L’histoire de la bande dessinée au Cameroun (3/3)

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À compter des années 2000, de plus en plus d’auteurs camerounais se font remarquer en publiant en France dans des collectifs ou des revues. Certains d’entre eux viennent s’installer en Europe et entreprennent une nouvelle carrière. Au Cameroun, la situation demeure aussi délicate, avec une absence quasi totale de perspectives d’édition. Seule la presse permet à quelques auteurs de s’exprimer que ce soit les magazines pour la jeunesse (100 % jeunes ou Jeunes pour jeunes), satiriques (le Popoli) ou la presse étrangère (Planète jeunes).
Lire les deux premières parties de cet article :[article 1/3] et [article 2/3]

Quelques trajectoires singulières
Mayval (1) (Yves Madiba – né en avril 1970 à Douala), pour sa part, n’a jamais été publié dans son pays d’origine. Après une maîtrise d’Arts plastiques à la Sorbonne, il fait ses armes de février 1992 à mars 1993 dans la revue parisienne Le Griot des Antilles pour laquelle, il réalise des illustrations et des caricatures. Il réalise, sur sa lancée, une histoire complète en six planches (Nyama) pour le magazine Revue noire (2) sur le thème du Sida et illustre une demi-douzaine de livres aux éditions Présence africaine (3). En 1997, il rencontre le Martiniquais Merkh qui l’invite aux éditions Free lance. Sous couvert de cette dernière, Mayval publie des planches pour les revues Odade, Kreyon Noir (4) et Madjoumbe (5). Si le premier titre était une revue parisienne essentiellement tournée vers la poésie et les envolées lyriques et dirigée par une association de personnes aux origines diverses, dans laquelle on trouvait des Antillais, des Haïtiens, des Métropolitains et des Africains, les deux derniers étaient deux magazines exclusivement de BD antillaise. « À l’époque, Merkh et moi, nous nous battions pour avoir une représentativité dans cet univers fermé de la BD en France. Nous voulions exister pour ce que nous sommes : des Noirs, avec ce que cela implique comme bagage et culture, lui Merkh, le Martiniquais, et moi Mayval, le Camerounais. » Depuis 2000, il dessine une page intitulée « On dit quoi ? » dans le mensuel Amina, une page drôle et satyrique sur l’univers « négropolitain ».
2003 marque la publication de sa première bande dessinée, Les Aventures de Maïmouna, publiée en sept langues par l’INPES (Institut national de prévention et d’éducation à la santé). Cet ouvrage qui traite de la prévention contre le sida et de l’utilisation du préservatif féminin est, de nos jours, épuisé en français mais toujours diffusé dans les autres langues comme le créole, l’anglais, l’arabe. En 2004, il sort Les Aventures de Leuk, le lièvre (6) chez L’Harmattan, une adaptation en bandes dessinées de contes africains destinés aux jeunes. Mayval réalise en 2008 un CD-rom sur la drépanocytose, support entièrement en dessin animé interactif. Avec Annabelle et la dot (Les P’tits totems éditions – 2008), Mayval renoue avec l’illustration, et continue sur sa lancée avec un livre-hommage à Césaire, Dis Mamie, c’est qui Césaire ?, puis à Martin Luther King Dis Mamie, c’est qui Martin Luther King ? (Monde Global éditions, aujourd’hui en faillite). Il a également illustré d’autres ouvrages et magazines à ce jour : Haïti, mon amour de Daniel Ségla (Le Mékrou éditions – 2010), Les Enquêtes de Mamie ConstanceMeurtre au cybercafé New-Way (Monde global éditions,encore – 2010). Jolie carrière d’illustrateur, donc, pour cet artiste, même si ces expériences dans le 9e art restent encore au stade du balbutiement.
D’autres dessinateurs partent à l’étranger, sans publier pour autant. C’est le cas d’Yvon Patrick Mamia (7) (né en 1983), professeur à l’école Pivaut de Nantes depuis 2008 après en avoir été élève et qui travaille depuis plusieurs années sur un projet sur l’esclavage. Il a présenté ce projet au Fescary 2008 avant de revenir l’année suivante pour animer un atelier de formation. C’est également le cas de Guy Landry Nzekaw (8) venu en France pour faire Sciences politiques et qui semble avoir laissé de côté le dessin et l’illustration. Il travaille aujourd’hui chez Microsoft.
Enfin, on peut citer le parcours courageux de Joëlle Ebongué, partie se former dans une école d’art à Liège (9). Cela lui a permis de participer au premier festival des auteurs africains de BD qui a eu lieu à Paris en décembre 2010 et voir quelques uns de ces travaux publiés dans la revue numérique Je Wanda magazine ! (10).

