L’Agence n°1 des dames détectives

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Alexander « Sandy » McCall Smith, né en Rhodésie, l’actuel Zimbabwe, est un écrivain et juriste d’origine écossaise. C’est un expert de droit appliqué à la médecine et de bioéthique mais il est surtout connu pour ses livres de fiction, notamment la série des enquêtes à succès de Mma Ramotswe qu’il a débuté en 1998 avec The No. 1 Ladies’ Detective Agency.
Anthony Minghella est un réalisateur britannique que le monde entier connaît pour son succès oscarisé Le Patient anglais (1996). C’est peu avant son brusque décès à Londres en mars 2008 à l’âge de 54 ans qu’il a réalisé le pilote de L’Agence n°1 des dames détectives, dont les six épisodes ont été réalisés par les Britanniques Charles Sturridge et Tim Fywell.
Associée à Sydney Pollack (qui a réalisé Out of Africa en 1985) pour cette série, HBO est une chaîne de télévision payante américaine connue pour produire des contenus de qualité. La BBC y est également associée et ces chaînes ont diffusé la série en 2009.
Jill Scott, qui tient le rôle principal, Precious Ramotswe, est une magnifique chanteuse américaine de Soul, R&B et Jazz. Anika Noni Rose, son acolyte nommée Grace Makutsi dans la série, est également une chanteuse et actrice américaine. Lucian Msamati, qui tient le rôle de JLB Matekone, le garagiste amoureux de Mma Ramotswe, est un acteur britannique qui a grandit au Zimbabwe de parents tanzaniens.
Cette série fait en passant la promotion des animaux sauvages du Botswana touristique et de ses diamants, et développe dans les dialogues et les scènes d’écoles un nationalisme à tout crin, mais elle est le produit d’un projet américano-britannique où le Botswana n’est finalement que le lieu de tournage. Ce n’est pas un problème en soi pour l’apprécier, mais il convient de le savoir pour la resituer.
Elle est tout à fait attachante et divertissante, et sa programmation estivale sur Arte est un beau cadeau mais là où Arte nous désespère, c’est en ne la programmant qu’en version française. Cette recherche d’audimat dont on sait bien les pauvres résultats massacre depuis plusieurs années les films du primetime d’Arte. Please, si vous avez quelques notions d’anglais ou bien même juste pour l’entendre résonner, écoutez ce que donnent les voix originales sur le trailer :

Certes, contrairement aux nombreux acteurs sud-africains (comme le chanteur et acteur Desmond Dube qui joue le coiffeur homosexuel BK), les acteurs principaux ont forcé leur accent, mais cela vaut mieux que les intonations ridicules prises dans le doublage en français. Il faudra pourtant vous y habituer si vous voulez suivre les enquêtes de Mma Ramotswe qui, pour servir son pays, ouvre la première agence de détectives de Gaborone !
Mais le détour vaut le coup. Mma Ramotswe campe une femme décidée, à qui la vie n’a pas fait que des cadeaux mais qui se démène pour améliorer celle de tous. Le pilote introduit son personnage et sa rencontre avec JLB Matekone, le doux garagiste dont le cœur ne cessera de battre pour elle. Ses tentatives désespérées ponctuent chaque épisode jusqu’au final, pourvoyant une histoire parallèle aux enquêtes menées par notre Sherlock féministe en herbe (elle ne cesse de consulter le manuel du bon détective).
Les épisodes s’appellent « Questions de philosophie morale » ou « Beauté et intégrité » : loin de sacrifier à la tension des thrillers, la série se focalise bien davantage sur les valeurs véhiculées. Le montage comme la mise en scène restent tranquilles bien qu’efficaces et le cadre profite des couleurs et de la lumière du milieu ambiant. En résolvant les mystères de la capitale, Mma Ramotswe invite ses habitants à maîtriser leurs vieux démons et finit par le faire elle-même dans sa vie sentimentale. Le couple qu’elle forme avec Grace Makutsi rappelle la relation de Sherlock à son faire-valoir, le perplexe Dr. Watson, mais ne reste jamais sur le terrain de la science : la secrétaire Grace grimpe en grade pour devenir assistante sans se départir d’une éclairante naïveté. Car ce n’est pas l’énigme à résoudre qui importe le plus, mais l’humanité des personnages. Les amateurs de polars iront chercher ailleurs.
La réconciliation et le pardon sont ainsi au programme quand il s’agit de dévoiler la vérité. En empathie complète avec ses clients et écoutant davantage son intuition que la raison (ce qui la conduit d’ailleurs à multiplier les erreurs !), Mma Ramotswe les appelle à dépasser les évidences pour résoudre leurs blocages, balayant au passage supercheries et superstitions. Un projet pour le pays.
La stéréotypie des personnages et la légèreté générale du ton creusent la distance déjà liée à l’humour des dialogues et des situations : L’Agence n°1 des dames détectives n’est jamais prise de tête et son regard n’est pas condescendant. Les formes rondelettes de la tendre Mma Ramotswe réjouissent : sa beauté est réelle mais fort différente des couvertures de magazine. Même si le Botswana n’est pas forcément un paradis, l’image clairement idéalisée d’une Afrique pacifiée, tolérante et harmonieuse que donne cette série tranche avec l’habituel étalage de douleurs. On peut lui reprocher un optimisme béat et une vision par trop gentillette et on n’aurait sans doute pas tort. Mais bon, c’est l’été !

Le site internet de la série ([www.hbo.com/the-no-1-ladies-detective-agency]) permet de visionner nombre de scènes et comporte un commentaire de l’auteur pour chaque épisode (en y accédant par le bas de l’écran).///Article N° : 10332

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Un commentaire

  1. marques david le

    J’ai adoré les premiers épisodes et du coup n’ai pas compris pourquoi n’en avoir fait que six ou sept, je ne sais plus? Longtemps j’ai attendu la suite avec impatience malheureusement ce fut en vain. Je sais que la serie est idealisé et legere et loin des vrais souci du Botswana ou des pays d’Afrique, mais justement en esperant qu’elle soit au moins diffusé au Botswana et sachant l’influence de la tele dans des pays comme ceux ci. voir que l’on peu vivre differement, serenement et paciquement tout en se rassemblant ,les citoyens , les villageois pour une cause commune celle qui etait dans la serie d’attrappé le voleur je crois ou contre la sorcelerie juste le petit quotidient de ces gens la a la tele facon british c’etait cool. j’ai prefere a 3 femmes pour 1 village qui lui a plus de vingt episodes et qui n’en vaut pas le quart de la moitie d’un de s episode de l’agence; en passant desole pour eux mais…

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