Combats pour demain

Même si cela commence à faire bondir de jeunes écrivains africains qui rejettent à juste titre le culte de la différence, la littérature négro-africaine se présente à son origine, pour reprendre l’expression de Bernard Mouralis, comme une contre-littérature. Contrairement à ce qui est admis, cette littérature n’est pas au prime abord la dénonciation de la violence coloniale ; elle est avant tout la réappropriation d’un espace que l’exotisme et les récits de voyageurs ont longtemps identifié à l’enfer. A ce titre, la littérature négro-africaine est une littérature de refus. Refus de l’exotisme. Refus d’être éternellement regardé sans regarder à son tour. Refus d’une certaine langue prête à écrire véhiculée par l’institution scolaire (Césaire, Ouologuem, Kourouma, etc.). On est donc face à une littérature résolument moderne au sens où l’entend Octavio Paz, c’est-à-dire une littérature extrêmement critique. Critique à l’égard de la société dans laquelle vit l’écrivain, critique du langage qui devient à son tour création de langage. A l’instar de cette littérature dite “majeure” qui a acquis ses lettres noblesse, la littérature de jeunesse commence à s’affirmer. Sur le plan éditorial, on note l’émergence de plusieurs maisons d’éditions locales : Editions Gandal en Guinée, Ruisseau d’Afrique au Bénin, Le Figuier au Mali, etc.. Du point de vue quantitatif, une étude de la revue Takam Tikou, le bulletin de La Joie par les liv...

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