Le Cameroun qui se réinvente

Introduction par Patrice Nganang

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Le présent dossier s’est donné pour but principal, de présenter les cultures camerounaises d’aujourd’hui, dans leur diversité d’expression, tant artistique qu’individuelle, tant idéologique que matérielle, tant locale que de la diaspora. Disons les cultures camerounaises parce que ce pays situé en Afrique centrale, avec ses 15 millions d’habitants, se trouve au croisement de 286 groupes ethniques et de 279 langues vivantes ; de deux langues officielles, l’anglais et le français, sans parler de la lingua franca, le camfranglais ; d’au moins trois religions majoritaires : la religion chrétienne dans ses diverses branches, catholique, protestante et autres ; la religion musulmane dans ses branches aussi ; ainsi que les diverses religions endogènes aux groupes qui le composent. Et même son histoire coloniale qui date pourtant seulement de 1884, se partage entre trois puissances européennes, les Allemands, qui le colonisèrent, ainsi que les Français et les Anglais qui reçurent selon les textes du traité de Versailles, en 1919, de la Société des Nations (SDN) et puis de l’ONU, le mandat et la tutelle de l’administrer. Ce qui veut dire en fin de compte que même la date de son indépendance est double : le 1er janvier 1960 pour les Camerounais d’expression française, et le 1er octobre pour les Camerounais d’expression anglaise.
De même il est bien impossible aujourd’hui de rendre compte des cultures camerounaises sans compter avec l’apport symbolique et matériel des personnes de culture vivant dans la diaspora, pas seulement à cause de la visibilité ostentatoire de nombre d’entre elles (le feu Francis Bebey, de loin l’artiste camerounais le plus versatile, et l’auteur le plus traduit aussi ; l’écrivain Mongo Beti dont les trente-deux années d’exil tout comme le retour au pays en 1991 demeurent titanesques ; ou alors l’écrivaine Calixthe Beyala, qui ne passe pas à côté d’un scandale), mais aussi parce que certains des moments culturels forts du pays ne sont parfois redevables que des apports venant de l’extérieur (Manu Dibango dont la personnalité aura permis en 2003 de fédérer les musiciens camerounais autour d’une association unique, la Cameroon Music Corporation, pour la gestion de leurs droits d’auteurs), quand ils ne vivent pas sous la perfusion de centres, d’instituts et de fondations culturels étrangers, ou de projets de coproduction élaborés à partir d’ailleurs.
Or présenter les formes contemporaines d’expression des cultures camerounaises, si diverses, c’est certainement, et avant tout, donner la parole aux personnes camerounaises de culture, car c’est elles qui, du fait qu’elles font commerce avec la culture dans leur quotidien, peuvent en révéler le visage le plus juste, celui-ci leur étant quotidien et même parfois intime. Voilà donc le pari clair que le présent dossier s’est fixé, et cela voulait dire plonger dans les conditions les plus ingrates dans lesquelles la culture se produit parfois au pays, souvent dans le dénuement le plus révoltant, parce trop de fois orpheline de toute subvention de l’Etat, pour en tirer des voix fortes, prometteuses et originales. Cela voulait dire aussi quitter le microcosme culturel de la capitale politique, Yaoundé, pour sonder des tendances culturelles à Douala, Buéa, Dshang, Maroua ; mais aussi, compter avec les instruments de technologie les plus avancés, pour permettre à celles des personnes camerounaises de culture qui ont quitté leur pays et vivent souvent dans les coins les plus éloignés de la terre, de prendre elles aussi la parole. Dans ce sens, il aura en effet fallu entendre parfois la culture, moins comme produit fini, que dans la relation entre hommes et femmes unis dans un triangle dessiné par les seuls hasards de l’histoire européenne, et ainsi sonder les modalités avec lesquelles ils/elles gèrent cette relation : par exemple autour d’une ’33’, ou alors d’un bilbil, tel que nous le fait vivre l’article de Raoul Bagopha, dans le nord du pays.
