Le Carnaval guyanais en toutes saisons

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La saison des carnavals est déjà derrière nous. Qu’à cela ne tienne ; Que ce soit à Cayenne, à Kourou ou en métropole, la communauté guyanaise se retrouve, dès l’été, pour un carnaval « hors saison ». De quoi patienter joyeusement jusqu’à l’année prochaine.

Le carnaval de Guyane est le plus long au monde ! C’est le rendez-vous incontournable des Guyanais qui, toute l’année, préparent et attendent cette période avec impatience. Entre l’Épiphanie au début du mois de janvier et le mercredi des cendres, en février ou mars selon le calendrier, la Guyane est en liesse. Pendant deux à trois mois, toutes les grandes villes vivent au rythme des musiques carnavalesques. Pour patienter en douceur jusqu’aux festivités de l’année prochaine, le rendez-vous est pris dès le mois de juillet pour quelques jours de carnaval « hors saison ». Les rues de Cayenne seront à nouveau le théâtre de parades endiablées, des défilés costumés mettant à l’honneur les figures mythiques du carnaval guyanais [voir encadré]. Paris aussi accueille chaque année le Carnaval tropical. Cette manifestation réunit les Guyanais « de l’hexagone » et les Antillais de Guadeloupe et de Martinique qui prennent d’assaut le 11e arrondissement. Ce 5 juillet, la capitale vibrera alors aux rythmes des fanfares et des chorégraphies proposées par les trois communautés.
Carnaval tropical
À Paris comme à Cayenne, ce sera aussi le grand retour des « dancings », ces bals masqués auxquels accourent les mystérieuses et élégantes touloulous. Toutes viendront retrouver leurs cavaliers et festoyer autour d’orchestres. La particularité du carnaval guyanais réside bel et bien dans ces soirées dansantes. Les orchestres de groupes tels que Les Mécènes, les Blue Stars ou bien encore les Dokonon seront conviés en région parisienne. La date et le lieu de cet événement ne sont pas encore arrêtés mais, comme l’assure Ruddy Maurice, responsable de Radio Outre-Mer et président de l’association R’Events, organisatrice du show :  » L’objectif cette année sera d’accueillir un maximum de monde. Initiés, comme non-initiés, seront les bienvenus. » Les bienvenus, en effet, pour découvrir cette tradition guyanaise bien particulière qui a pour origine le carnaval tel qu’il était pratiqué par les Européens au début de la colonisation, mais qui a été reprise clandestinement par les esclaves originaires d’Afrique, se teintant d’influences païennes et africaines. Aujourd’hui, le carnaval guyanais a su s’imposer définitivement comme une fête créole, unique et porteuse d’une identité résolument métisse.

Bas les masques !

Les principales figures mythiques du carnaval guyanais représentent différents personnages caricaturaux. Ils font allusion à la tradition satirique de cette fête, encore à la croyance en des êtres surnaturels.

Le roi Vaval : il est le roi du carnaval. Il est intronisé au début du carnaval. Il meurt le mercredi des Cendres, pour renaître tel le Phénix l’année suivante.

Le Touloulou : c’est une dame habillée de manière élégante de la tête aux pieds. Elle porte un jupon, une cagoule, un loup (masque) et des longs gants, afin que l’on ne voie pas un centimètre de peau. Le but est que la femme se déguisant en touloulou ne soit pas reconnue. Elle défile dans la rue mais elle participe aussi aux bals masqués. Elle représente les femmes bourgeoises des XVIIIe et XIXe siècles.

Les Nèg’marrons : ce sont des groupes d’hommes vêtus d’un kalimbé (pagne rouge) et enduits d’huile et de suie. Ils ont également une graine d’awara dans la bouche. Ils cherchent à s’essuyer contre les passants en les aspergeant de noir. Ils représentent des esclaves fugitifs, appelés marrons.

Où & Quand ?

Le Carnaval Tropical de Paris, 5 juillet 2014. Rendez-vous, à 14h, place de la Nation, Paris (11e). Pour ne pas manquer la soirée carnavalesque en préparation, restez connecté sur la page Facebook de R’Events Production.///Article N° : 12388

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