Le travail de mémoire commune des plasticiens comoriens

Soilih Hakime, Modali et Napalo. Trois tendances bien établies sur la scène nationale. Une interrogation commune sur la mémoire. Des années de formation en France. Le premier y est resté pour enseigner. Le second est retourné composer son œuvre depuis le pays natal. Le dernier a choisi de s’implanter ces dernières années en Hollande. Tous gardent un lien étroit avec l’Archipel dans leurs créations.

Leurs débuts en arts plastiques coïncident avec l’apparition en force de cette forme d’expression artistique dans le paysage culturel comorien. Dessiner. Sublimer. Raconter le vécu des siens à travers un art nouveau, qui collait beaucoup avec les idées du mouvement Msomo wa gnumeni (1) dans les années 70. Idées qui sont notamment défendues par l’Union des Forces d’Action Culturelle (UFAC), aussi appelée Union fraternelle pour l’art comorien, qui sévit sur l’ensemble du pays à l’époque. La bannière idéologique est rouge. La volonté des militants, ferme. Le grand jour est espéré. La révolution, en marche. Les uns questionnent l’histoire, d’autres réinventent les mythes fondateurs. Le combat est foncièrement anti-colonialiste, progressiste et idéaliste. Une bonne partie des cadres dirigeant le pays aujourd’hui sortira de ce moule. Beaucoup d’artistes également. Car le mouvement est porté par une dynamique qui investit tous les champs d’expression possible. Des événements culturels sont organisés régulièrement de façon alternative, non étatique, peu institutionnelle. La peinture y trouve largement sa plac...

Connectez-vous pour lire la suite de l'article...
Si vous avez déjà un compte client sur Africultures vous pouvez saisir vos paramètres d'identification :

Si vous n'êtes pas encore abonné à la revue AFRICULTURES, vous pouvez le faire en cliquant sur Adhérer.
Les images de l'article
Engilo Ndahupvi le gombessa ? de Napalo, exposée au parc du Maîdo à la Réunion
Trou de miroir, une oeuvre de Modali sur toile de jute.
Partager :

Laisser un commentaire