Intouchables

Phase critique 23

Échaudé par un célèbre précédent (Bienvenue chez les Ch’tis, le film de la laideur autoproclamée), je murmurais par-devers moi contre Intouchables, je redoutais une arnaque de même bobine. Mon entourage avait vu et apprécié Intouchables. À reculons j’y suis allé voir, il y a quelque deux mois : l’émotion me titille encore. Dès le préambule, je l’avoue, j’ai pleuré. Ce n’étaient pas des larmes de bonheur. Elles témoignaient d’une forme de reconnaissance envers les scénaristes. Je dirais même que je les estime à l’égal des frères. Vous me direz : « Quel délire ! Ce n’est qu’une fabrication commerciale ! » Certes. Vous confirmez donc que le commerce exige qu’on y mette du cœur et des nerfs ! En disant du cinéma qu’il était un art et une industrie, André Malraux soulignait peut-être l’aspect populaire de ce média. Ce qui me bouleverse dans Intouchables, c’est le fait que le cinéma français du XXIe siècle s’est enfin permis d’épouser le point de vue du dominé banlieusard « enfant d’immigré ». (À supposer qu’il ait, à proprement parler, un point de vue.) Depuis Le Journal d’une femme de chambre d’Octave Mirbeau, depuis Les Bonnes de Jean Genet – deux exemples littéraires -, nous avons rarement communié à si grand événement artistique. Le cinéma est le médium le plus approprié pour apporter un éclairage nouveau sur un fait social aussi vieux que le monde. Aucun intellectuel africain –...

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