La quête identitaire

Ou le triomphe de la division ?

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Les îles Comores connaissent une destinée commune depuis le 8ème siècle au moins. Même mode de peuplement sur l’ensemble du territoire. Une langue, cousine du swahili, le shikomori, avec ses variantes dialectales et régionales. Une religion, l’islam, dont l’implantation remonte jusqu’au 10ème siècle.* Des coutumes et des valeurs partagées par la population dans sa majorité. Mais au-dessus de ce vécu, plane une sorte de fragilité, héritée du morcellement géographique du pays en quatre entités insulaires : Mohéli, Anjouan, Grande Comore et Mayotte.
Il s’agit ici de comprendre dans un contexte de mondialisation les raisons qui poussent au déchirement une population de moins d’un million d’habitants sur un archipel d’îlots minuscules, ne possédant aucune richesse susceptible d’engendrer un conflit de type régionaliste. Comprendre aussi comment des hommes et des femmes, héritant d’une même culture, se retrouvent les armes au poing dans un pays où la notion de communauté demeure vitale. Saisir pourquoi quatre îles qui avaient tout pour réussir ensemble (unité de langue, de religion, de culture…) finissent par être les jouets d’une conjoncture qui les dépasse.

C’est un aspect que le colon européen saura manipuler dès son débarquement dans l’archipel. Lorsque le contexte l’exigeait, les représentants de la France coloniale rappelaient en effet à qui voulait l’entendre que chacune des îles sœurs pouvait connaître sa propre destinée. Une tendance que les politiques comoriens, divisés par les querelles de pouvoir tout au long du 20ème siècle et soutenus par la France des réseaux, (1) n’ont pas toujours su contrecarrer. L’absence d’une réflexion aboutie sur la question identitaire et culturelle a souvent été avancée pour analyser ce fait politique. La relative facilité avec laquelle les Comoriens se sont accommodés du « modèle » imposé par la culture étrangère dominante a aussi renforcé cette donne. Contre les stéréotypes coloniaux ou la fronde séparatiste, il n’y a pas eu de réaction efficace. « Il semble, écrit I. Mohamed, que, pendant longtemps, les Comoriens n’ont pas éprouvé le désir de fonder nettement un contre-discours […] Il apparaît clairement que […] la définition de l’unité comorienne tend à se fonder sur un système de références inadapté au contexte et partant incapable de rendre compte de la réalité de cette unité. Les Comoriens se taisent ou sont eux-mêmes victimes de ce système de références ». (2)
Ce qui est sûr, c’est que l’élite locale, lorsqu’elle s’engage dans la logique d’indépendance à la fin des années 60, néglige tout ce qui a trait au socle identitaire commun dans son discours, y compris sur un plan strictement culturel. Rares sont ceux qui arrivent, comme le compositeur Abou Chihabi dans les années 70, à nommer avec précision ce qui relie une île à une autre. Plutôt que de fonder les bases d’un reconstruction nationale à venir, les leaders d’opinion se cantonneront à l’époque dans un discours de principes d’appartenance, sans portée réelle dans l’imaginaire collectif, quand ils ne mettront pas l’accent sur les conditions de vie difficile de la période post-coloniale. Faire endosser ou assumer radicalement une identité à leurs compatriotes n’a pas été ressenti comme une nécessité préalable par eux durant les années de la course à l’indépendance. « On est obligé de noter comme un élément déterminant, continue I. Mohamed, l’incapacité des Comoriens à se dire comme tels ou plus exactement le fait que pour un Comorien, il semble inutile de se dire comorien. Pour que le sentiment unitaire puisse prendre corps au niveau du discours, il convient qu’un certain nombre de facteurs invitent à cette verbalisation et on a le sentiment que ces facteurs ont jusqu’alors fait défaut aux Comores. Ainsi l’unité se vivrait mais ne se dirait pas ».