Achille Nzoda (11) fait partie des dessinateurs qui ont choisi de faire le grand saut et de partir vivre en France. Diplômé de l’école supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication de Yaoundé et du centre de formation des journalistes de Paris, Nzoda commence sa carrière en 1990 comme pigiste au journal l’Aurore qui deviendra Aurore plus en 1994. En 1992, il débute au Messager popoli où il devient l’un des caricaturistes vedettes. Il y restera jusqu’en 2003. Il collabore également avec d’autres titres de la presse camerounaise comme Le Gribouillard (1995-2003), Patin (1995-2002), Eco sauvette (2000-2003). Il est également de l’aventure de Mac BD, en 1998. Il obtient le prix du meilleur caricaturiste camerounais en 1990, 1992, 1995 et 2002. Il est également président de l’association Africaric qui participe à l’organisation du Fescary. Mais la situation de la presse indépendante est difficile au Cameroun. Il est régulièrement menacé de mort et convoqué au commissariat. En 2003, invité au salon international du dessin de presse et d’humour de Saint-Just-le-Martel, près de Limoges, il décide de ne pas rentrer et de demander l’asile politique. Il réside trois ans à Limoges, avant de partir à Paris. Puis, par la suite, il s’installe à Lille où il arrive à trouver ses marques. Il y crée l’association Doigts d’auteur, composée d’artistes locaux, avec comme objectif de créer des passerelles entre les talents du nord et africains. Il intervient également dans les centres de loisirs : création d’un journal, caricatures et musique, puisqu’il est aussi musicien. En matière de BD, Achille Nzoda a réalisé chez Tartamudo en mars 2006, le premier tome de Les Animotards : Titane beuglant sur un scénario de Vincent Haudiquet (12), collaborateur de Fluide glacial avec la rubrique Mon boomerang s’appelle revient. Bande dessinée humoristique animalière, Les Animotards met en scène deux personnages principaux, Xavier le lièvre et Martin la tortue qui gèrent une concession commerciale de motos de tous types et de toutes marques. Dans leur magasin défile toute une galerie de personnages hauts en couleur. Brèves de comptoir, sentiments, philosophie et bêtise abyssale, tout y passe.
Malheureusement, le tome 2, prévu en octobre 2010, n’est toujours pas sorti à ce jour.
Nzoda a sorti en janvier 2010 un recueil de dessins chez Wygo, Les 40 commandements du motard. Par ailleurs, il continue à monter des projets de séries, comme Les Crocos, série de strips en trois cases, visible sur son site. Achille Nzoda continue également à produire des caricatures pour la presse antillaise et française. Il dessine également dans La Brique, journal autogéré et alternatif, distribué essentiellement dans la région Nord-Pas de Calais.
Biyong Djehouty (13) est né en 1976 au Cameroun. Il entreprend chez Menaibuc de retracer certains aspects de l’histoire africaine avec la publication de Soundjata, la bataille de Kirina (2004) Soundjata le conquérant (2005) et L’Épopée de Chaka (2005).

Né en 1976, Simon-Pierre Mbumbo est illustrateur, scénariste, graphiste, infographiste et… dessinateur de BD ! Cofondateur au Cameroun de l’association Mac BD (Mouvement des auteurs camerounais de BD), il crée également le fanzine New Kids (2 numéros – 1995). Il travaille de 1997 à 1999 comme caricaturiste pour le journal satirique Le Messager Popoli et illustre un livre pour enfants, La Forêt enchantée, aux Classiques africains. Mbumbo est invité au Journées Africaines de la BD de Libreville à 22 ans, en 1998. Il y rencontre Yves Poinot, président de l’association organisatrice du festival de BD d’Angoulême. Quelques mois plus tard, il participe à l’aventure de l’album collectif À l’ombre du baobab pour l’ONG Equilibres & Populations, album qui sera présenté au Festival d’Angoulême 2001. En parallèle, il démarre une formation de deux ans à l’école de l’image d’Angoulême. Commence alors un long parcours de dix ans pendant lequel il créée l’association L’Afrique dessinée avec Ngalle Edimo et dessine la série Les K-libres (1999-2003) pour Planète Jeunes, revue créée par Bayard presse et destinée à un jeune public africain. En 2006, il participe également au livret collectif New Arrivals (projet Approdi) sur l’immigration africaine en Europe avec une histoire scénarisée par Christophe Ngalle Edimo et intitulée West, a land of hope ! Installé dans le Loiret, son travail de graphiste indépendant ne l’empêche pas de mener en parallèle une carrière d’auteur de BD, avec en particulier l’album Hisham et Yseult (2005) soutenu par l’Union Européenne. En septembre 2011, il lance à Paris le numéro 0 d’une revue pour la jeunesse qu’il a créée : Toom mag. Dans celui-ci, il lance une série, Vaudou Soccer, qui se situe dans le milieu du football africain. Toom mag propose également des dossiers didactiques, des histoires, des contes, des recettes de cuisine et également une page d’humour en BD signée Tobi-Nyanga : Les Bibolos.
Dans le même temps, Mbumbo participe au collectif Thembi et Jetje qu’il met également en page pour le compte de la collection L’harmattan BD.
Mais son album de référence reste Malamine, un Africain à Paris, scénarisé par Christophe Ngalle Edimo et publié par Les Enfants rouges en 2009 puis, on l’a vu, chez Afrikya au Cameroun, l’année suivante. L’histoire tourne autour de Malamine, âgé d’un peu plus de 30 ans, docteur en économie en mal de reconnaissance en France et incapable de trouver sa place dans son propre pays car il n’est pas de la « bonne » tribu. Il met ses espoirs dans un projet de publication d’un livre d’économie. Mais l’éditeur (africain) avec qui il est en contact attend manifestement autre chose de lui. Malamine est donc obligé de se contenter d’un emploi de brancardier dans un hôpital parisien. Il supporte très mal cette situation et l’exprime, d’où des tensions à son travail, où seule Germaine, l’infirmière française, semble le comprendre. Le seul endroit où Malamine se sent à l’aise, est le « cercle » dont il est le « commandant » (référence à la colonisation française en Afrique). Ce cercle, espace de parole composé d’amis africains peu lettrés, est centré sur le couple Maurice/Diane. Mais cela ne lui est d’aucune utilité pour évoluer professionnellement et financièrement. Il s’en suit une frustration qui finit par influer sur ses réflexions, ses envies, ses espoirs et sur ses fréquentations. C’est dans ces moments de doute qu’il rencontre un personnage qui se fait appeler L’Osagefyo (le Rédempteur, en ashanti, langue du Ghana). Cet homme, entouré d’un groupe uni et décidé, a pour but de redonner sa dignité à « L’Homme Noir » et voit en Malamine un savant qui peut être utile à la « cause ». Notre héros se trouve ainsi réconforté et confirmé quant à la réalité de sa valeur, si peu reconnue par les Autres (les Blancs). Cependant, Malamine ne deviendra pas un salaud qui justifie des actes déments par une théorie intellectuelle, et il se montrera capable, en fin de compte, de vivre une vie peut-être moins idéale que ce qu’il imaginait, mais plus harmonieuse et plus simple. Anti-héros devenu intolérant, Malamine concentre les frustrations d’un immigré ignoré par son pays d’accueil.

