Mundo Meu de Flavia Coelho

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Brésilienne vivant à Paris, Flavia Coelho y mène une recherche sur son métissage et ses racines africaines. Son deuxième album sort ce 3 juin.

Elle n’a que trente ans et a déjà écumé les scènes internationales. Flavia Coelho a la vie devant elle et un deuxième album prometteur avec Patrice, Tony Allen et le groupe de rap iconique de son adolescence Arrested Development. Née à Rio de Janeiro, la chanteuse est originaire du Nordeste où elle a baigné dans les effluves du reggae, sur l’île de Sao Luis de Maranhao, à l’extrémité nord du pays :  » Les antennes de radios captaient les sons venant des Caraïbes : du ska, Bob Marley, Peter Tosh… ». Plus tard, à Cearà elle écoute le forro, le xote, le repente, la culture rurale du Nordeste. « C’est une musique de troubadour, faite avec les moyens du bord, l’accordéon et le tambour zabumba. Les chansons occitanes à Toulouse ou en Auvergne me rappellent ce son. » À 14 ans, Flavia fait ses premières scènes avec un groupe de variété féminin. « J’avais envie d’apprendre. Au Brésil il y a de la musique partout. Dans tous les petits bars il y a le matériel technique de base, même si c’est sous-payé. » La boulimique de musique sillonne vite le pays : « à vingt-six ans j’avais fait le tour, exploré toutes sortes de musiques. Il fallait que je bouge ! » musique
De Versailles à Saint-Ouen
Suite à un casting à Rio de Janeiro, elle débarque en 2002 en France avec une troupe de carnaval qui se produit au château de Versailles. L’emploi ne lui plait guère mais lui permet de découvrir dans les salles de concert parisiennes des musiques métissées qui lui parlent. Quatre ans plus tard, changement de décor, la jeune femme s’installe à Paris, chante les standards brésiliens dans le métro et dans un bar de Saint-Ouen. Surtout, elle apprend à composer avec un artiste camerounais : Bika Bika Pierre. « J’ai essayé de trouver mon style sans me mettre de barrière. Je voulais tout chanter ! » Ce style hybride, qui donne le nom à son premier album, elle le surnomme : Bossa Muffin, des musiques traditionnelles brésiliennes mélangées avec des sons urbains actuels. La France c’est aussi le pays où elle se pose des questions identitaires. « J’ai réalisé ma part africaine à Paris. C’est un lieu de recherche pour moi. On est de plusieurs couleurs dans ma famille. Mon père est métis noir, un « mulato ». Ma mère est blanche. Mon grand-père et mes frères aînés sont noirs. Ma soeur cadette est née blanche parce que c’est un autre mariage. Je suis la métisse. On a toujours eu la fierté d’être noirs. Au Brésil ce n’est pas toujours facile à revendiquer. La société est un peu segmentée même si on est tous brésiliens. Il n’y a pas cette mentalité : « B résilien d’où ? » comme en Europe. »
Entre l’Afrique et le Brésil
Le deuxième album de Flavia Coelho Mundo Meu doit consolider ce lien entre Afrique et Brésil : « Je reviens sur les origines et les changements d’un pays qui a connu une dictature et a été très pauvre. Je parle d’amour, de voyage, de la recherche de soi. Je joue avec les argots de mon pays. Tous les jours on invente un mot différent. » Côté Afrique, elle a convié le batteur de Fela, Tony Allen. Son rêve serait de faire un album tourné vers ce continent avec « un orchestre africain : Djéli Moussa Condé, Cheick Tidiane Seck… des chanteurs de diverses origines comme dans le « Rail Band » de Bamako ! » Comme par hasard, son prochain voyage sera… à Dakar !

///Article N° : 12251

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