Avec le temps, les commentateurs les plus inspirés se rendent bien compte que le processus contribuant à l’épanouissement d’un discours nationaliste n’a pris forme dans ces îles que de façon très « épisodique » durant ces trente dernières années. Le Comorien bien souvent appartient à son clan, à son quartier, à son village, à son île, et rarement à son pays au sens fort du terme. Ce qui a laissé libre cours au développement des idées séparatistes. Et ce, malgré l’unité de vie reconnue par tous les acteurs importants de l’Archipel. L’homme politique, à qui revenait « l’audace » de concevoir un modèle national viable, n’ayant jamais pu initier un développement efficace du pays, a perdu au fil des années sa crédibilité et n’a pu jouer véritablement son rôle dans l’invention d’une destinée nationale. L’intellectuel comorien, lui aussi, a failli dans cette mission. C’est ainsi que le séparatisme en a fait son lit, dès le début des années 70.
En refusant d’emboîter le pas à l’Afrique des Indépendances, pendant que Mohéli, Anjouan et la grande Comore choisissaient, elles, de quitter l’ensemble français en 1975, Mayotte n’a fait qu’entériner un mouvement prévisible longtemps à l’avance. Un acte de « désertion » dans un ensemble archipélique, où la notion d’Etat-Nation n’en était encore qu’aux balbutiements d’usage. La conséquence a été foudroyante sur le plan culturel : une mise à mal des acquis du passé a pris aussitôt forme dans les discours, notamment en France métropolitaine, pour justifier le choix mahorais. Un travail de sape s’est mis en place. Réécriture de l’histoire, manipulation des consciences, effondrement des valeurs communes à partir de l’île dissidente… Et à force de subir ces « attaques », le Comorien a fléchi sur quelques principes d’importance relatives à son identité. A partir des années 80, il s’est pratiquement retrouvé à organiser lui-même le « délitement » de l’Archipel, morceau par morceau. Les esprits se sont mis sérieusement à douter du destin commun. Le langage a vu émerger de nouveaux concepts, encourageant à la fronde séparatiste. Le mouvement est allé son chemin, en s’amplifiant. Comme le précisait en 1997 Aboubacar M’changama dans un éditorial du journal L’Archipel (3) : « Certains, avec l’air de ne pas y toucher, s’ingénient à répertorier les éléments susceptibles d’être retenus au nombre des particularisme pouvant justifier demain, que Mohéliens, Grand-Comoriens, Anjouanais [et Mahorais], ne constituent pas un seul peuple. Dans un document officiel sérieux, on y parle, déjà, des « différences d’origine entre les habitants de la Grande Comore et ceux d’Anjouan » (4) ; entre les négroïdes grands comoriens d’origine bantou et les arabo-perses anjouanais. Lentement. Pas besoin d’un dessin. Lentement, à petits pas, on y va… ».
Le journaliste M’changama insistait alors sur les « frontières invisibles », tracées au sein de l’opinion comorienne par les tenants du séparatisme. « Il est des blessures qui restent, écrivait-il. Des blessures qui s’effacent et d’autres qui se nourrissent du temps et deviennent le tissu de la mémoire. Une brisure dans l’histoire d’un pays et des individus. De cette histoire, la nôtre, que les hommes, les Comoriens, ont encombré de toutes les lâchetés. Pour l’heure, le malheur balbutie encore. Mais demain… Ces images de honte et d’humiliation d’aujourd’hui sillonneront comme des cicatrices dans la conscience des générations futures« .. Il parlait alors des rapports entre Comoriens, qui sont « en train de pourrir, infectés par le doute. Dans les bureaux, dans les taxis et les lieux publics, la même fiente suspicieuse irrigue les propos et les commentaires […] Les regards sont torves […] Les uns sont aux aguets, les autres sont sur leurs gardes. Progressivement, la méfiance et la peur installent un peu partout des frontières invisibles, engendrant un malaise indéfinissable et indéchiffrable. Une gêne. Quelle qu’en sera l’issue, rien ne sera plus comme avant ». L’histoire récente de l’Archipel lui a donné sensiblement raison. Rien n’est plus comme avant en effet pour l’homme de la rue. Depuis mai 2002, le Colonel Azali, ex-putchiste aujourd’hui élu à la tête du pays, tente d’imposer à ses concitoyens une nouvelle Union des Comores, sur la base d’une constitution très controversée [certains la disent imposée par la France]. Une tâche peu évidente qui se complique davantage à cause d’une « approche essentiellement insulaire », qui consiste à donner plus d’autonomie à chacune des îles. Ce qui a eu paradoxalement comme conséquence immédiate le renforcement de l’idéologie séparatiste dans ses bases.
