« J’aime quand le merveilleux vient éclairer le réel »

Entretien d'Olivier Barlet avec Philippe Lacôte et Isaac de Bankolé à propos de Run

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Run était en sélection officielle (Un certain regard) au festival de Cannes 2014 : une consécration pour un jeune réalisateur-producteur qui s’était surtout illustré dans le documentaire avec Chroniques de guerre en Côte d’Ivoire. Le film sort le 17 décembre 2014 dans les salles françaises. Rencontre avec Philippe Lacôte et l’un de ses acteurs, Isaach de Bankolé.

Pourquoi avoir accepté ce rôle ?
IdB : Philippe est très persuasif ! C’est un concours de circonstances, c’est une vieille amie qui m’avait proposé d’aller au Kenya travailler sur deux pièces de Koltès, elle m’a permis de débuter et je suis toujours en contact avec elle.

Tu habites toujours aux États-Unis ?
IdB : Oui, j’étais de visite à Paris et j’ai vu cette amie qui me propose un café, et d’un coup elle me dit « mais attends t’es Ivoirien toi ? » Parce que souvent on ne sait même plus d’où je suis, même moi je ne le sais plus !
Elle m’a dit qu’elle venait de rencontrer un jeune Ivoirien qui venait de faire un documentaire sur la guerre et qui avait un projet de long métrage. Elle m’a dit qu’il faudrait que je voie son documentaire et que je le rencontre. Elle l’a appelé et me l’a passé, là il me parle et me demande si on a le temps de se voir. On s’est vus le lendemain, il m’a apporté le scénario et le dvd de son documentaire. C’est comme ça que ça a commencé, je lui ai d’abord donné mon point de vue sur l’histoire et il semblait trouver mes remarques intéressantes.
On est restés en contact, lui s’est rendu à Jérusalem avec son co-scénariste, il me tenait au courant de l’évolution du projet et au bout d’un an il est venu me voir à New York.
Il s’est battu pour trouver les fonds pour ce premier film, étant donné qu’il n’est pas connu, c’est de plus en plus difficile d’avoir un financement lorsque l’on est indépendant, c’est ça aussi qui m’a intéressé chez lui, c’est un battant.

Te voir dans le rôle du stratège politique…
IdB : La beauté de ce personnage est qu’il n’y a que très peu de scènes, mais qui sont complètes. C’est un personnage entier, avec une directive claire. J’ai trouvé qu’il y avait une force dans l’écriture, parfois on a cinquante scènes et on ne comprend rien au personnage ! C’est un personnage politique, un peu désabusé, qui au départ avait des ambitions pour son pays mais qui se rend compte que les gens au pouvoir sont égoïstes. Et il n’y croit plus.
Et la rencontre fortuite avec ce garçon est comme une passation de témoin, avec un rapport père-fils, qui lui rappelle aussi ce qu’il aurait pu faire lorsqu’il était plus jeune. J’ai vu le film hier pour la première fois j’ai été très ému.

Quels sont tes rapports avec les acteurs non-professionnels ?
IdB : Ils ont un tel désir d’apprendre, moi j’ai pris des cours d’art dramatique mais je crois que l’on peut être doué dès le départ, on n’a pas forcément besoin de faire une école. Peu importe que l’acteur en face de moi soit professionnel ou non, le principal est qu’au final la scène soit bonne, et si je peux l’aiguiller je le fais. Ma technique d’acteur, je la partage, si les gens sont prédisposés à recevoir il n’y a pas de problèmes. C’est gratifiant, c’est un plaisir de travailler avec des gens qui découvrent. C’est parfois même plus intéressant de travailler avec quelqu’un qui n’a aucune expérience de jeu, car il n’y a pas d’inhibition, pas de tics de jeu.

