Le Goût des jeunes filles

De Dany Laferrière

Phase critique 11 - Dany Laferrière, l'oncle d'Amérique

Je suis particulièrement attiré par les femmes. D. L.

Un prince au bord’elles Ils sont comme ça, les garçons élevés par les femmes : farceurs autant que facétieux, joueurs et bourrés de reconnaissance pour la vie, et pour cette vie-là qui anime le corps des femmes. Pour un peu, ils troqueraient leur état contre celui des nubiles. De fait, ils n’ont qu’un regret, celui de n’être pas nés filles… L’inénarrable premier opus du romancier haïtien, Comment faire l’amour avec un Nègre sans se fatiguer, nous en avait donné le soupçon. Bouba, le copain du Narrateur, musulman qui cite le Coran à chacune de ses phrases pour s’interdire de baiser ( » Allah est grand et Freud est son prophète  » !), fait peser sur le récit un comique voile de bondieuseries. De la sorte, la transgression garde tout son attrait. Le grand art de Dany Laferrière s’appelle facétie. Car ainsi est fait le facétieux : il veut nous procurer le bonheur sans nous fatiguer, sans nous ennuyer. Ce sont les limites du jeu. Au bout d’un certain nombre de livres – 10 romans en 15 ans -, et de dépense de soi en tout genre, Dany Laferrière finit par l’avouer : Je suis fatigué (1). Il y a de quoi… Le très proustien (au moins par son titre) Le Goût des jeunes filles qui nous arrive ce printemps, dûment relooké (2), est parsemé de références littéraires, musicales, cinématographiques et artistiques. Rue Saint-Denis à Montréal, la meilleure de la ville, le Narrateur rend compte de la  » B. A. sexuelle  » que les fi...

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