Lost Riddims

De Shäy Mané

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Par sa musique et sa personnalité, Shäy Mané est le lien entre l’Afrique et les Amériques. Martiniquais et Sénégalais, c’est au Gabon qu’il grandit et fait ses premiers pas dans la musique, entouré de ses cinq frères et sœurs. Son père, professeur de littérature africaine au Gabon, lui inculque l’importance des cultures africaines. Sa mère occupe une grande importance dans son éducation. Il se souvient des comptines qu’elle lui chantait. A l’époque, Pierre Akendengué est sur toutes les ondes radiophoniques. Le jeune Shäy absorbe toutes les musiques : africaines, jazz, soul, classique, pop et rock. Jusqu’à l’âge de 16 ans, il vivra dans ce pays situé juste au-dessus de l’équateur.
Cet opus est en quelque sorte l’histoire de sa vie. Douze années passées en France à la rencontre d’autres artistes et à la recherche de nouvelles sonorités à travers les groupes qu’il monte. Et puis, il y a les Etats-Unis. L’artiste est attiré par ce pays. Il fait des allers et retours. Tantôt aux claviers, tantôt à la guitare, il se frotte aux musiciens du coin et découvre le slam, poésie dite sur des musiques. Il l’intègre dans son répertoire, se ré-imprègne de la soul, et compose. La structure de l’album est toute trouvée. Un savant mélange de musiques noires, dont les voix servent de fil conducteur. Celles de l’Américaine Tony Blackman et de la Camerounaise Valérie Bélinga. C’est aussi pour lui l’occasion de redécouvrir le bassiste Michel Alibo à la contrebasse. Cet enregistrement est une douceur rythmique. De la soul dans esprit africain. Pas besoin de pousser le son à fond pour découvrir la beauté de la musique. Tout paraît presque facile. Le musicien nous guide en anglais, en français et en pounou (dialecte gabonais). Une musique subtile et poétique.

Lost Riddims, de Shäy Mané (Universal)///Article N° : 2723

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