Pourtant, il est important de situer les contributions ici réunies dans le contexte de la production culturelle camerounaise, c’est-à-dire de reconnaître qu’une évaluation sérieuse des artefacts culturels faits par des Camerounais ne saurait les arracher à la logique de l’histoire de l’imagination camerounaise, et des silences volontaires ou imposés de cette imagination. Ceci n’est pas seulement la revendication d’une perspective endogène, mais l’insistance sur le fait que la parole n’a de poids que dans la mesure du silence qu’elle couvre, qu’elle rompt, ou alors qu’elle instaure. C’est aussi la reconnaissance du fait que les cultures camerounaises ont une histoire qui transcende les différences de forme et de contenu, de langue et de matériaux, ainsi que les différences de localité, même si cette histoire n’est encore écrite que dans ses branches littéraires anglophone et francophone, des arts plastiques et du spectacle, si justement rappelées en ce volume dans les articles de Gilbert Doho, Pierre Fandio, Joseph Owona Ntsama, Essombe Mouange et Gérald Arnaud. Sans se substituer à un effort encyclopédique qui doit encore être abattu, d’inventorier les formes et d’écrire l’histoire des cultures camerounaises d’hier et d’aujourd’hui dans toutes leurs branches, ce dossier est en sa manière une contribution modeste à une tâche déjà commencée dans des colloques sporadiques et dans les facultés des universités, au pays comme ailleurs.
A travers la question de l’Histoire, c’est bien celle des institutions de la Culture qui est posée, car ce dossier présente les cultures d’un pays qui n’a pas de Bibliothèque nationale ni de Bibliothèques publiques, de Cinémathèque nationale ni de Galeries nationales, dont même les documents des Archives nationales sont offerts aux cancrelats ; un pays donc, dans lequel l’activisme des regrettés Jean-Baptiste Obama et René Philombe, parce que très tôt placé à l’extérieur de l’Etat, dans les années 1960 déjà, prend une valeur séminale et même prophétique. En effet, il prélude à l’effervescence des ONG de la culture aujourd’hui, autant qu’à l’émergence d’initiatives individuelles comme le musée Afhémi présenté dans l’interview de John Mih, ou la galerie Doual’Art à Douala dirigée par le couple audacieux Didier Schaub et Marilyn Douala Bell, car celles-ci deviennent beaucoup plus porteuses que, par exemple, le Musée national qui, comme nous le dit Yvette Mbogo, n’aura hérité par décret du pompeux palais de l’autorité française d’avant l’indépendance, devenu palais présidentiel après, que pour le livrer aux batraciens, aux mollusques et aux moisissures. Or qui passe par le rond-point Deïdo, à Douala, y verra bien s’ériger la statue postmoderne ‘La Nouvelle Liberté’de Joseph Francis Sumegne, statue sponsorisée par Doual’Art, et dont l’histoire ainsi que le scandale public qui entoura son installation en 1996 montre autant l’inventivité d’un art moderne camerounais basé sur la récupération que le symbole de la victoire finale de l’entreprise individuelle, là où l’Etat a publiquement foutu le camp. Ce que Doual’Art fait pour les arts plastiques (diffusion des œuvres de Joseph Francis Sumegne, Pascale Marthine Tayou, Hervé Yamguen, Hervé Youmbi, Guy Youmbi, etc.), le journal Patrimoine le fait en littérature, sous la houlette de Marcelin Vounda Etoa, donnant une plate-forme à des écrivains locaux tel Marie Claire Dati Sabze, Anne Cillon Perri, Rabiatou Njoya, Evelyne Poudi Ngolle, etc. ; par la résurrection de la critique sérieuse, et parfois même des polémiques (comme celle autour du concept de la nouvelle littérature camerounaise, alias NOLICA de l’écrivain Pabé Mongo), imposant finalement un visage dynamique à une littérature endogène qui avec la mort de l’APEC, l’Association des poètes et écrivains camerounais, était bien sclérosée ; un effort