D’autres dessinateurs se sont fait remarquer comme Francis Taptue dit Chrisany. Celui-ci est né en 1978 à Bandjoun. La bande dessinée l’attire très tôt puisqu’il réalise sa première histoire à 14 ans dans le journal de son collège. Puis petit à petit les grands journaux classiques (Le Temps, L’Œil du Sahel) et satiriques (Popoli) du Cameroun lui laissent signer des sketchs. Après ses premières expériences à la fin des années quatre-vingt-dix dans la revue camerounaise de BD Mac BD, dans le bihebdomadaire satirique Popoli, il publie localement en 2001, Tâ Sâ le futur notable. Il réalise également des illustrations pour la Société de publicité Synergie, les revues Mongo et Planète Jeunes (publié par les éditions Bayard). Chrisany collabore par ailleurs avec diverses ONG et réalise à Paris une exposition sur le thème des mutilations génitales sur les jeunes femmes en Afrique. Il conçoit également pour Hatier International les illustrations d’un livre de français pour classes de 5e : Indigo.
Sa première publication en 2003 est Articles 5 et 9 (Lai-momo). L’album traite sur vingt pages de l’histoire d’un homme quelconque, Sako, emprisonné, humilié et torturé car accusé à tort d’avoir volé une voiture. Incapable de payer son avocat, celui-ci l’abandonne en cellule pour aller s’occuper du fils d’un ministre, en lui laissant deux passages de la Déclaration des droits de l’homme. Celle-ci affirme que personne ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé. Sako, de nouveau torturé et jeté dans sa cellule, doit utiliser les latrines, un trou dans le sol, sans papiers de toilette, devant les autres pensionnaires. Après avoir longtemps hésité, toute honte bue, Sako se résigne à se servir du texte remis par l’avocat comme papier hygiénique…
En 2005 il signe l’Exposé sur un scénario de Christophe Ngalle Edimo adaptant une nouvelle inédite de Waberi intitulée Schoelcher, Schéhérazade, Saïd et les autres.
Dans le lycée d’une petite ville de province, quelque part dans le centre de la France, une classe, confrontée au problème de la discrimination, s’interroge sur les solutions proposées par les religions, la pensée laïque et la politique pour contrer ce phénomène. Plusieurs thèmes sont abordés : les notions de double culture et de double appartenance, le dilemme existentiel de l’identité et du métissage.
Chrisany participe en outre à plusieurs expositions en Europe et aux USA (Studio Museum de Harlem). Chrisany est également réalisateur et l’auteur de plusieurs installations vidéo, de portraits d’artiste et de documentaires. Après un Master II en Arts Plastiques « Recherche fondamentale et appliquée » à l’université de Paris I Panthéon Sorbonne où il expérimente la BD et l’art vidéo, ce « bédéiste-plasticien » travaille actuellement pour une société publicitaire. En 2010, Chrisany réalise un documentaire de 52 minutes sur les conditions d’intégration et d’adaptation d’étudiants africains en Europe et aux États-Unis ainsi qu’un court-métrage de 6 minutes, Stand up, sur les malades vivant avec le VIH. Il travaille actuellement sur son deuxième moyen-métrage. Chrisany est membre de l’association L’Afrique dessinée, basée à Saint-Ouen.

