Musica da terra

Batuk

Le quatuor sud-africain Batuk livre un opus, Musica da terra, où le pouls rythmique, se déploie en chants traditionnels et en percussives électo. Une house rénovée sur des sonorités afro.

En harmonies vocales ou arrangements électroniques, le son de Batuk amène à la transe. Ils se réclament du tambour et, tout au long de l’album, explorent sa pulsation. Par le biais des polyphonies, par l’usage des machines. Les artistes du collectif Batuk proposent ainsi, avec Musica da terra, une introspection dans ce « Mzansi Sound », mouvement rassemblant producteurs, artistes et DJ du cru sud-africain, avides d’une électro rattachée aux racines africaines.
Derrière Batuk : Aero Manyelo et Spoek Mathambo, DJ et producteur sud-africains qui ont déjà marqué de leur empreinte la scène électro mondiale, Carla Fonseca, interprète mozambico-sud-africaine, qui chante, rappe, en portugais, et Nandi Ndlovu, chanteuse. Le quatuor revient du Mozambique et de l’Ouganda, où il a enregistré les voix et les transes rythmiques de Grupo Zore et Grupo Makarita ou encore de Nandujja, Lebon, Nilotica. Œuvre collective donc, posée entre Johannesburg, Kampala et Inhambane, à partir d’un matériau brut et vocal, re façonné ensuite sous forme digitale. Le tout offre une musique « brute, ingénieuse, progressive et chargée en basses », pour reprendre la description de Spoek Mathambo au sujet du « Mzansi sound ».
Les lignes de basses et les cadences vocales vous prennent au corps. Tambours, cloches, et percussions corporelles se griment en boucles percussives électroniques. La house de Batuk se fait d’abord minimaliste sur « Força Força », puis cérébrale et groovy avec « Me Toque ». Kwaito et cœurs mozambicains rythment  » Daniel », lorsque les polyrythmies de « Reya Congo » soutiennent un jeu percussif puissant, relevé de notes veloutées de flûtes. Une apogée sonore dans l’album.
Ces virtuoses du sample, sur scène ou dans leurs clips, se parent de tenues traditionnelles et de maquillages claniques, comme pour une expression soulignée de la fierté panafricaine. Leur objectif est bien de créer dans un espace de circulation musicale, où la part africaine reprend toute sa place. La jeunesse post-apartheid dont ils sont, et qu’ils font danser, est des plus connectée, rodée au syncrétisme et fière de son africanité.

Batuk, Musica da terra, Teka Records.///Article N° : 13639

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