similaire, dans une certaine mesure, se révèle autour du travail d’écriture et de critique, de formation, de production, de régie et de distribution cinématographiques, d’organisation de festival, et même d’édition livresque de Bassek ba Kobhio. Mentionnons aussi les festivals réguliers, tels ceux de la caricature et de l’humour (Fescarhy) et les Rencontres internationales du théâtre du Cameroun (RETIC), ou sporadiques, qui donnent vie à la scène culturelle nationale, et permettent aux artistes de se rencontrer et même de concourir ; tout comme dans les domaines de la réflexion, mentionnons l’espace d’AfricAvenir de l’historien Alexandre Kum’a Ndumbe III à Douala, et la revue Terroirs du philosophe Fabien Eboussi Boulaga, qui imposent une certaine profondeur à l’activisme général. C’est dire que, en ce pays dans lequel le gigantesque Palais des Congrès présente arrogamment le vide de ses planches comme étant sa seule programmation culturelle, il est évident que l’Etat a abandonné son devoir de constitution continue du patrimoine culturel national aux seuls Institut Goethe, Fondation Friedrich Herbert, British Council, Centre Culturel Français, etc., ou alors au seul talent d’organisation d’individus, et surtout, à la pléthore d’ONGs, à qui revient aujourd’hui la tâche de fabriquer des œuvres qui resteront, et aussi d’inventer des artistes, bref, de faire la culture camerounaise. Cela même s’il est vrai que cet abandon de l’Etat n’est que le visage public de sa récupération fantomatique, beaucoup trop de promoteurs d’ONG étant en réalité des fonctionnaires du service public utilisant une seconde casquette d’animateur culturel.
Pourtant l’histoire de l’imagination camerounaise ne saurait se suffire de quelques dates fortes, de quelques individus à mille mains et au double visage, ni encore de la mention de quelques chefs-d’œuvre vibrants, car ceux-ci n’expliqueront jamais la vivacité du ton de bien des articles du présent dossier, le radicalisme politique de bien d’autres, ni non plus la dimension de désespoir de certains propos ; ceux-ci n’expliqueront pas non plus le fait que des intellectuels camerounais comme Celestin Monga, qui s’exprime en ces pages, ou alors Achille Mbembe, Jean-Marc Ela, Ambroise Kom, etc., soient obligés de travailler ailleurs ; qu’aujourd’hui la chorégraphe Elise Mballa Meka, elle aussi présente ici, se retrouve soudain sevrée de tout son ensemble bâti au bout de nombreuses années de labeur, parce que ses danseurs, profitant d’une tournée à Marseille, ont décidé de ne plus rentrer au pays avec elle. Tout comme ils n’expliqueront pas l’avertissement clair du styliste Anggy Haïf, quand il dit dans l’entretien publié ici : « Au cours de ma distinction au Fima, j’ai eu des propositions de contrats de travail qui, si mon pays ne fait rien, m’inciteront à aller faire valoir mon talent sous d’autres cieux. » Ou alors le mordant des artistes satiriques tels Nyemb Popoli, Antonio, et même l’hymne à la débauche que l’on entend dans les chansons de Petit-Pays, K-Tino, etc. C’est que ni la mention d’œuvres phares de la production culturelle camerounaise, la remarque de leur très évidente visibilité sur la place artistique parisienne, dont l’article d’Edmond Mfaboum explore si justement le côté littéraire, ni encore moins la collecte des évènements culturels marquants de l’année sous une forme de palmarès culturel, comme le fait quotidiennement et avec faste Elimbi, l’observatoire des journalistes culturels du pays, n’expliqueront suffisamment le fait que des personnes de culture, tel Ferdinand Léopold Oyono, justement ministre de la culture, bien qu’écrivain reconnu, laissent pourrir une culture dont ils ont administrativement la charge, et même parfois marchent carrément sur le cadavre d’artistes, comme ce fut le cas lors des obsèques de Mongo Beti en 2001.
