Sur la voix de James Germain

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Le chanteur James Germain se produira en décembre à Paris pendant l’exposition Haïti au Grand Palais. Il y présentera son dernier-né Morceaux de choix. Retour sur le parcours de l’artiste de Port-au-Prince à Paris en passant par Bamako.

Avec sa voix puissante qui part parfois dans les suraigus, James Germain marque à jamais le répertoire musical mondial de son empreinte. Quitte à la faire vibrer de tristesse dans la chanson « Peyi A », où il évoque le dénuement de la population haïtienne. Ce titre figure dans le dernier album de James Morceaux de choix, sorti en juin dernier. Un album aux couleurs caribéennes avec notammentle standard du guitariste classique haïtien Frantz Casséus « Mési bon dié » interprété avec l’orchestre martiniquais Malavoi, la « Complainte paysanne » de Raoul Guillaume mais aussi « Haiti chérie » en duo avec la Guadeloupéenne Stevy Mahy.
Entre gospel et vaudou
Issu de Saint-Antoine, un quartier populaire de Port-au-Prince, James Germain a très vite pris la voie céleste du chant : « Quand j’étais petit mes parents racontaient des histoires. Je prêtais toujours attention à la partie chantée. » Haïti offre au jeune James une pluralité musicale et spirituelle. Le gospel d’abord, « très présent en Haïti à cause des missionnaires venus pendant l’occupation américaine. J’ai grandi entre les tambours, les rythmes Rara et l’Église. Ce mélange est l’essence de mon travail. À Pâques tous les week-ends il y avait une « bande à pied » (1) qui sillonnait les rues. Je me fondais dans le groupe et parfois on allait loin dans la transe ! » Ce benjamin d’une famille de six enfants a aussi baigné dans les sonorités plus modernes du kompa et étudié les opéras baroques de Monteverdi à l’académie Promusica de Port-au-Prince.
Kréol Mandingue
À 19 ans, en 1989, James débarque à Paris, y apprend le jazz, fait le conservatoire, et enregistre un premier disque, Carrefour minuit, avec des musiciens antillais. En 1995, lors d’un concert du chanteur Beethova Obas il est pris sous l’aile du producteur Eric Basset. L’album Marronage en découle en 1998. Une de ses plus belles aventures naît avec la chorégraphe haïtienne installée au Mali, Kettly Noël, qui lui propose le spectacle de danse contemporaine Chez Rosette : « C’est à travers cette expérience que j’ai eu envie d’habiter là-bas pendant trois ans. La musique malienne m’a envoûtée ». En ressort le beau disque Kreol mandingue en 2010. James a aussi été marqué par sa rencontre avec Salif Keita : « Je suis très fier parce qu’il mène un combat extraordinaire pour montrer que le fait d’être albinos et soi-disant différent des autres n’empêche pas d’être humain comme tout le monde ! » Et pour entendre la voix de James Germain délivrer son message d’humanité le mieux est d’aller le voir sur scène au Grand Palais ! « Comme on dit chez nous : « nou tout sé un sèl ! »

Article initialement paru dans le numéro Afriscope 38, magazine interculturel gratuit d’Africultures

(1) Fanfare de rue où la foule se mêle aux musiciens.En savoir plus sur le site de Tamise, l’association d’Émeline Michel dont James Germain fait partie:
www.tamise.org/artistes/james-germain/biographie

En concert le 6 décembre 2014 à l’auditorium du Grand Palais à l’occasion de l’exposition Haïti.

James chante James
À l’issue d’une résidence de création en Martinique, le chanteur James Germain s’est associé avec son compatriote poète James Noël pour inventer le spectacle James chante James avec sur scènes les musiciens José Marie-Rose (basse), Marco Quesada (guitare) et (sous réserve) Nicolas Repac A découvrir le vendredi 21 novembre, à 21h à la Maison de la poésie. Passage Molière. 157, rue Saint Martin, Paris 3e. Plus d’infos : www.maisondelapoesieparis.com. 01 44 54 53 00///Article N° : 12539

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© Rebecca Marival
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