans les camps de réfugiés PALESTINIENS au LIBAN, où photographie, musique et cinéma ont donné une voix à ceux que l’on entend rarement, CULTURES DE RÉSISTANCE explore comment art et créativité peuvent se transformer en munitions dans la bataille pour la paix et la justice.

Avec : Les Poètes de Medellin pour la paix, des maîtres de capoeira du Brésil, des militants du delta du Niger, des graffeurs iraniens, des leaders féministes au Rwanda, des cinéastes réfugiés du Liban, des humoristes engagés américains, des activistes indigènes Kayapo de la rivière Xingu, des dissidents israéliens, des artistes hip-hop de Palestine, et bien d’autres encore…

Réal : Iara Lee
2010 | Global

CULTURES DE RÉSISTANCE, 01:12:22, couleur (2010)


Iara Lee – Note d’intention
D’un point de vue conceptuel, ce projet est né il y a dix ans. J’ai toujours été environnée par le cinéma, la musique, les arts, et la culture, et j’étais consciente de la façon dont ces arts se recoupent mais, avec CULTURES DE RÉSISTANCE, je me suis tout particulièrement intéressée à la façon dont l’art pourrait être utilisé pour exprimer l’opposition à l’injustice. En 2000, j’ai passé du temps dans des camps de réfugiés afghans à Peshawar (Pakistan) où j’ai interviewé des femmes qui avaient souffert de l’apartheid sexuel instauré par les Talibans. De ces interviews est né un court métrage dont j’espérais qu’il permettrait de faire connaître un problème qui avait été largement ignoré du public occidental. J’espérais que ma modeste contribution pousserait des gens à l’action.

Quelques années plus tard, en 2003, pendant que se préparait l’invasion de l’Irak, je décidai de voyager et de vivre au Moyen-Orient pour mieux comprendre cette région si terriblement affectée par les conflits dans notre prétendu âge de paix. C’est durant cette période – en 2006 – que je me retrouvai au Liban et que je vécus en direct l’expérience du bombardement de ce pays par l’armée israélienne. Venant d’un monde qui faisait si peu de cas des causes de la souffrance humaine dans cette région, j’étais profondément attristée et choquée par le déploiement de violence sans bornes dont j’étais le témoin. Cette expérience a pour toujours renforcé mon engagement en faveur de la justice sociale – en particulier dans le domaine de la résistance créative.

A cette époque je ne voyais pas encore clairement ce qu’il allait ressortir de toutes ces expériences. Mais je rencontrais sans cesse des individus qui m’inspiraient et qui, bien qu’ils vivent dans la pauvreté, au milieu de conflits, ou soient extrêmement défavorisés, tenaient bon en gardant espoir en un monde meilleur. Et ces gens dont l’impact se faisait le plus sentir ne se reposaient pas sur leur espoir uniquement pour mieux supporter le présent. Les plus courageux l’utilisaient comme motivation à agir pour faire de notre monde un monde plus juste.

C’est de ces gens que j’ai tellement appris et que je tire une grande part de ma force personnelle. Ils m’ont aidée à comprendre qu’un film avait non seulement le pouvoir d’informer de manière documentée sur les injustices dont les autres sont victimes, mais ils m’ont aussi appris qu’un film pouvait montrer comment des gens ordinaires se dressent contre les intérêts les plus puissants du monde. Que ceux que l’on voit dans le film soient essentiellement des artistes, pratiquant une forme d’art ou une autre, et engagés dans la résistance non violente, rend leurs histoires d’autant plus édifiantes.

English

From Iran, where graffiti and rap became tools in fighting government repression, to Burma, where monks acting in the tradition of Gandhi take on a dictatorship, moving on to Brazil, where musicians reach out to slum kids and transform guns into guitars, and ending in Palestinian refugee camps in Lebanon, where photography, music, and film have given a voice to those rarely heard, CULTURES OF RESISTANCE explores how art and creativity can be ammunition in the battle for peace and justice.