C’est que l’imagination camerounaise est inscrite dans les conflits les plus profonds du pays. Et ceux-ci ont très peu à voir avec la diversité culturelle, ethnique, ou religieuse du Cameroun, telle que nous la montre l’auteur d’expression anglaise, Bate Besong, phare de sa génération, quand il paie tribut dans son interview, lui, au feu Mongo Beti. Ces conflits sont même beaucoup plus profonds que la palpable misère matérielle qui résonne dans les propos de maintes personnes de culture en ce dossier, ainsi que du quotidien de la prédation et de l’indifférence dans lequel la scène culturelle, comme le pays, plonge aujourd’hui. Il est important en effet de prendre comme prolégomènes de lecture le fait que dans ce pays, depuis la période de la colonisation allemande, la légitimité et même la légalité du pouvoir politique auront toujours été contestées, bref, que le pouvoir aura toujours été regardé comme usurpé, et, beaucoup plus important, que les conflits politiques qui plusieurs fois en auront découlé auront toujours été traités dans la violence et l’exclusion. En ce point, d’une part, la pendaison de Rudolph Manga Bell et Martin Paul Samba en 1914 trouve son écho dans l’assassinat de Ruben Um Nyobé en 1958, tout comme la décapitation de l’économiste Ossendé Afana en 1966 et l’assassinat d’Ernest Ouandié en 1970 trouvent leur répétition dans les années de braise, c’est-à-dire dans la période d’effervescence politique des années 1990-91 ; la violence de ces années, elle, se miroite tout aussi dans des actes abjects comme l’assassinat de neuf enfants à Bépanda en 2001, sous la botte du Commandement opérationnel, ou dans des mouvements héroïques tel le soulèvement des ben-skin, des moto-taxis en 2003 à Douala. D’autre part, le transfert institutionnel de la souveraineté politique, de l’autorité allemande aux puissances française et anglaise en 1919, trouve son écho dans le transfert de l’indépendance aux forces politiques camerounaises qui s’y étaient vivement opposées préalablement, en 1960, tout comme cette ‘révolution de palais’-là se miroite dans la succession constitutionnelle, en 1982, qui passa légalement le pouvoir politique des mains d’Ahmadou Ahidjo, le premier président du Cameroun, à celles de Paul Biya, l’actuel président du pays.
Ce divorce public entre d’une part les Etats coloniaux et post-coloniaux et d’autre part la volonté citoyenne du pays, est inscrit dans la production des œuvres, dans la vie des acteurs de la scène culturelle, dans la localité de leur expression, et même dans leur escapisme de circonstance. Ainsi les acteurs du Théâtre national qui attendent jusqu’à mourir un à un devant le bâtiment vide du Centre Culturel Camerounais, tel que nous le révèle l’article de Venant Mboua, montrent, quelle que soit l’orientation de leur art, autant que le tragique, l’un des signes les plus kafkaïens de ce profond divorce, de cette violence originaire de laquelle il faut bien tracer la généalogie de l’état actuel de la production culturelle camerounaise, car elle explique autant bien des bavardages de surface que la persistance profonde du silence.
En effet, peut-on parler de cultures camerounaises sans mentionner le fait, par exemple, que de nombreux enfants de ce pays auront grandi sans jamais appendre à l’école les périodes minimales de l’Histoire de leur pays ? Et même, peut-on parler de cultures camerounaises en oubliant le fait que c’est hier seulement, en 1990-1991 que ce peuple si féru de football, et dont des Lions indomptables tels Roger Milla ou Marc-Vivien Foé sont des icônes nationales et internationales, a recommencé à appeler publiquement le ‘stade Omnisport’de Yaoundé par son nom officiel, ‘stade Ahmadou Ahidjo’ ? Ainsi comme nous le rappelle si justement Haman Mana du quotidien Mutations (le seul journal du pays qui ait un dossier culturel hebdomadaire) dans son interview, même la floraison des journaux ne trouve sa naissance que dans les années de desserrement démocratique, 1990-1991. Tout aussi, parler de l’effervescence culturelle, en prenant comme référence par exemple la présence au Cameroun des éditions Clé, la plus vieille maison d’édition implantée sur le continent africain francophone, et qui a publié des textes de Engelbert Mveng, Marcien Towa, Sévérin Cécile Abega, Bole Butaké, ne saurait oublier le fait qu’elles doivent en mars 2002, en période d’échéances électorales, renoncer à une publication par peur de fâcher les pouvoirs en place. Que la pièce de théâtre Au-delà du lac de nénuphars de Gilbert Doho, dont il s’agit ici, et qui traite justement de l’effervescence des années de braise, soit sortie finalement aux éditions Malaïka, au Canada, est salutaire ; salutaire est aussi que l’auteur se soit retrouvé aux Etats-Unis, mais quand est-ce que sa pièce sera-t-elle montée au Cameroun ? Cet épisode révèle tout de même l’autre visage, invisible, insidieux de l’activité artistique de surface, visage qui permet d’apprécier à leur juste valeur des initiatives individuelles les plus modestes au pays, telles les éditions interlignes que nous révèlent l’interview de Joseph Fumtim, les activités de cercles d’écriture tel ‘Bouquinons’regroupé au marché Mboppi à Douala, autour de l’écrivain Marcel Kemajou, le festival des courts métrages ‘Yaoundé tout court’orchestré par Mérimé Padja ; ou alors de donner un coup de chapeau à des persévérances courageuses comme celle du metteur en scène André Bang.
