HK, saltimbanque des Temps Modernes !

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Le 20 avril, Kaddour Haddadi dit HK revient sur la scène, son jardin, avec un nouvel album. HK écrit, chante et danse le monde, l’engagement, la désobéissance civile, la résistance et l’action directe non-violente. Avec ce disque, ce citoyen du monde conteur des Temps modernes signe un bel éloge de la vie. Et un programme, poétique, politique aussi. Entre les lignes.

« Je me suis dégotté un drôle de métier
Avec moi embarqués, quelques illuminés !
Je leur ai proposé pour unique salaire
De la traînée de poudre d’étoiles polaires »
« … Résistance
Nos vies n’ont plus aucun sens
Depuis que nos rêves sont indexés
Sur le prix de l’essence »

Extrait de Rallumeurs d’étoiles

Que peut la poésie ?
À rester vivant. En un mot,
une phrase, on peut changer,
transformer le réel par
l’imaginaire, chambouler
le monde. Le poète c’est
aussi celui qui a cette folie,
de voir le monde, les choses
autrement.

Un poème en partage :
« Je te parle en silence
d’une jeunesse vieille,
nous savons tous les deux
que le monde
sommeille par manque
d’imprudence. »

Jacques Brel

Au sens grec ancien, la politique est affaire de tous. La chanson « Rallumeurs d’étoiles » qui donne son titre au disque, illustre cette prise de conscience et d’opposition absolument nécessaire, cette urgence à vivre et construire une autre voie, proposer d’autres choix.
HK a choisi son camp, celui de celles et ceux qui luttent contre un système qui déshumanise les êtres et voudrait les réduire à naître et mourir sans avoir vécu, en somme n’être que néant et temps de cerveau disponible. HK a choisi son camp, celui de celles et ceux qui
refusent la norme morne assassine. Celles et ceux qui osent dire non à la marchandisation de l’humain, non à tout ce qui broie les hommes et noie leurs idéaux, faisant des premiers du grain à moudre ou de la chair à canon, et des seconds des slogans commerciaux. HK a choisi de faire la madelle du côté de chez Swann, Mahmoud Darwich, Apollinaire, Bob Marley, Jacques Brel, saltimbanques et tisseurs de liens. Du côté des poètes, dans les mots, les actes ou dans l’âme qui cherchent à donner un sens réel à leurs vies et tentent l’échappée belle vers leurs rêves. « Quand un système vous déshumanise, vous robotise, vous infantilise, une révolution s’impose, ici la révolution c’est la vie et la vie c’est la révolution » lâche HK, regard souriant et tourné vers l’avenir. « Le monde ne changera pas avec nos cris, il faut s’engager, créer, inventer, prendre conscience que nous avons
tous notre part à faire, nous devons creuser avec nos mains, nos pelles, défricher de nouveaux sentiers, prendre d’autres chemins,
trouver des alternatives, nous reconnaître, et nous reconnecter à l’essentiel, nous reconnecter les uns aux autres. » Kaddour n’a pas changé, depuis ses premiers refrains et couplets rappés à Roubaix (59) avec Juste Cause et Le M.A.P (Ministère des Affaires Populaires). C’était il y a 15 ans. Kaddour n’a pas changé, il rappe moins et chante plus, c’est tout. Question de maturité, de mode, d’ascension sociale, ou de stratégie ? Ni l’une, ni les autres d’ailleurs. Juste une évidence pour un artiste et un citoyen engagé et engageant, habité par des idéaux solidaires et des combats altermondialistes. Kaddour n’a pas changé, il a juste choisi de ne plus créer en réaction, faisant sien ce slogan de mai 1968 : « L’action ne doit pas être une réaction, mais une création. » Kaddour, rappeur, chanteur est aussi auteur de romans désormais. Son dernier livre Néapolis (1), est une parabole sur la Palestine. Kaddour est un rallumeur d’étoiles parmi d’autres, illustres ou anonymes auxquels il
rend hommage dans ce troisième disque, comme ce vieil homme par exemple, radioactif jusqu’au bout des ongles qui refuse de quitter
Fukushima, son amour.

(1) Néapolis. Riveneuve Editions. 2014.///Article N° : 12807

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