Comment se passe la direction des acteurs avec Philippe Lacôte ? Est-il très directif ?
IdB : Oui, mais sans le dire. Tout est dans l’art et la manière !
P.L : Quand j’ai commencé à faire des courts métrages je venais d’une cinéphilie française et je pense que je n’aimais pas beaucoup les acteurs. Parce qu’au début on pense que la caméra et le montage sont les plus importants. Mais plus le temps passe et plus mon travail se concentre sur le travail des acteurs car ce sont eux qui incarnent mes personnages. L’émotion et l’humanité du film viennent à travers eux. Denis Lavant, avec qui j’ai travaillé dans mes courts métrages, m’a appris beaucoup de choses, c’est un ami, un acteur, il m’apprenait à le diriger tout en tournant avec lui ! J’ai donc appris beaucoup de choses grâce à lui, aussi en allant voir ses pièces de théâtre. Progressivement je suis beaucoup plus allé vers les acteurs. D’ailleurs pour moi le mot juste est interprète, pas acteur ! J’ai des interprètes qui peuvent venir aussi bien d’une école que de la rue. L’important c’est qui ils sont, et s’ils peuvent correspondre au personnage. Quand j’ai choisi l’acteur, c’est déjà cinquante pour cent du travail de fait.
Je suis allé vers Isaac car j’étais sûr qu’il allait comprendre ce personnage, qu’il lui convenait et qu’il allait mettre quelque chose dedans. Car c’est un personnage désabusé, qui pourrait être aigri mais c’est un personnage à qui il faut donner beaucoup d’humanité pour le rendre intéressant. On a envie de faire passer de l’espoir, par exemple dans la scène où il chante on peut voir la fragilité de son personnage, sa douceur, sa nostalgie, son enfermement. Pour moi c’est une figure tragique de ce récit, mais c’est une figure courageuse. C’est celui qui dit au pouvoir ce qu’il pense. Quand on lui dit « c’est toi qui caches les assassins », il répond « et toi ça fait combien d’années que tu tues pour les assassins ».
A travers ce personnage interprété par Isaac je voulais rendre hommage à une génération de militants-citoyens africains, qui ont cru en un avenir meilleur. Issus de l’Indépendance ; c’était des intellectuels qui avaient une conscience politique pour ce continent africain. Et mon but avec ce film est de se demander où sont passées ces personnes. Ils étaient peut-être enfermés dans un discours que l’on pourrait qualifier de marxiste, mais ils avaient un idéal fort au sujet de l’enseignement ou pour servir le pays. Aujourd’hui, lorsque je me rends en Côte d’Ivoire, les gens que je rencontre cherchent juste à s’enrichir afin de construire leur maison, alors qu’ils sont dans la fonction publique. Donc j’avais envie de transmettre cet idéal, représenté par des gens comme Lumumba ou N’Krumah, mais où est-il passé ?
Quand on analyse les problèmes d’un pays, on analyse la dérive d’un pays. C’est aussi bien de montrer qu’il existe une autre voie

Il t’est donc important de restaurer dans le personnage une part d’humanité ?
P.L : Oui, c’est indispensable car ce n’est pas une thèse, justement c’est un personnage politique qui est donc déjà dans la thèse, il faut donc le sortir complètement. C’est pour cela que l’on a fabriqué la musique autour du personnage, cette chanson nous a poussés au montage à inclure d’autres musiques qui correspondent au personnage dans le film. On lui a fabriqué un univers, de solitaire, de lecteur. Comme je le disais à Isaac à notre première rencontre, pourquoi ne voit-on pas dans les films des Africains en train de lire ?

Le film est surprenant car l’on pouvait s’attendre à plus d’improvisation.
P.L : Pourquoi pensais-tu cela ?

