Landini

Aurelio

Ambassadeur du peuple Garifuna, Aurelio chante les histoires d’une singularité caribéenne. Mélancolique et suave, Landini relève du syncrétisme des musiques africaines et amérindiennes.

Une musique de rencontres, née de l’esclavage. Au 17ème siècle, des esclaves évadés et naufragés se rapprochent des Caribes Rojos, indiens occupant certaines îles des Petites Antilles. Les Garifunas surgissent de ce choc des cultures. Un siècle plus tard, près de 5 000 d’entre eux sont déportés par les Britanniques sur l’île de Roatán, en face des côtes honduriennes. A l’étroit, ils s’installent sur la rive américaine et fondent plusieurs villages, dont Plaplaya, où Aurelio voit le jour il y a 40 ans.
Venu au chant par sa mère, Maria Martinez, Aurelio se laisse bercer au son des paranda, rythmant en musique les rituels du quotidien. A 8 ans, il façonne sa première guitare. A 14, il s’attaque aux perçus et rêve d’une grande scène. Son premier album, Laru Beya, enregistré au Sénégal, aux cotés de Youssou N’Dour et de l’Orchestra Boaobab, retourne aux sources de la musique garifuna, sur le Continent. Pour Landini, il retourne sur les côtes caribéennes du Honduras. 12 titres où les guitares, électriques et acoustiques, se font l’écho d’un blues afro-américain, et où les claves et autres percussions soutiennent le chant.
Aurelio s’enivre d’histoires de mer, philosophe sur les ambivalences du sentiment amoureux, chronique le quotidien des siens. Une voix mélancolique. Poétique. L’album rend aussi hommage à cette mère, Maria, qui en signe plusieurs titres, et dont le rêve de devenir artiste se prolonge à travers le fils. « J’entends la guitare au loin. J’entends Aurelio et sa guitare me rendre visite à minuit » murmure-t-elle à travers le titre Irawini. Cet album est une jolie brèche ouverte sur le monde garifuna, dont la culture, la langue et la musique sont désormais inscrits au patrimoine immatériel de l’Unesco depuis 2001.

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