Du coup, le débat identitaire est revenu en force dans les coulisses de la politique nationale. La jeune génération a d’abord pointé du doigt sur les élites dirigeantes, comme par le passé. Des élites qui n’auraient pas su proposer en 27 années d’indépendance un modèle au citoyen comorien, susceptible de prolonger l’unité historique et culturelle de l’Archipel dans le temps. La façon avec laquelle cette élite a été prise de court par le séparatisme anjouanais en 1997, événement qui ne faisait que conforter la scission entérinée par Mayotte en 1975, a marqué plus d’un esprit. L’intelligentsia comorienne, hormis quelques voix isolées comme celle du linguiste Chamanga, (5) n’a quasiment pas su se faire entendre sur la question. Comme si personne, à part Ali Soilih, (6) n’avait intégré la possibilité d’une telle division durant ces 27 dernières années. De son vivant, il avait imaginé une décentralisation politique et institutionnelle basée principalement sur les acquis du passé, sur le socle identitaire commun. A sa mort, personne n’a repris le flambeau. L’anthropologue Sultan Chouzour (7) fut l’un de ses proches collaborateurs. Selon lui, il y avait de l’audace et du génie dans le personnage. Ali Soilih, dit-il, avait « su inventer un discours et une pratique, qui, au fond, puisaient leurs forces de persuasion dans une parfaite connaissance de la société comorienne et de la psychologie profonde de ses membres. Un jour que nous discutions, je lui fis remarquer que l’histoire nous enseigne que les changements des coutumes et des mentalités demandent du temps pour réussir durablement. « Je le sais, me répondit-il. Mais nous sommes engagés dans une bataille contre le temps qui m’est compté… Il nous faut atteindre le plus vite possible le point de non-retour » (8). Ali Soilih était en avance sur son temps et sur ses pairs en politique. Il a pu garantir par son nationalisme et sa vision de la culture comorienne une partie du destin commun, là où d’autres ont complètement failli. Mais son règne n’a pas duré.
Plus de vingt ans après sa mort, les Comores s’interrogent encore sur leur identité. « Etre comorien est devenu une problématique à laquelle chaque homme politique, intellectuel ou créateur se doit de répondre, si on souhaite voir revivre ce pays » lit-on dans le deuxième numéro de la revue Maandzish. (9) Un travail que la société civile entreprend de remettre sur le feu. Actuellement, elle envisage la possibilité de réinvestir le champ – longtemps laissé à l’abandon – de la production de discours, afin de redonner sens à l’appartenance commune. La plupart de ses membres se rendent bien compte des erreurs commises, en l’absence d’une pratique du politique d’abord basée sur ce qui fonde l’unité de l’Archipel. Un vrai désastre intellectuel. « On n’a pas tenu compte, explique le philosophe Ismaël Ibouroi, de ce qui rassemblait véritablement les Comoriens au quotidien. La culture et l’histoire en premier lieu. Pour arriver à refonder un Etat, il faut que nous convainquions les gens de ce qui les unit. La langue, la religion, les valeurs partagées… C’est un préalable nécessaire ». Mais le chantier paraît bien vaste et complexe à présent. Démunie depuis les années 70, l’école est loin d’avoir joué pleinement son rôle dans ce débat. L’histoire des Comores n’est d’ailleurs pas enseignée. L’éducation nationale pourrait bientôt réfléchir à une possibilité de l’intégrer dans les programmes pour commencer. Le ministère de la culture quant à lui est quasiment inexistant de nos jours. La décentralisation revue et corrigée en cours dans les trois îles n’a pas les moyens d’opérer le virage nécessaire pour porter la renaissance annoncée dans les chaumières. Restent peut-être les créateurs. Quelques-uns d’entre eux ont – il est vrai – toujours gardé une place à l’unité nationale dans leurs œuvres, ne serait-ce que pour des raisons d’ordre économique. La culture comorienne ne se vend que trop peu à l’extérieur. Choisir de ne s’adresser qu’à une île et de succomber ainsi aux sirènes du séparatisme revient à se suicider professionnellement dans un marché déjà limité par le nombre de consommateurs. (10) Les créateurs pourraient donc devenir les locomotives du discours identitaire à recomposer. Mais certains avouent ne pas maîtriser les éléments de l’histoire commune. Personne n’a pris le temps de leur expliquer. Ils en ont peur. D’autres refusent de jouer les donneurs de leçons par peur d’être instrumentalisé. Le Comorien est rentré dans une ère de soupçon perpétuel. Il a peur de son frère, de son voisin, du politique, se méfie de toute action. D’autres encore comme l’artiste Maalesh tentent de se frayer un chemin, en recourant à un humour de circonstance : « Je ne suis pas d’accord, dit-il par exemple, avec cette appellation que nous avons de « Comorien ». Ce n’est pas beau. On dirait que c’est pour dire « comme… un rien ». Je préférerais qu’on dise à la place « Comorois ». Comme pour dire « comme des rois… » (11) La pirouette permet d’éviter les questions qui fâchent.
