Fiche Film
Cinéma/TV
LONG Métrage | 2008
Si Mohand U Mhand, l’insoumis
Rachid Benallal
Date de sortie en France : 10/09/2008
Pays concerné : Algérie
Réalisateur(s) : Rachid Benallal
Avec : Dahmen Aidrous, Fodhil Hamla, Hadjira Oubachir, Taha El Amiri
Durée : 100
Genre : portrait
Type : fiction

Français

La vie du célèbre poète kabyle Si Mohand u Mhand, à l’occasion de la célébration de son centenaire, un destin tragique marqué du sceau de l’errance et de la révolte.

Poète: Il a donné à la langue kabyle une dimension et une beauté inégalée.

Observateur : Il aura assisté à la destruction totale de l’ordre ancien.

Résistant : Refusant tout compromis, il a vécu dans l’insoumission au nouvel ordre qu’impose la présence coloniale française en Algérie

Réalisation : Yazid KHODJA et Rachid BENALLAL.
Scénario et dialogue : Yazid KHODJA.
Images : Allal YAHIAOUI.
Dialogue en kabyle : Boualem RABIA.
Musique : Med GUECHOUD. –

Interprétation :
Dahmane ADROUS (Mouhand, adulte), Fodhil HAMLA (Mouhand, jeune), Larbi ZEKKAL (le père), Hadjira OUBACHIR (la mère), Djamila AMZAL (la belle-mère), Zouina AMZAL (la jeune mariée), Taïla EL AMIRI (Cheïkh Aheddad), Richard DEMARCY (le tavernier), Mustapha AYAD (Kaïd Oukaci).

LE GRAND POETE BERBERE

À la vie de son peuple, à un moment critique de son histoire, Si Mohand U M’hand a participé pleinement.
Il naît et déjà le drame marque sa vie. Sa famille est en effet étrangère au village où il voit le jour ; elle vient de s’y réfugier depuis peu pour fuir les suites d’une vendetta. Puis Mohand encore enfant voit les troupes du Général Randon monter à l’assaut du massif Kabyle. Ichariouan, son village, est détruit et ses habitants dispersés. C’est le deuxième exil du poète.
Quatorze ans plus tard, la grande révolte de 1871 soulève le pays, la famille de Mohand s’y engage tout entière. Après la défaite, le père du poète est jugé, condamné et passé par les armes à Fort National sur les lieux même de son premier village détruit. Son oncle est déporté en Nouvelle Calédonie. Son frère fuit en Tunisie et lui-même ne doit la vie sauve qu’à l’intervention d’un officier français. Tous les biens de la famille sont confisqués. Mohand réduit à l’indigence, quitte la montagne natale et s’en va c’est son troisième et définitif exil.
Il passera désormais sa vie à parcourir les villes et les routes d’Algérie et quelques fois de Tunisie, il vit jour le jour, au fil des circonstances. Il prend conscience du caractère singulier de son destin et l’accepte comme tel.
Pour s’étourdir, il s’adonne, d’abord avec réticence, et à la fin avec frénésie, à tous les plaisirs défendus : les filles, le vin, l’absinthe, le haschich, la cocaïne.
Vivant d’expédients, il hante les cafés maures, les bistrots, tous les lieux ou l’on tâche de s’étourdir et de prendre du bon temps.
Il a des compagnons de plaisir ou de misère et au milieu de tout cela, traîne une incurable solitude intérieure. Aucun lieu, aucun être n’arrive à l’attacher vraiment. Il est l’éternel errant, toujours à la veille d’un départ qui parfois ressemble à une fuite.
Il vivra ainsi trente ans durant, toujours sur la route, toujours seul, buvant, aimant, se droguant, mais par-dessus tout magnifiant tout cela du don de poésie. La poésie c’est plus que sa justification, sa raison d’être. Il a ainsi crée le type de poète à la fois élu et damné, libéré des canons de conduites communs, et dont le rôle est justement d’apporter, dans une société enserrée jusqu’à l’étouffement dans les règles d’une tradition tyrannique, l’exemple et la dose d’une anarchie compensatrice.


Production : Prime Kaméra, ENTV, Centre Cinématographique Marocain, 2M, Canal Horizons

SORTIE :

le 10 septembre au Cinéma Utopia Campus de Montpellier et au Cinéma Rive Gauche à Perpignan. A partir du 24 septembre il sera programmé au cinéma Le Sémaphore de Nîmes.
Pour la suite de la programmation, consulter le site internet www.filmsdesdeuxrives.com.