Parce que de Boul Fallé à Le Djassa a pris feu, tu as travaillé sur un certain type de films où l’improvisation a plus d’importance, où le rythme est plus soutenu. On remarque une certaine progression dans le film, dans l’histoire, qui est le passage de l’harmonie au chaos. On peut se demander ce que représente cette harmonie, car il y a une sorte d’appel à la tradition comme si le chaos n’existait pas avant. Une sorte d’histoire de l’Afrique, puisque c’est le sujet du film, de la Côte d’Ivoire, qui passe d’un climat calme et stable à quelque chose de purement chaotique et décadent.
P.L : Le documentaire Boul Fallé de Rama Thiaw que j’ai produit et qui se passe au Sénégal frôle la fiction, quant à Burn It Up Djassa c’est un film fait en onze jours dans l’énergie de la nouvelle vague à Abidjan afin d’être présenté aux festivals de Toronto et de Berlin. Toutes les expériences cinématographiques m’intéressent, mais quand je me mets sur un projet en tant que producteur je ne cherche pas à faire mon cinéma à travers le film d’un autre, je vais là où il a envie d’aller, donc effectivement il y a les expériences de producteur mais quand je suis derrière la caméra, le résultat est différent. Donc Run n’est pas la continuité de ce travail, car le budget des films est totalement différent, Djassa s’est fait avec dix mille euros, Run avec un million huit, ça n’est donc pas la même entreprise. C’est comme si l’on comparait l’album épuré d’un jazzman et son spectacle sur scène en improvisation, il aime les deux, comme moi. Pour résumer Djassa est un geste furtif, je l’ai fait mais j’ai aussi d’autres choses à raconter.
Run
est pensé dès le départ comme un film, avec un scénario abouti, destiné à aller dans les commissions ou sur Arte, c’est mon travail et ce que j’ai envie de faire aujourd’hui en tant que réalisateur.
Au sujet de l’harmonie, pour moi ça n’est pas un monde traditionnel mais un monde des éléments. Dans le film, il n’y a pas l’apologie d’un monde ancien, en grande partie parce que la moitié du film se passe dans le monde urbain. Je travaille au sujet, je n’ai pas d’idéologie formelle, lorsque je regarde les vingt dernières années d’histoire de la Côte d’Ivoire, je me dis que nous sommes partis d’une harmonie pour arriver au chaos. Mon co-sénariste Gino Ventriglia qui est italien me disait que la décadence amène toujours à la violence : c’est ce que j’ai essayé de retracer avec l’histoire de la Cote d’Ivoire dans ce film. Par sa forme, sa bande-son, dans l’harmonie d’écriture, la question du film est d’où vient cette violence dans laquelle nous avons basculé ? Ce monde harmonieux, dans lequel un orphelin espère trouver sa place, à qui l’on demande d’assassiner son maître et qui refuse car il ne peut pas. Ce monde-là cache de la violence, c’est la question que je pose avec ce film sur la période Houphouët-Boigny. Etait elle aussi harmonieuse qu’on le prétend ? Lorsqu’il était au pouvoir, nos parents étaient en prison, donc nous savons que cette harmonie n’existait pas.