Le scénariste franco-camerounais Christophe Ngalle Edimo est actuellement éducateur pour la protection judiciaire de la jeunesse au Centre éducatif fermé de Beauvais. Il est également titulaire d’un DESS de microscopie analytique de l’université de Créteil. Mais Ngalle Edimo est surtout un très bon scénariste, auteur d’un nombre impressionnant d’albums abordant des thèmes liés à la vie en Afrique et à l’immigration. Il commence par scénariser trois épisodes de la série Kabongo le griot pour les studios Pictoons de Dakar en 2000 puis continue dans la BD avec des histoires courtes. Se succéderont, entre autres, Une enfance volée (cinq pages dans A l’ombre du baobab en 2001, avec Simon Pierre Mbumbo), Reportage sur le vif (quatre pages dans Shégué en 2003 avec Pahé), Symphor & Marinette (cinq pages avec Rafaël Espinel dans Africa Comics 2003), Nous sommes là (cinq pages avec Didier Randriamanantena dans Mafia cartoons en 2006), Homme blanc d’Afrique (quatre pages avec Didier Randriamanantena dans Africa Comics 2005-2006), une histoire dans New arrivals (projet Approdi)… Il a également scénarisé plusieurs albums entiers comme le cycle de Valeurs communes en 2005 (L’Appel ; La Réserve ; Si tu me suis autour du monde ; Hisham et Yseult ; L’Exposé) mais aussi Le Retour au pays d’Alphonse Madiba dit Daudet (prix du meilleur album africain de l’année 2011 au Festival de BD d’Alger) ; Le Secret du manguier ou l’enfance volée ; Malamine, un Africain à Paris. Ngalle Edimo est également le cofondateur de L’Afrique Dessinée en 2001, association dont il est le président. L’objectif de celle-ci est de parler de l’Afrique par la bande dessinée et de réfléchir sur la citoyenneté. L’album collectif Une journée dans la vie d’un Africain d’Afrique qu’il a scénarisé, est issu d’une de ces initiatives.
Sa dernière production est le collectif Thembi et Jetje, des tisseuses de l’arc-en-ciel, publié chez L’Harmattan BDqu’il a entièrement scénarisé. L’histoire se passe entre 1990 et 2010, dans la province du Gauteng, dans une Afrique du Sud qui sort difficilement de l’Apartheid. Deux familles voisines, l’une noire (ethnie Ndébélé) l’autre blanche (de l’ethnie Afrikaner) impulsées par deux personnalités, la grand-mère Thembi d’une part et la petite Jetje d’autre part, vont essayer de créer dans leur quartier un nouveau lien social. Les deux familles expérimentent sur le terrain la création d’une nation arc-en-ciel. Thembi et Jetje, comme deux Pénélope sud-africaines, sont à l’ouvrage au milieu de difficultés inouïes et des soubresauts de cette nouvelle Afrique du sud. La BD est divisée en dix chapitres pris en charge par neuf dessinateurs différents. De ce fait, neuf styles graphiques différents sont présents, l’unité de l’ensemble étant assurée par le scénario de Ngalle Edimo.

Mais celui-ci n’est pas le seul scénariste d’origine camerounaise à travailler en Europe. Eyoum Nganguè, qui a déjà été évoqué, produit également des histoires de temps à autre. Ce fut le cas en 2004, avec Une éternité à Tanger, album dessiné par l’Ivoirien Titi Faustin. Cet album relate l’histoire d’un jeune homme, Gawa qui, ayant quitté sa ville (l’imaginaire Gnasville) à la recherche de meilleures conditions de vie, se retrouve confiné à Tanger, ville marocaine qui fait face à l’enclave de Tarifa. Il évoque ses péripéties, comment il a traversé les pays, bravé le désert et les contrôles de police. Il raconte aussi le rôle des passeurs, les conditions de vie inhumaines à Tanger, sous la coupe de mafias qui obligent les filles à se prostituer et accaparent l’argent que les futurs clandestins reçoivent de leurs familles restées en au pays. Gawa relate la mort qui rôde, des espoirs entretenus et des joies éphémères. Il ne peut ni retourner dans son pays, ni traverser les 14 kilomètres du détroit de Gibraltar.
En dehors de cet album, Eyoum Ngangué a également scénarisé quelques histoires courtes comme No strawberries for Don Miguel avec le congolais Pat Masioni dans le cadre du projet Approdi : New Arrivals. Il a également scénarisé une autre histoire brève (trois pages) avec Le Flic de Gnasville, déjà dessiné par Faustin Titi dans le collectif Africa comics 2003.

