Undercover Brother

De Malcolm D. Lee

Austin Black Power
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Le charme, le look, la voiture à gadget et la mission impossible, ça vous fait penser à quelqu’un ? Oubliez le double zéro, Undercover Brother a pris la relève. Il travaille pour la B.R.O.T.H.E.R.H.O.O.D., organisation secrète qui se bat contre la machine infernale mise en place par l’homme blanc pour empêcher les Noirs de réussir dans la vie. The Man – l’expression générique est personnifiée par un gros vilain pas beau – a kidnappé le Général Boutwell, futur candidat à la présidence, et lui a administré une drogue qui le transforme en véritable pantin. Il abandonne la course pour lancer une campagne nationale de vente de poulet frit, disséminant la drogue au reste de la population noire américaine. Undercover Brother ne peut découvrir l’affaire qu’en infiltrant les rangs de l’ennemi. Pour se faire, il adopte l’identité de Anton Jackson. Le cool de Undercover Brother n’a d’égal que la rigidité de Anton qui perd 30 centimètres d’épaisseur de cheveux, 10 centimètres de semelles compensées, range sa Cadillac au garage et échange ses chemises à fleur contre des polos Lacoste. The Man ne lui épargne rien, puisqu’il lance même contre lui le  » kryptonite de l’homme noir  » : une top model blanche. Anton ne résiste pas, remplace la sauce piquante de ses sandwiches par de la mayonnaise, et si ce n’était l’intervention de sa charmante collaboratrice Sistah Girl, il se ferait manger tout cru par White-She-Devil et les forces du mal qu’elle représente.
Undercover Brother est une parodie des films d’agent secret, qu’il s’agisse des James Bond ou de Cleopatra Jones, et en fait des films de la Blaxploitation avec leurs héros super cool, coiffés afro et maîtres de Kung Fu. C’est en fait un véritable hommage à un genre longtemps dénigré, parce que trop violent, trop vulgaire, trop série B, et qui, parole de Jackie Brown, n’a pas fini de revenir en vogue. L’humour joue magistralement de cette nostalgie tout en se moquant constamment des stéréotypes qu’elle véhicule. Entre Conspiracy Brother qui voit des complots partout, Smart Brother qui relie le dictionnaire pour en corriger les fautes, et Feathers, l’homme de main de The Man, qui malgré sa mission anti-Noirs ne peut s’empêcher d’adopter la panoplie culturelle afro-américaine, Undercover Brother réussit véritablement à nous faire rire de notre propre bêtise, plutôt que de celle des autres.

Undercover Brother (2002). Réalisé par Malcolm D. Lee. Avec Eddie Griffin (Undercover Brother), Aunjanue Ellis (Sistah Girl), Dave Chappelle (Conspiracy Brother), Chris Katan (Feathers), Denise Richards (White She Devil), Billy Dee Williams (General Boutwell). Une production Universal Pictures.///Article N° : 2886

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