L’imaginaire et l’écriture à plusieurs voix : Glissant et « la terre magnétique ».

Il y a, chez Édouard Glissant, une manière d’écrire le monde à plusieurs mains. De nombreux écrivains et penseurs redoutent cette expérience qui ne semble pas, pour mille et une raisons, leur convenir. Ici, dans cette aventure « en relais », des imaginaires se rencontrent, se répondent en écho, comme dans les textes co-écrits avec Patrick Chamoiseau (1).

On imagine que les mains doivent être libres quand les imaginaires cheminent côte à côte pour écrire des textes d’intervention (par exemple au moment de la création du ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement ou de l’élection de Barack Obama). Cependant, « l’Intraitable beauté du monde », ses mystères, ses détails, ses histoires récurrentes de prédation, de domination et d’exclusion peuvent aussi se dire hors de toute urgence. Car la beauté fragile et tremblante qui ne passe pas inaperçue est semblable au vol d’oiseaux qu’évoque Glissant au début de La Cohée du Lamentin : « Leur beauté frappe, s’enfuit. Puis la nuit surgit, qui vous stupéfie. Leurs ailes sont d’éclat et leurs ventres d’ombre, vous ne les avez pas vus répandre, là sur les bords et là sur les écumes noircies, le linge damassé de ce silence qu’ils font. » (2) Rencontre Rencontre, voilà un mot galvaudé qui ne désigne pas le face à face, mais l’écoute et l’échange. Elle est semblable à cette chorégraphie improvisée de milliers d&...

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