Dans L’Archipel, Aboubacar Mchangama concluait sur la situation séparatiste par ces mots : « La fracture provoquée par les récents événements ne se refermera pas de sitôt. Elle demeurera comme une balafre au milieu de la joue ou au mieux comme une douleur lancinante, comme une dent creuse de l’âme ». (12) Il ne croyait pas si bien dire. L’histoire des Comores est celle d’une légende mal vécue. Les forces vives de ce pays sauront-ils néanmoins amorcer une nouvelle dynamique identitaire, qui n’aille pas dans le sens du repli ? Pour I. Mohamed, « l’urgence est de favoriser l’émergence d’une parole comorienne dégagée de tout complexe et de tout présupposé, apte à casser le schéma de la mésentente insulaire pour poser sans complaisance les bases d’un travail d’éradication des schémas hérités de l’esclavage et des complexes issus d’une colonisation indigente, colonisation malheureusement toujours active sur une part du territoire ». (13) La culture a un rôle immense à jouer dans ce nouveau départ. Les créateurs seront certainement en pôle position, étant donné leurs outils d’expression. Mais les autorités politiques en ont-elles conscience ? Vont-elles soutenir l’effort des quelques artisans de la culture militant pour la destinée commune ? Les artistes, il faut l’avouer, n’ont pas toujours été pris au sérieux par l’institution dans le passé. Mais ils sont seuls à pouvoir aujourd’hui aller là où le politique a failli. Ils sont seuls à pouvoir imposer une nouvelle vision du monde auprès de leurs concitoyens. A défaut de devenir « Comorois », comme il le dit, Maalesh et les siens pourront peut-être devenir les princes héritiers de l’identité plurielle, (14) seul garant actuel du lien social dans ces îles de l’Océan Indien.

* La tradition orale raconte que les Comoriens seraient partis s’initier à l’islam sous le khalifat d’Othman, dès la mort du prophète Mahomet. Le légendaire Mohamed Ben Othman aurait introduit la circoncision et l’islam dès le 10ème siècle.
