D’Haïti au Sénégal, la remontée du fleuve

De Port-au-Prince à Dakar, que de chemin parcouru ! Témoignage émouvant de deux rêveurs…

La terre mon ami C’est un petit village A deux mille ans d’ici Deux mille ou davantage On s’admire dans les yeux On s’aime dans les mains Tout le monde est heureux On y va Quand Demain.

On nous demande – et par de bien charmants émissaires auxquels on aimerait tant faire plaisir – un texte, ” comme un journal à quatre mains, comme une partition, en vous posant des questions l’un l’autre “. Voilà un joli programme qui demanderait du temps, et que j’aurais aimé pouvoir réaliser jusqu’au bout, avec l’homme qui vit à mes côtés (et moi à ses côtés), depuis près de cinquante-et-un ans. C’est vrai que nous la jouons, cette partition, depuis toutes ces années- un air triste, un air gai comme dans Cyrano -, selon le vent qui nous pousse, le carrefour où la vie nous largue, le mot à trouver, le pas à danser, et maintenant que nos jambes ne peuvent plus danser, que nous sommes à calculer, comme faisait Aragon, ce que revenir nous permet, ce regard par-dessus l’épaule que vous demandez nous semble un peu, si elles n’obéissaient pas seulement à l’instinct, ce que serait le jeu de ces colonies de saumons remontant le cours du fleuve, pour y laisser, nous, le frais de notre expérience, et, si Dieu le veut, sans mourir. Il se trouve malheureusement que, depuis deux semaines, mon Lucien est engagé dans un processus (d’ordre professionnel) qui lui bouffe ses journées et ne lui permet pas de penser à a...

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