Beur is not beautiful ?

En musique, comme en littérature, l’adjectif « beur » s’accole aux artistes du jour et des lendemains de la Marche pour l’égalité et contre le racisme. Visant pour certains une reconnaissance fédératrice dans une singularité, il fait très vite office de case, renouvelant des préjugés antirépublicains, sur fond d’essentialisation. Certains artistes en jouent, d’autres le contournent et le récusent. Retour en musique.

LA BEUR ATTITUDE, concept émergeant de cette marche des 100 000 pas, a pu se distinguer, non sans mal, à ses débuts, dans le figé du paysage culturel français. Face aux pratiques existantes, aux acquis d’une époque, à une tradition vivante mais frileuse, dès lors qu’il s’agit de se frotter à une altérité agissante, les beurs ont pu dérouter, émerveiller, court-circuiter des manières d’être, des manières de faire, en art et en littérature. Ils ont pu créer l’événement, en librairie, au cinéma, au théâtre, sur les scènes de Paris et de Navarre. Entre le désir de figurer le feu des origines et le besoin d’affirmer son plein ancrage dans le pays d’adoption des parents, s’est installé, au fil du temps, une forme de buzz, attisant la curiosité des producteurs les plus curieux. Exotisme et branchitude nourriront le phénomène en profondeur. Il faut dire que l’appellation « beur », mise entre guillemets, au début des années quatre-vingt-dix, par ceux-là mêmes qui s’en réclamaient (1), une décennie plutôt, a tiré son succès de l&rsq...

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