On peut rajouter à cette liste Brice Bingono Mekoulou dont le père est camerounais. Né le 30 mai 1978 à Douala, Brice Bingono (14) passe son enfance au Cameroun. Souffrant de son statut de métis, en butte aux moqueries de ses camarades, il s’invente un monde imaginaire qu’il dessine. Ce sera l’origine de sa vocation. En 1995, il part en France pour faire une école d’arts appliqués dont il sort avec un BT d’arts appliqués en 1998. Par la suite, il intègre l’EMCA (l’école des métiers du cinéma d’animation) en 1999 pour en sortir diplômé en 2001. Au sein de cette école, il réalise ses premiers courts-métrages d’animation. Il se fait d’abord remarquer en 2003, année où il crée un livre-conte, Ovo, primé et exposé au Festival d’Angoulême, l’histoire d’une petite fille confrontée au monde des adultes. Soutenu par la fondation Marcel Bleustein Blanchet, Ovo est inspiré d’une nouvelle de Dino Buzzati. Malgré l’obtention en 2006 d’une bourse « déclic jeunes » de la fondation de France pour adapter cette fable en court-métrage d’animation en 3D, ce projet ne verra malheureusement jamais le jour. Entre-temps, Brice Bingono a été approché par Casterman pour réaliser Paradise, une série avec Benoît Sokal au scénario, qui s’est étalée de 2005 à 2008. Cette épopée de quatre tomes (La Saison des orages ; Le Désert des Molgraves ; Zamarat ; Le Coffre noir) se situe en Mauranie, un lointain pays tropical composé essentiellement de la jungle et où la saison des pluies (« la saison des orages ») est particulièrement vivace. Le roi Rodon en butte à une rébellion attend le retour d’Europe de sa fille qu’il n’a pas vu depuis dix ans. Malheureusement, l’avion qui transportait celle-ci est abattu par les rebelles. Seule rescapée du crash, devenue amnésique, la fille de Rodon est recueillie par le souverain d’une ville voisine. Attirée par un léopard vivant dans le palais, elle est chargée par ce dernier de ramener l’animal dans le sud du pays, là où il a été capturé… Suite à la belle réussite graphique de cette première incursion dans le 9e art (15), Bingono a embrayé avec une autre série, Le Passeur. Celle-ci se situe loin de l’Afrique, dans le contexte de la seconde guerre mondiale en Europe. Dans un style différent, notamment pour l’encrage, ce diptyque (Les Orphelins du Reich ; Les Ailes de l’espoir), paru entre 2009 et 2010 dans la collection Cockpit chez Paquet, s’intéresse aux officiers allemands qui cachaient leur or dans les banques suisses et aux jeunes juifs qui échappaient à l’extermination en s’enfuyant dans ce pays. Enfin, en 2011, Bingono débute avec le scénariste Éric Corbeyran, une histoire de pirates chez Soleil productions : Pavillon noir. Le premier tome sort en mars et s’intitule D’écume et de sang.

Maya Mihindou est née à Libreville au Gabon en 1984 d’un père camerounais. Elle a passé une partie de son enfance à Douala et vit actuellement à Paris. Elle décide en 2007 – après une année riche de voyages et de rencontres – de se consacrer au dessin. Elle expose collectivement à Paris, Tokyo, Rome et participe parallèlement à différents projets éditoriaux, explorant avec talent et curiosité le monde des livres.
Son dernier projet est Sabine (2011) qui tourne autour du voyage de deux enfants et d’une jeune fille qui décident, un jour, de quitter leur village reculé au fond d’une forêt (africaine sans doute) suite à la mort de leur doyenne, la Grand-Mère l’Autre, gardienne de toute leur histoire. Ils décident d’en savoir plus sur elle et leur passé et souhaitent rejoindre « Sabine », la ville où elle est née, une ville fantasmée et mystérieuse dont ils ignorent tout. Ils quittent ainsi leur enfance colorée et sage. Au fil de leur voyage, ils vont découvrir un monde hostile et des enfants-soldats aux rêves oubliés, tous des traits d’union vers le monde réel, rencontres qui les feront grandir, sans qu’ils ne s’en rendent compte tout à fait. Ce superbe ouvrage hybride, entre conte illustré et bande dessinée, entraîne le lecteur dans un parcours universel, un peu surréaliste. Beau premier ouvrage pour un auteur qui compte déjà plusieurs ouvrages illustrés à son actif.
Joëlle Esso mène une carrière à cheval entre musique et illustrations. Son intérêt pour les métiers du livre date de son enfance car son père possédait Afrique Contact, l’une des plus grandes imprimeries de Douala dans les années 1970. En 2006, elle illustre le conte musical antillais de Serge Bilé et Joby Bernabé, Tiwa et la pierre miroir (Éditions Monde Global), puis, un recueil de poèmes de Jeanne-Louise Djanga, Éclats de vers, (à paraître), un puzzle pour enfants (Éditions Turkana), deux récits de Nadia Origo, Le Royaume de Longo et Petites histoires des personnages de la Bible à raconter aux enfants (La Doxa Éditions, 2008), un album pour enfants de Claudine Milteau, Petite la Coccinelle, (2009) et un recueil de textes de slameurs dirigé par Myke Sylla, Slamophonie, (à paraître aux Éditions de l’OIF).
Petit Joss (2009) est sa première BD. Au travers de sept histoires où l’humour n’est pas en reste, Joëlle Esso nous plonge dans une époque mémorable, et nous invite à la découverte d’une école d’Afrique, d’un pays, le Cameroun et d’un continent qu’on a rarement dépeint de cette façon. En particulier à travers le parcours d’enfants d’une classe de CM1 issus de milieux aisés, menant une vie insouciante, loin des clichés.
Une certaine reconnaissance dans d’autres pays de la francophonie
Mais la France n’est pas le seul endroit où les artistes camerounais sont visibles. L’embellie de la BD algérienne à partir de l’année 2008 a également bénéficié aux dessinateurs camerounais. Les quatre éditions du FIBDA (Festival International de bande dessinée d’Alger) ainsi que l’organisation du FESPAM ont permis de mettre en valeur certains talents. C’est le cas de Almo the Best qui a pu éditer en 2008 le premier tome de Zamzam le tiers-mondiste (les mbenguétaires), album de 50 planches reprenant les aventures d’un petit héros déjà vu dans Fluide thermal et dans l’encart de Spirou en 2006. Son éditeur, Lazhari Labter, avait déjà édité un Panorama de la bande dessinée algérienne et une adaptation graphique d’un roman policier de Yasmina Khadra, Le Dingue au bistouri. Malheureusement, le travail éditorial autour de l’album a laissé à désirer : aucune présentation de l’auteur ni résumé de l’histoire ou mise en perspective, tout cela accompagné d’une mise en couleur un peu pâle. Dommage pour un album soutenu par le ministère algérien de la culture. Almo the Best a gardé les droits de diffusion pour le Cameroun. Cela lui a permis d’autoéditer en 2010 Zamzam le tiers-mondiste (sa maison d’édition porte le nom d’Almo Productions) dans son propre pays grâce à un soutien de MTNFoundation qui a pris en charge les frais d’impression de l’imprimerie Macacos (Maison catholique de Communication sociale). Vendu au prix de 3 000 Fcfa (soit 4,50 €), l’album est diffusé dans quelques points de vente de Douala (essentiellement dans le quartier Akwa, le cœur commercial de la ville) ainsi qu’à la librairie L’Harmattan de Yaoundé et de Paris.