La Cote d’Ivoire tente aujourd’hui une réconciliation et dans le film, les jeunes patriotes ne rêvent que d’exercer la violence. N’y a-t-il pas un risque que le film desserve la réconciliation ?
P.L : Mon rôle en tant que cinéaste n’est pas d’oeuvrer pour la réconciliation car je n’ai pas cette prétention. C’est un énorme travail de réconcilier les Ivoiriens et si le président Alassane Ouattara n’y arrive pas, ça n’est pas moi qui vais y parvenir avec mon film. Mais nous avons eu des problèmes sur le tournage, car on a tourné dans un ancien siège du FPI, le parti de Laurent Gbagbo qui est occupé actuellement par les FRCI, les forces rebelles loyalistes du côté d’Alassane Ouattara. C’était un décor tellement beau que je n’ai pas pu m’empêcher de prendre ce risque. C’est le décor dans lequel sont les jeunes patriotes : j’avais envie de les inscrire dans leur futur et de les filmer dans le présent. Avec ce décor cassé, on sentait que beaucoup de choses s’étaient passées dans ce lieu. On a donc été accusé de beaucoup de choses : faire un film pro-Gbagbo ou pro-Alassane, et d’avoir reçu des millions ! Je suis habitué : pour Chronique de guerre en Côte d’Ivoire, quand j’allais filmer les gars du FPI on me disait tu es pro-Gbagbo et quand je filmais le camp d’Alassane on me disait c’est pro-FPI, à la fin j’ai dit aux deux camps : moi je garde mes images, débrouillez-vous. Donc j’ai l’habitude des accusations non justifiées, on me reproche aussi d’avoir montré des patriotes trop sympathiques, mais ça n’est pas ça le film, je voulais montrer les patriotes en dehors des images connues internationalement, on connaît tous les patriotes qui manifestent, chassent les Français, marchent sur le pont. Mais un patriote, lorsqu’il n’est plus dans la foule ou à la télévision, qui est-il ? C’est un jeune de quartier, qui touche ses soixante mille francs par mois en tant que patriote et qui va au maquis, l’argent représente quatre shows dans le mois. J’aurai pu faire le même film sur des militants RDR que je connais mais j’ai choisi le mouvement des jeunes patriotes car c’est une milice et quand la population devient militaire, cela devient très fort car la population est très surveillée. Aussi le mouvement patriotique a Blé Goudé, un leader très charismatique que l’autre camp n’a pas, c’est donc aussi plus cinématographique.
Mais mon intention n’est pas d’attiser quoi que ce soit. Je viens d’un quartier où il y a des jeunes patriotes alliés au pouvoir, nous avons eu la chance au sein de Wassakara Production avec Karim qui est du nord de Tengréla, avec Ernest Kouamé qui est Baoulé avec moi qui suis Bété, et tous les autres, nous ne sommes jamais rentrés dans ces divisions-là. Parce que l’on vient du même quartier depuis l’enfance, ça nous a sauvés. Notre quartier était le seul marché resté ouvert pendant toute la guerre. Mon rôle n’est pas d’accuser mais d’observer le cauchemar que l’on a vécu. J’aurai tout aussi bien pu faire le même film sur des rebelles.

IdB : Le faire par une fiction permet d’avoir du recul, c’est comme un miroir alors qu’avec un documentaire.

Avec le personnage de l’amiral, tu penses à Blé Goudé ?
P.L : Bien sûr, la casquette, sa façon de s’habiller… Après je ne colle pas à Blé Goudé non plus. Il y a eu tout un travail dans le scénario de ce film de coller au personnage politique tout en étant distant. J’ai eu une discussion intéressante avec les journalistes de TV5 qui me demandaient si l’on devait faire des rapprochements sur qui représente le premier ministre, certains disent que s’est Blé Goudé d’autres que c’est Guillaume Soro, chacun essaie de trouver une correspondance.
IdB : Mais cela ne colle pas aux personnages réels.
P.L : Non, sinon ça n’est pas intéressant. La fiction permet ce fil de métaphore, ce qui amène une subtilité. Je ne souhaite pas que le film stigmatise des gens, mais je ne désire pas non plus que le film soit instrumentalisé.

Ton héros amène une certaine identification du spectateur car c’est un personnage que l’on suit, qui a sa voix off, et à côté de cela, on a une construction peu linéaire qui casse cette logique du héros. Comment as-tu articulé cela dans le scénario et dans le montage ?
P.L : Mes scénarios tournent autour de personnages : quand je pense à un film je pense à un personnage. J’ai envie de raconter ce personnage. Ici c’est Run, j’aime ce principe d’identification, comme lorsque j’étais petit et ai vu un homme poignarder un méchant sur l’écran pour défendre Bruce Lee. Cela fait qu’on regarde jusqu’au bout. On vient du cinéma de genre, on ne peut pas nous dire que le cinéma a cinq niveaux. Lorsque l’on allait voir un film, on le vivait et si un personnage mourait dans un film et qu’on le revoyait dans un autre vivant, pour nous ce n’était pas possible. On vivait les films au premier degré, c’est pour cela que je crois au processus d’identification et je pense que c’est toujours payant de coller à un personnage, de rentrer dans sa tête pour le spectateur, pour l’embarquer. Le spectateur suit ce jeune homme qui a trois vies, qui est complètement déstructuré et qui revit sa vie, cela donne une forme de flash-back, d’aller-retour de cauchemars.
IdB : J’étais assez bluffé lorsque j’ai vu le film car le montage de Philippe a rehaussé ce qui était déjà dans le scénario et cette forme peu linéaire colle à l’histoire.

