Littérairement foot 5 : Ibracadabra

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en juin 2014, la coupe du monde de football se déroule au brésil. l’occasion pour africultures de vous proposer une aventure littéraire originale. marc-alexandre oho bambe vous transporte dans un récit d’anticipation. un voyage littéraire. mais pas seulement…

Ibracadabra
Brasília, 5 juillet
Dans l’enceinte rénovée de l’Estàdio Nacional.
L’affiche du jour est Suède – Angleterre.
Zlatan Ibrahimovic, poète et mutant du football, en bon capitaine a réussi à hisser son équipe.
En quart de finale du Mondial.
Ce soir, le géant suédois et ses coéquipiers affrontent Wayne Rooney et les Three Lions qui comptent bien faire la preuve de leur légendaire fighting spirit face aux Bleus-Jaunes.
Suède – Angleterre.
Comme on dit chez moi à Douala, « il y a match ».
Et un goût de revanche dans l’air.

Souvenez-vous
Le 14 novembre 2012 à Solna, un match amical opposant les deux équipes avait été le théâtre d’un quadruplé d’Ibra qui avait battu l’Angleterre à lui tout seul, en marquant au passage l’un de ses goals les plus beaux. Et pour moi, peut-être le but le plus poétique, le plus fou, de l’histoire du foot moderne.
Par des gestes aussi improbables que cet incroyable retourné acrobatique commis en dehors de la surface de réparation, inspiration géniale d’un esthète et athlète surdoué, Zlatan Ibrahimovic rend ses lettres de noblesse au football.
En effet le football n’est plus seulement un sport mais un art, quand jouent Ibra et quelques autres, avants-centres ou milieux de terrain magiques, capables de faire vibrer les socios de n’importe quel stade au monde.
Ce soir le gamin de Rosengard, a rendez-vous avec l’histoire, celle qu’il écrit depuis son enfance mouvementée dans la banlieue-dortoir dans laquelle il a grandi, et qui ne l’a jamais quitté au fond.
Si la Suède gagne, elle ira en demi-finale, un nouvel exploit.
À la portée de celui que ses fans brésiliens appellent désormais Ibracadabra.
Deuxième meilleur buteur de la compétition derrière Neymar et le Messi argentin, Zlatan régale le public.
À chaque action dont il a le secret, chaque prise de balle ou de risque, il montre l’étendue de sa technique et donne le tournis aux défenseurs qui tentent de le stopper.
Ibra danse avec la balle, sous les applaudissements de la foule.
À trente-trois ans, il est au sommet, en pleine maturité et dans une forme physique que lui envient bon nombre de joueurs, bien plus jeunes que lui.

Ce soir Brasília est en fête
La Suède aussi.
Et du côté de Malmö, dans un quartier d’immigrés serbo-croates, des enfants des Balkans chantent les louanges de l’un des leurs devenu une légende.
Du football.
Ibra a encore frappé.
Et le stade s’est levé.
Trois fois.
Pour applaudir trois buts somptueux, et saluer le buteur magnifique.
Suède – Angleterre.
Comme on dit chez moi à Douala, « il y a eu match ».
Et même un match dans le match, puisque l’Angleterre s’est incliné de peu.
Rooney a marqué deux buts, et lui et ses partenaires ont essayé de retarder l’échéance jusqu’au bout.
J’aime le fighting spirit britannique, c’est aussi ça l’esprit et l’âme du sport.
Et du championnat Anglais.

Ce soir Brasília fête
Le football, son esprit et son âme.
Et un homme.
Adepte du beau jeu.
Et du « JE ».
Ibra devenu dieu.
Du stade.

///Article N° : 11854

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