Plusieurs dessinateurs camerounais sont également présents dans le collectif algérien de près de 67 auteurs Africains intitulé La Bande dessiné conte l’Afrique édité par les Éditions Dalimen à l’occasion de la deuxième édition du festival panafricain en 2009. On y trouve les travaux de l’essentiel des artistes actuels de BD de la scène camerounaise. À savoir Almo the Best (Le Pêcheur et Le Ndjounjou), Narcisse Youmbi (avec Les Trois voyageurs et Le Chien), Bruno Temfack (Omar et la calebasse magique, d’après un conte ouolof), Nouther (La Nuit des chiens), Kingval Miller (A l’ombre de la sagesse), Lily Ngounou (L’Ivoire), Joëlle Ebongué (La Cuillère cassée), Landryman (Une sorcière à Baham 1), Kangol Ledroid (Le Totem), Guy Eyoum (Bakary, le berger), Bibi Benzo (La Légende de Mami wata), Daniel Assako (L’Oreille du sanglier), le tout sur trois pages pour chaque histoire.

Narcisse Youmbi (16) fait également partie des auteurs ayant le plus profité de « l’appel d’air » algérien. Né à Ndoungué au Cameroun, Narcisse Youmbi est un autodidacte ayant appris au contact des multiples ateliers organisés par les CCF et alliances françaises. Il compte plusieurs publications dans la presse locale (en particulier pour Careh Gazette de l’ONG CAREH comme rédacteur en chef, illustrateur et maquettiste en 2007-2008), des brochures éducatives (MAD, une brochure éducative bilingue en 2000-2001) et participe à l’encart Zamzam dans le Spirou n° 3565 ainsi qu’à l’aventure Trait noiretK-mer comix. Il a également été caricaturiste pour le journal Caricaturas, le journal satirique de l’université de Douala (2006-2007) et pour l’hebdomadaire politique La Colombe auréolée (2002-2004). Avant le collectif La Bande dessinée conte l’Afrique, quelques-unes de ses planches avaient été éditées dans Africa comics 2007-2008 album regroupant les trente-sept meilleurs auteurs de BD du concours Africa comics, organisé par l’ONG Africa e mediterraneo (avec l’histoire courte Mariage forcé). Il a également publié une histoire de quatre pages dans chacun des deux premiers numéros de QC (Eléphant et hippopotame trompés par tortue dans le premier numéro, La Duplicité dans le deuxième, les deux adaptés des Contes et légendes du Cameroun), le magazine de la Camair-co, la nouvelle compagnie aérienne camerounaise. En 2008, il sort 250 exemplaires du tome I (La Vallée maudite) de Pyramides de l’ouest qui constitue le premier album de BD en couleurs publié au Cameroun (17) et qu’il diffuse à l’occasion de la première édition du Festival International de BD d’Alger. En 2010, il est lauréat de la bourse « Visa pour la création » accordée par CulturesFrance dans le domaine des Arts visuels. Il réside donc de mars à octobre 2010 en Algérie pour sa résidence de création. Il y réalise pour une maison de production cinématographique algérienne Dyamic art vision(18) son premier film d’animation Le Chasseur et L’Antilope (19), premier épisode de 17 minutes (20) de la série Papa Nzenu conte l’Afrique (21), une série de 52 épisodes sur un griot qui raconte des contes Africains. Consacrée à la culture de l’Afrique et à la sagesse de ses contes, cette série avait été initiée par Djilali Beskri (22) le patron de Dynamic Art Vision(23). En juillet 2011, Le Chasseur et L’Antilope remporte le prix du meilleur film d’animation au Festival International du film court de Douala, ce qui donne un coup de projecteur au travail de Youmbi.
Youmbi en devient le chef de projet en juin 2010. Invité aux deux premières éditions du FIBDA comme Bédéiste, c’est en qualité de réalisateur qu’il participe à la 3e et 4e édition de 2010 et 2011. Depuis octobre 2011, il est superviseur général pour Dynamic Art Vision.