C’est un film un peu hypnotique, il y a de longs plans, des scènes où l’on avance dans des couloirs…
IdB : Oui et je trouve qu’il a été audacieux de tenir le spectateur ainsi.
P.L : Étant linguiste au départ, je pense que chaque personne a sa structure. Si l’on prend la vie de quelqu’un, on pourrait tracer une ligne pour définir sa vie. Et sur l’écran j’ai essayé de tracer la ligne de Run, mais ce jeune homme qui est orphelin et qui rêve d’être faiseur de pluie, son monde s’écroule, il refuse la violence et part avec cette femme. Si on doit raconter toute sa vie, elle est évidemment chaotique, fragmentée et traversée par un cauchemar. J’ai essayé de tracer cette ligne. J’aime aussi beaucoup le cinéma fantastique et je pense qu’il ne faut pas rester uniquement dans le réalisme, j’avais envie de transcrire un imaginaire fort, avec du mystique, de l’onirique, de l’hypnose. Le personnage est devant la mer en train de revivre toute sa vie, il y a donc effectivement des moments hypnotiques, mais il n’y a pas une volonté de faire des plans très longs, ce que j’aime c’est les cassures, j’aime l’écriture du jazz. Même si c’est de la musique, le côté contrepoint, on peut partir, faire une pause, faire un solo et tout à coup accélérer.
IdB : Pour prendre un exemple frappant dans le film, le plan avec la montagne derrière et toute la lignée de gens qui descendent et la pluie qui vient, et ce petit qui part, qui est exclu de la communauté, qui quitte son village pour une autre ville, c’est une image forte où tout est réuni dans un plan. C’est digne d’un grand cinéaste, je ne dis pas ça parce qu’il est là, mais tout y est, la symbolique de tout ce qui va arriver et ce qui est déjà dans le passé.

On peut dire que c’est un film ambitieux avec ce type d’esthétique.
P.L : Pour moi un film ambitieux c’est un pléonasme, j’entends tellement ce mot depuis le début que je me demande quels sont les films qui ne doivent pas être ambitieux.

Ce que je veux dire avec ambitieux c’est que d’habitude tes projets sont très réalistes, pris sur le vif.
P.L : C’est mon imaginaire que j’essaie de retranscrire. Je suis un grand fan de Gabriel Garcia Marquez, chaque fois que je dois écrire un scénario je relis Cent ans de solitude. J’aime quand le merveilleux vient éclairer le réel. Si tu regardes bien les gens, personne ne vit dans la réalité, chacun s’en arrange mais personne n’y vit, donc quand on doit raconter les gens, il y a des moments de silence, de rêveries, de déni aussi, qui sont importants pour décrire les gens. Je pense que chaque réalisateur doit faire ce qu’il ne sait pas faire et non pas ce qu’il sait faire, sinon il n’y a pas de progression. Si demain je commence un film et que je maîtrise tout pour moi, ça n’est pas la peine de le faire : autant publier le scénario. Dans un film, je me demande constamment comment faire telle ou telle scène : les scènes sont des défis et en tant que cinéaste, il faut qu’à chaque fois je me surpasse et c’est là où le film a une exigence, où Isaac doit se surpasser aussi, et c’est par là qu’on doit tous tendre. C’est pour cela que l’on dit que mes films sont ambitieux.

Cannes, mai 2014///Article N° : 12274

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