1. Dans « Les Comores existent-ils ? », essai déjà mentionné (cf. les notes du précédent article), publié par I. Mohamed dans le n° d’octobre/ novembre/ décembre 2001 de la revue Maandzish (Encres du Sud/ Twamay), le rôle de l’extrême droite par exemple est bien précisé. L’Action Française, en plus de sa contribution au séparatisme de Mayotte, est mentionnée concernant l’île d’Anjouan : « L’histoire se répète en 1997 avec l’île d’Anjouan et les propos prennent d’autant plus de force qu’ils bénéficient du soutien d’une presse écrite […] La qualité des intervenants, très hauts responsables français ou hommes politiques, accentue l’impact de ces déclaration […] De plus, les historiens français au cours de leurs recherches très sérieuses et très pointues ont tendance à relayer, mais sans le vouloir sans doute, l’idée d’un ensemble comorien par définition éclaté ou en conflits permanents (Martin : Quatre îles entre pirates et planteurs, Faurec : l’Archipel aux sultans batailleurs). […] D’autres tels Maurice, professeur émérite à la Réunion […] professent la légitimité de l’éclatement [du pays]et d’une décolonisation à la carte sous prétexte que les populations doivent être libres de leur choix, au nom d’une redéfinition de la démocratie sans doute valable dans les seuls espaces coloniaux, de fait, de désirer le maintien dans la France. Au cœur du vaste système des réseaux et des luttes d’influences, de telles productions, libellés universitaires qui plus est, prennent une force singulière ». Plus récemment, l’historien Mahmoud Ibrahim dans un entretien accordé au site komornet [www.komornet.org] en mai 2002 insistait sur cette participation de l’extrême droite français au combat séparatiste : « Je sais que peu de Comoriens lisent L’Action française-hebdo, mais les archives sont là ! Pujo et les siens ont longuement évoqué au fil des numéros, depuis juillet 1997, leurs relations avec les séparatistes anjouanais ».
2. Idem. In « Les Comores existent-ils ? » (Maandzish, n° octobre/ novembre/ décembre 2001, Encres du Sud/ Twamay)
3. Dans le numéro 166 du journal L’Archipel du mardi 04 novembre 1997.
4. L’analyse, émanant d’un ambassadeur de France aux Comores, avait été repris par Pierre Yéré, envoyé de l’Organisation de l’Unité Africaine, à l’attention de Salim Ahmed Salim le 10 août 1997. Cité par I. Mohamed dans son essai.
5. Mohamed Ahmed Chamanga. L’homme qui symbolise la lutte contre le séparatisme anjouanais et pour l’unité comorienne. Natif d’Anjouan, membre de la société civile, il mène des travaux sur les variantes dialectales du comorien, langue nationale d’origine bantu, qu’il souhaite voir enseigner dans les écoles comoriennes. Il enseigne à l’Inalco à Paris.
6. Ali Soilihi, comme nous l’écrivions plus haut, dont le régime révolutionnaire s’était illustré [de 1975 à 1978]par une grande violence auprès de la population, avait réussi à engager un processus de reconstruction nationale, prenant appui fondamentalement sur la terre et la culture.
7. Auteur d’un ouvrage, qui fait une large place à la contestation révolutionnaire portée par le régime soilihiste : Le Pouvoir de l’honneur, paru chez L’Harmattan.
8. Extrait d’un entretien accordé au site Komornet [www.komornet.org] sur les manquements de l’élite comorienne depuis l’indépendance au mois de juillet 2002.
9. Octobre/ novembre/ décembre 2001 (Encres du Sud/ Twamay)
10. Quelques chiffres : une population de moins d’un million d’habitants [600 à 700 000 hbts, selon certaines estimations], avec un PIB par tête d’habitant largement en-dessous des 500 euros par an. Le salaire moyen d’un cadre tourne autour de 200 euros par mois. Un album coûte environ 15 ou 20 euros. Un artiste vend entre 1500 ou 3000 unités maxi, lorsqu’il a du succès. Pour la littérature, atteindre 200 à 500 exemplaire est un miracle en soi pour un auteur.
11. Extrait d’un entretien accordé à Radio France Internationale en 1998.
12. L’Archipel n° 165, [p. 4]
13. In « Les Comores existent-ils ? »
14. Dans un texte publié par Revue Noire en 1995, la journaliste Sitti Saïd Youssouf mettait l’accent sans le dire sur la nécessité en tant que comorien d’assumer ce vécu pluriel insulaire, qui se représente en « une sorte d’énergie bigarrée » et qui lui donne « l’illusion de participer à quelque chose de grand, vers lequel se dirigerait le monde » – un hommage certain à ces îles et à leur histoire culturelle. Elle se prenait à rêver d’une destinée plus amène. S’adressant au Seigneur, elle écrivait : « Dieu ! Si ce petit archipel des Comores qui m’a vu naître, pouvait se bricoler lui aussi, une issue ! » Pourrait-on trouver meilleure déclaration d’amour au sein du milieu intellectuel et artistique comorien ?
///Article N° : 2524

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