Lors d’un séjour au Maroc, Yannick Deubou Sikoué participe à un collectif marocain initié et dirigé par le dessinateur et scénariste Jean-François Chanson, professeur au lycée français de Rabat depuis 2000. L’album en version française et arabe dialectal s’intitule La Traversée : l’enfer du h’rig et traite à la fois de la tragédie des jeunes migrants marocains et de la situation des ressortissants subsahariens au Maroc dans l’attente d’un passage vers l’Europe et son miroir aux alouettes. L’album, subventionné par Caritas, l’OIM (Organisation internationale pour les migrations) et la coopération française, a été diffusé dans tous les lycées du Maroc. Parmi les dix-huit auteurs, on trouve la plupart des bédéistes marocains, des subsahariens (le Congolais Gildas Gamy, l’Ivoirien Sekou Camara et donc Yannick Deubou Sikoue) et des Français comme Khaled Afif, Patrice Cablat ou Alexandre Clérisse. Deubou Sikoué y dessine Agadir sur un scénario de Jean-François Chanson.
L’histoire évoque Ahmed et Mostapha, deux amis d’enfance d’Agadir, qui se rencontrent par hasard à Paris. Ahmed est arrivé là illégalement et survit à Paris depuis de longues années. Il raconte à son pote ses galères de clandestin. Il a le sourire car il a rendez-vous avec un fonctionnaire à la préfecture pour obtenir son titre de séjour. Mostapha lui raconte ensuite qu’il a épousé une Française de quarante ans rencontrée sur la plage à Agadir. Depuis le début, il ne la supporte pas et a fait tout cela pour obtenir le titre de séjour. Heureusement qu’elle ne peut plus avoir d’enfant, précise-t-il. Il conclut avec le sourire que dans quelques jours, il pourra enfin demander le divorce sans risquer d’être par la suite expulsé. Ahmed se rend à la préfecture où l’attendent des policiers qui l’embarquent. Mostapha rentre chez lui où son épouse lui annonce qu’elle est enceinte. Quelques mois après, on retrouve Ahmed sur la plage d’Agadir, draguant une vieille européenne…

Mais le Maghreb n’est pas la seule région où les auteurs camerounais ont pu s’épanouir. L’Afrique subsaharienne est également concernée.
Né le 20 septembre 1980 à Douala au Cameroun, Léo Hervé Mpessa arrive au Niger en 2001. À l’époque, il ne pense pas s’éterniser puisqu’il n’est venu que dans le but de passer son bac. Après l’avoir raté deux fois, il décide de rester à Niamey et à se lancer dans diverses activités. Sa passion pour le dessin l’amène à se lancer dans la bande dessinée. Il participe notamment à l’élaboration de Tchounkoussouma sous les eucalyptus, unique album de BD publié dans le pays et œuvre de Thembo Kash et Barly Baruti. Ceux-ci avaient collaboré avec la seule association locale de dessinateurs qui existait, Crayons de sable, dont Mpessa faisait partie. Se formant peu à peu à l’infographie, il participe en 2006 à la sortie d’une revue pour la jeunesse Nous Jeunes Magazine avec le soutien de Crisalide, ONG spécialisée dans la lutte contre le sida et dont la parution s’est malheureusement limitée à un seul numéro, faute de moyens financiers. Nous jeunes contenait les cinq premières planches d’une série de Léo H. Mpessa : Raicha et les scorpions. L’arrêt de la revue pouvait faire craindre le pire pour la continuation de cette histoire à épisode, première du genre dans le pays. L’année suivante, en décembre 2007, un mini-tabloïd gratuit à destination des 18-30 ans sortait : Matashi magazine, toujours édité par l’ONG Crisalide et soutenu par la publicité. Matashi reprenait, depuis le début, l’histoire de Mpessa à raison de huit planches par numéro. De cette façon, presque par hasard, Mpessa est quasiment devenu le premier auteur de BD publié dans un pays qui, il est vrai, n’en compte guère (24). Par la suite Mpessa abandonnera la BD pour se consacrer au hip-hop sous le nom de LeeYo et intégrer le groupe Block Black Daps en 2006 (25).