Comment rendre justice à la parole des personnes de culture vivant au Cameroun quand on sait le silence qui les menace, et même qui les entoure ? Deux éléments sont importants ici : premièrement, pour constituer le présent dossier, il n’aura pas été possible de secouer les cerveaux pour en extirper l’auto-censure, cette gangrène invisible elle aussi des cultures camerounaises aujourd’hui ; pour juger de la présence et de la valeur des œuvres, il faudrait cependant les lire également du point de vue des non-dits, des omissions, des silences, des censures, et même, plus concrètement, de ces centaines d’autres voix, certainement beaucoup plus fortes, et parfois, beaucoup plus justes même, qui ne sont pas directement présentes en ces pages, pour des raisons parfois banalement techniques. Deuxièmement, une dimension de lecture des conditions de production des œuvres, serait de les situer au diapason de l’histoire d’autres pays, car au fond, la paupérisation intellectuelle que vivent des personnes de culture au Cameroun n’a rien d’original, et ainsi, on peut parler d’une claire ‘zaïrisation’de la vie camerounaise. Que par exemple 200 enseignants des cinq universités d’Etat signent une pétition cette année pour demander à Paul Biya de se présenter une fois de plus aux élections présidentielles, après sa vingt-deuxième année au pouvoir, est peu original dans l’histoire de la corruption de l’intelligentsia dans un régime autoritaire ; pourtant l’outrage avec lequel l’article d’Alexie Tcheuyap lui répond, trouve aussi ses racines dans la dimension inédite de cette dégringolade publique et de masse, dans toute l’histoire intellectuelle du Cameroun. Ainsi, dire qu’une lecture généralisante de l’expérience camerounaise de la culture ne rendrait pas justice au particulier du pays, telle qu’exprimé par les artistes dont ce numéro parle ou qui s’y expriment, c’est formuler moins qu’un souhait ; c’est dire un vœu qui au fond transparaît dans tous les textes : le vœu universel de toute forme d’art de faire voir des images uniques, pour toucher au général ; le vœu intime de toute personne de culture de faire entendre une voix singulière, pour atteindre l’universel. C’est de ce double point de vue, particulier et universel, singulier et général, que les cultures camerounaises se montrent ici, car après tout, c’est dans la culture qu’il faut rechercher le Cameroun qui se réinvente.

Ecrivain et enseignant à Shippensburg University aux Etats-Unis, Patrice Nganang a publié un recueil de poèmes, Elobi (Saint-Germain-des-Prés, 1995), vient d’achever un triptyque romanesque, ‘Histoires de sous-quartiers’comprenant La Promesse des fleurs (L’Harmattan, 1997), Temps de chien (Le Serpent à Plumes, 2001, Prix Marguerite Yourcenar 2001, Grand Prix de la littérature d’Afrique noire 2003) et La joie de vivre (Le Serpent à Plumes, 2003). Son prochain livre, L’invention du beau regard, paraît en janvier 2005 chez Gallimard. ///Article N° : 3495

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