Johnny chien méchant

D'Emmanuel Dongala

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Dongala savait que Kourouma écrivait comme lui sur les enfants soldats, mais, comme il le signale dans l’entretien, craignant d’être influencé, il s’est refusé de lire « Allah n’est pas obligé » avant de terminer son propre livre. Effectivement, si les deux livres s’apparentent à des « docuromans » sur les guerres ethniques qui minent l’Afrique, la comparaison s’arrête là. Récit picaresque, celui de Kourouma est une méditation sur l’incapacité du langage à dire le mal et l’absurdité existencielle, tandis que celui de Dongala use du parallélisme comme stratégie littéraire pour mettre en scène le bien et le mal.
En effet, « Johnny chien méchant » évoque en parallèle deux destins opposés, celui de Johnny, le milicien qui sème partout la désolation et la mort, et Laokolé, une jeune écolière qui s’évertue à sauver les vies humaines. Les deux protagonistes se rencontreront en fin de roman, lequel s’achève par la mort du chien méchant, « assassiné » symboliquement à l’aide d’une Bible.
Même si le roman de Dongala est ancré dans les guerres africaines, on voit s’opposer les Dogo-Mayi aux Mayi-Dogo ! Le message est clair et les références que l’auteur ne cesse de faire à d’autres foyers de violence dans le monde comme Kandahar, Sarajevo, la Tchetchénie, le Proche-Orient etc. montre à quel point son ambition est universelle.

Johnny chien méchant, d’Emmanuel Dongala, Ed. Le Serpent à plumes, 2002///Article N° : 2728

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