Dans les années 2005-2006, l’Institut Français de Malabo décide lancer une petite revue numérique regroupant les travaux d’auteurs de la sous-région. C’est le lancement de la revue numérique (intitulée « cybermag ») Para Jaka ! dont le premier numéro sort en octobre 2005. Cinq numéros suivront, dont le dernier au début de l’année 2006. En dehors du Guinéen Jamon y Queso et du Gabonais Pahé, deux Camerounais participent à l’aventure : Kangol Ledroïd et Almo the Best qui y dessinent des planches humoristiques.
Au Canada, dans la province de l’Alberta, plusieurs organismes œuvrant pour la tolérance (Portail de l’immigrant en Alberta, Youthscape-Calgary) publient une revue de BD, intitulée La Diversité dans ma ville…Le dessinateur en est Samory Ayi qui produit à chaque numéro une dizaine de pages sur un texte de sa compatriote Évelyne Kemajou.

On l’aura compris, le 9e art camerounais ne manque ni de talents graphiques, ni de potentialités littéraires. Malheureusement, les créateurs y sont confrontés aux mêmes obstacles que dans les autres pays francophones d’Afrique : peu d’éditeurs actifs dans le domaine, une absence de filières universitaire tournée vers ce domaine et une absence quasi-totale de soutien de l’État. Le refrain est connu… Un bémol, cependant, vient contre balancer ce constat désolant : la vitalité de sa presse, en particulier satirique. C’est évidemment le cas du Messager Popoli qui offre à ses lecteurs des planches humoristiques entières toutes les semaines. Peut-être peut-on y voir un motif d’espoir pour la BD camerounaise. Mais rien n’est simple et le chemin est encore long car il manque encore bien des étapes pour une véritable reconnaissance du public pour qui la BD n’est pas une activité très sérieuse. Mais, hélas, sur ce plan-là, le Cameroun n’est pas une exception…

1. [http://www.mayval.eu/]
2. Numéro sur Les Artistes africains et le sida, juin-juillet 1995.
3. Les Contes gabonais (Raponda-Walker – 1996), Le Paradis du Nord (J.R. Essomba – 1996), L’Impasse (Daniel Biyaoula – 1996), Mbaam dictateur (Cheik Aliou Ndao – 1997), Et Dieu seul sait comment je dors(Alain Mabanckou – 1997).
4. Mayval a publié dans le n° 4.
5. Mayval a publié dans le n° 13 de novembre-décembre 1997.
6. Une première version d’un des contes du livre Des miettes et des arbres avait paru dans Odade.
7. [http://bdmypa.canalblog.com/]
8. À ne pas confondre avec Landry Kamdem, qui a participé au collectif algérien La BD conte l’Afrique et était membre de Trait noir. Il travaille aujourd’hui comme créateur et dessinateur de textile à la CICAM – Douala. Sa page Facebook est sur [http://www.facebook.com/landry.kamdem]
9. Son site est sur [http://elyon-s.over-blog.com/]
10. [http://www.jewanda-magazine.com/2011/10/les-aventures-debene-duta-je-wanda-party-cube/]
11. [http://achillenzoda.doomby.com/] ou [http://nzoda.free.fr]
12. Haudiquet a également écrit un album de jeunesse, illustré par Pef, Le Roi Raoul n’a plus de tartines, (2003).
13. [http://www.djehutygraphics.net/]
14. [http://brice-bingono.blogspot.com/]
15. La série Paradise a fait l’objet d’un album intégral début 2010.
16. [http://youna-comics.over-blog.com/]
17. On peut voir des extraits de son travail sur : [http://portfolioyoumbinarcisse.over-blog.com/pages/BANDES_DESSINEES-4896975.html]
18. [http://dynamic-art-vision.com]
19. Pour voir un extrait sur youtube : [http://www.youtube.com/watch?v=Cf6E3AvdiqE]
20. Bibi Benzo avait participé au travail préparatoire de Youmbi avant le départ pour Alger.
21. Le blog de la série est sur [http://papanzenu.blogspot.com/]
22. Djilali Beskri a également réalisé un film sur Slim, le plus grand auteur de BD d’Algérie. Il a également été auteur de BD dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix.
23. [http://dynamic-art-vision.com/]
24. Seul Alassane Aguelasse, figure émergente du milieu, avait publié un recueil quelques années auparavant : Aguelasse et les femmes.
25. [http://www.myspace.com/leeyolastar]
<small »>Strasbourg, le 17 novembre 2011.///Article N° : 10579

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Les images de l'article
Achille Nzoda, Les Crocos © Nzoda
Magazine Essingan, 2006 © Akoma Mba
© Elyon's
Les Nyés, Ntep Kelly, Georges Pondy, Nouther




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