Myriad road

Natasha Atlas,

Avec Myriad Road (Decca Records), Natasha Atlas reprend son souffle dans le jazz, aux côtés d’Ibrahim Maalouf. Une voix langoureuse sur une orchestration toute en cuivres et piano. Un épurement qui lui sied à merveille.

Istanbul. La ville où se rencontrent Natasha Atlas et Ibrahim Maalouf en 2012. Sur invitation de Smadj, virtuose du oud. Naissance d’une fratrie d’adoption, située à la croisée de l’Orient et de l’Occident. L’un, franco-libanais, l’autre, anglo-égyptienne, née en Belgique. Sous l’impulsion bienveillante de Maalouf, trompettiste et directeur artistique sur ce nouvel opus, Atlas se laisse porter vers un ailleurs, un univers jazz, qu’elle n’a encore jamais véritablement exploré. “La seule voix arabe (…) d’aujourd’hui, qui peut encore se revendiquer authentique, à la fois contemporaine et moderne” dixit Maalouf. Une voix gracieuse, toute en anglais et en arabe, sur une instrumentation épurée et cuivrée.
Il y a quinze ans, Atlas surprenait son monde, avec sa reprise de Mon amie la rose, un titre de Françoise Hardy, remontant à l’année 1965. Un succès qui lui valut le titre de “Meilleure artiste féminine” en 2000, lors des Victoires françaises de la Musique. Bien avant ce sacre, elle torpille son image glamour de chanteuse orientale dans les clubs londoniens des nineties, avec son groupe devenu mythique, Transglobal Underground. Entre pop et électro, elle s’engouffre dans les méandres du kitch néo oriental, jusqu’à se perdre sur une scène de l’Olympia en 2001.
Avec prudence, Maalouf s’adresse aux sceptiques, qu’il devine nostalgiques d’un certain exotisme, à la limite de la caricature. Atlas, la diva orientale ! “Ce retour risque de désorienter ceux qui voient encore en Natacha celle qui murmure “Mon amie la rose”, se déhanchant dans l’une de ces robes multicolores à paillettes. Mais pour tous ceux qui n’ont pas de mal à imaginer un orient différent, plus en phase avec le monde d’aujourd’hui, cet album semblera tout à fait évident”.

Myriad Road, Natasha Atlas, Decca Records, octobre 2015///Article N° : 13293

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