Mon Dieu, que vous êtes vulgaire !

Ma réponse à Nimrod

‘Mon Dieu, c’est un alexandrin !’Voilà plutôt la réaction que j’ai eue après avoir lu la première phrase du texte de Nimrod : ‘les Narcisse que nous sommes ont besoin de louange.’Ma deuxième réaction, immédiate elle aussi, était, et je la transcris : ‘sans blague, ce type écrit des maximes du style de La Rochefoucauld.’Et ce en plein XXIe siècle ! Comment ne pas éclater de rire ici, dites ? Cela fait vingt ans que j’ai quitté le lycée, et donc, abandonné l’étude de la littérature française sous la dictée de maîtres, même si je l’enseigne aujourd’hui à mes étudiants. Devant ce début de texte si laborieux, mais son auteur aurait dit si précieux, j’ai aussitôt retrouvé mon Lagarde et Michard, tome du XVIIe siècle. Je m’en excuse, car je n’ai pu ensuite réfléchir à ‘la phrase’, autrement qu’en faisant cet exercice de style auquel m’ont habitué mes professeurs jadis : la chasse aux alexandrins. Et j’en ai trouvé d’autres : ‘c’est tout de même fâcheux on en conviendra’; ‘un bon polémiste est toujours un grand styliste’; ‘car le bénéfice qu’on en tire est double’, etc. Je peux donc imaginer que l’auteur a transpiré en écrivant son texte, qu’il l’a lu et relu, peut-être déclamé, comme les poètes Français de cette époque qui le font certainement pâlir d’envie. L’écriture est soit un labeur, soit une libération : chez Nimrod le labeur doit être si &eac...

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