Seize photographes à Ouagadougou

Entretien de Marian Nur Goni avec Nicolas Van Brande

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Rencontre avec Nicolas Van Brande, directeur de l’Atelier Contraste à Bruxelles qui, conjointement avec le photographe burkinabè Warren Saré, a organisé un stage international de photographie [voir annonce], qui s’est tenu à Ouagadougou du 18 au 28 novembre dernier. A l’issue de ce projet, qui fait suite à l’atelier de Bamako en 2007, est né le CFO, le Centre Photographique de Ouagadougou. A suivre !

Quel était le programme et quels étaient les objectifs de l’atelier ? Comment cela s’est-il déroulé concrètement ?
Le programme s’est articulé autour de la rencontre entre six photographes européens et dix photographes africains qui posent un regard sur le Burkina aujourd’hui, après cinquante ans d’indépendance.
Le choix des thématiques était libre. Le défi : cinq jours de prises de vues, un rendez-vous de sélection individuel journalier et une grande réunion d’analyse d’images en groupe chaque soir avec un échange de point de vue.
Une conférence de presse au 4e jour et une projection de 15 minutes au centre culturel allemand au 6e jour devant la presse et un public de 150 personnes.
Quel était le profil des participants du stage et comment leur choix a-t-il été effectué ?
Les photographes africains, professionnels pour la plupart, les européens, des amateurs avertis, ont tous été sélectionnés sur dossier.
Le thème du travail retenu cette année portait sur le cinquantenaire de l’Indépendance du Burkina Faso. A l’intérieur de cette thématique, plutôt politique, vers quels types de sujets se sont orientés les photographes ?
Le thème était fédérateur, les sujets portaient plutôt sur un état des lieux du Burkina aujourd’hui, ce n’était en aucun cas un travail de commande documentaire sur le cinquantenaire, la place à la libre expression et à la démarche artistique était prépondérante.
Les sujets étaient variés et portaient sur les élections, les hôpitaux, les mines de pierre, les tanneurs, les portraits d’artistes et cinquante portraits pour cinquante ans d’indépendance…
Sur quels soutiens avez-vous pu compter pour mettre en place ce deuxième stage international ?
Des soutiens privés, principalement, et des fonds propres, des soutiens de la part des autorités burkinabè. Nous n’avons pas eu de réponses des soutiens communautaires européens.
Le célèbre photographe Malick Sidibé a été invité à Ouagadougou : de quelle manière vous a-t-il accompagné dans votre projet ?
Oui, il nous a accompagné toute la semaine, il a porté le stage en terme de médiatisation et a porté un regard sur les travaux, surtout en fin de stage.
A la base de cet atelier il y avait également l’idée de jeter les bases pour qu’un lieu permanent dédié à la photographie et à sa formation puisse voir le jour à Ouagadougou. Qu’en est-il après cette expérience ?
Oui, depuis hier soir (2), à la fin du stage, une association est née, elle porte le nom de CPO, Centre Photographique de Ouagadougou. Elle vise à centraliser les activités autour de la formation en photographie, de soutenir un projet de collectif des photographes d’Afrique de l’Ouest (un bel échantillonnage était présent à ce stage), d’être la base de projets pouvant êtres présentés aux Rencontres de Bamako.
Quel bilan tirez-vous de cette expérience ?
Un excellent bilan, le deuxième atelier international a fixé des projets entamés en 2007, lors du premier atelier international à Bamako.
L’importante médiatisation a permis de crédibiliser le projet.
Nous avons entamé un partenariat avec le CPO et avons commencé un soutien logistique et un feed-back créatif.
Le photographe burkinabè Warren Sare a fait preuve d’un grand sérieux par rapport à l’organisation sur place et au soutien logistique.
Le livre numérique du stage, avec les quinze travaux, et des extraits de presse locale seront bientôt présentés en ligne, sur le site de l’Atelier Contraste.

1. La liste des photographes ayant participé à ce stage : Germain Kiemtore (Burkina), Djibo Koudize (Niger), Macline Hien (Côte d’Ivoire), Fatoumata Diabaté (Mali), Folly Koumougan (Togo), Jean Rivel Fondjo (Ghana), Warren Sare (Burkina), Damien Halleux (Belgique), Cindy Hannard (Belgique), Nancy Deboutez (Belgique), Adèle Oueraougo (Burkina), Karine Ulmer (Allemagne), Anne Dary (France), Marie Kroll (Belgique), Candice Founladé Lohougue (Bénin)
2. Le 29 novembre 2010
Novembre 2010///Article N° : 9831

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Les images de l'article
Portraits © Candide Lohougue (Bénin)
L'étude © Damien Halleux (Belgique)
Warren Sare, co-organisateur de l'atelier
Moment de sélection avec Malick Sidibé
Les casseurs de pierre. © Djibo Koudize (Niger)
Portraits de cinéastes. © Fatoumata Diabaté (Mali)
Élections © Nancy Deboutez (Belgique)
Conférence de presse avec Nicolas Van Brande, Malick Sidibe et Warren Saré, organisateurs des rencontres.
Abattoirs © Macline Hien (Côte d'Ivoire)




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