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Maghreb des films – Harkis..?
Sur une semaine, du mercredi 8 au mardi 14 juin, chaque soir un film, consacré aux Harkis

Français

Le Maghreb des films & Harkis droits de l’homme

présentent

sur une semaine, chaque soir, un film, fiction ou documentaire, consacré aux Harkis


Du mercredi 8 au mardi 14 juin à 20h45

à Paris, cinéma Les 3 Luxembourg
(67, rue Monsieur le Prince 75006)

Chacune des projections sera suivie d’un débat avec la participation de nombreux intervenants (modérateurs : Fatima Besnaci-Lancou et Mouloud Mimoun).

Il est conseillé de réserver sa place par mail à l’adresse suivante [email protected] en indiquant le ou les jour(s) choisis

L’historienne Valérie Morin analyse la filmographie française actuelle concernant notre sujet : « …il est possible de dégager plusieurs visions des harkis. Tout d’abord, celle de leur présence dans l’armée française. Comment et pourquoi les militaires les ont utilisés ? Quelles étaient leurs fonctions au sein de l’armée ? Quelle image véhiculent-ils ? Au regard des portraits de ces hommes, les réalisateurs ont visiblement cherché à présenter, à expliquer les motivations qui les avaient conduit dans le camp français. Il est à noter l’effort fait pour essayer de montrer la complexité des situations, pour sortir des clichés et des stéréotypes, pourtant fréquents sur cette population. En ce sens, ils font appels aux dernières recherches scientifiques sur ces hommes, notamment grâce aux derniers ouvrages ou colloques qui tentent de déconstruire les images d’un groupe trop longtemps vu comme uniforme et homogène. Néanmoins, l’image de ces hommes, brisés par la guerre mais aussi par leurs choix, est bien présente à travers tous les films. A chaque fois, l’inextricable situation dans laquelle ils se retrouvent est mise en avant, que ce soit pendant ou après la guerre… ».


Au programme :
La Blessure, la tragédie des harkis de Isabelle Clarke et Daniel Costelle
Les Jardiniers de la rue des Martyrs de Leïla Habchi et Benoît Prin
Les Amandiers de l’histoire de Jaco Bidermann et Valentin Lagard
Passé sous silence de Sofia Saa
Le Choix de mon père de Rabah Zanoun
La Harka de José Jornet et Alain De Brock
Des pleins de vide de Nicolas Strauss
Harkis de Alain Tasma
L’Adieu de François Luciani


Pour en savoir plus (résumé des films, horaire des projections, filmographie des réalisateurs, intervenants dans les débats, etc.), allez sur le site Internet : http://maghrebdesfilms.fr/Harkis,336


Une semaine de cinéma du 8 au 14 juin composée de fictions et de documentaires

Maghreb des films spécial « Harkis », du 8 au 14 juin 2011, en partenariat avec l’association « Harkis et droits de l’Homme (AHDH) »

Les trois Luxembourg – 67 rue Monsieur-le-Prince à Paris

Qui sont les harkis ?

Pendant la guerre d’Algérie, de 1954 à 1962, ils furent supplétifs de l’armée française. Aujourd’hui, en France, ils forment un groupe social qui comprend les anciens harkis et leurs familles. Dans la mémoire collective en France, le mot « harki » évoque la fin de la guerre d’Algérie avec l’abandon, les massacres, les camps en France, la révolte de leurs enfants et leur demande incessante pour la reconnaissance par l’État français de sa responsabilité dans l’abandon de leur père en 1962, qui a eu pour conséquence une tragédie, aujourd’hui bien connue. À l’approche du 50e anniversaire de leur arrivée en France, le Maghreb des films, en partenariat avec l’AHDH, leur consacre une semaine de cinéma de fictions et de documentaires.
L’historienne Valérie Morin analyse la filmographie française actuelle, concernant notre sujet : « …il est possible de dégager plusieurs visions des harkis. Tout d’abord, celle de leur présence dans l’armée française. Comment et pourquoi les militaires les ont utilisés ? Quelles étaient leurs fonctions au sein de l’armée ? Quelle image véhiculent-ils ? Au regard des portraits de ces hommes, les réalisateurs ont visiblement cherché à présenter, à expliquer les motivations qui les avaient conduit dans le camp français. Il est à noter l’effort fait pour essayer de montrer la complexité des situations, pour sortir des clichés et des stéréotypes, pourtant fréquents sur cette population. En ce sens, ils font appels aux dernières recherches scientifiques sur ces hommes, notamment grâce aux derniers ouvrages ou colloques qui tentent de déconstruire les images d’un groupe trop longtemps vu comme uniforme et homogène. Néanmoins, l’image de ces hommes, brisés par la guerre mais aussi par leurs choix, est bien présente à travers tous les films. A chaque fois, l’inextricable situation dans laquelle ils se retrouvent est mise en avant, que ce soit pendant ou après la guerre… ».

Cette initiative cinématographique sans précédent contribuera-t-elle à changer certains regards réducteurs sur ce qu’est un « harki » ? Gageons qu’en en débattant tous les soirs pendant une semaine, nous arriverons à faire bouger, très modestement, le curseur !
Fatima Besnaci-Lancou, présidente de Harkis et droits de l’homme

Quand les Harkis investissent l’univers des images

Longtemps négligée par le monde des images, rarement évoquée par des témoignages littéraires, la question des Harkis a subitement connu au cours des années 2000 un intérêt croissant, et ce, aussi bien dans l’opinion publique que dans la création audiovisuelle. Cette embellie n’est pas sans rapport avec la montée en puissance de l’association « Harkis et droits de l’homme » initiée par la personnalité pugnace et clairvoyante de Fatima Besnaci-Lancou, elle-même auteur de plusieurs ouvrages publiés. Qu’il s’agisse de la fiction (L’Adieu ou Harkis), qu’il s’agisse du documentaire (le remarquable La Blessure, la tragédie des harkis, La Harka ou Les Jardiniers de la rue des Martyrs) on observe désormais une approche à la fois pertinente et diversifiée de la problématique « Harkis », en résonance avec une complexité de plus en plus analysée, d’autant que journalistes, documentaristes ou historiens sont de plus en plus nombreux à extraire de l’oubli et de l’occultation l’une des pages à la fois sombre et annexe d’une guerre d’Algérie qui, un demi-siècle après sa fin, continue à « travailler » en profondeur l’imaginaire collectif de la société française.
Mouloud Mimoun

La programmation

Chaque soir un film, fiction ou documentaire, et un débat (modérateurs des débats : Fatima Besnaci-Lancou et Mouloud Mimoun).

Ouverture le mercredi 8 juin, à 20h45,
avec La Blessure, la tragédie des harkis de Isabelle Clarke et Daniel Costelle
France / 90’/ 2010

Débat : « Enrôlement des mineurs » & « Plusieurs raisons d’engagements en présence de Messaoud Kafi

C’est l’histoire encore brûlante des 200 000 harkis – « les supplétifs musulmans » – recrutés par l’armée française durant la guerre d’Algérie (1954-1962). Pour quelles raisons ont-ils rejoint l’armée française ? Pourquoi plusieurs dizaines de milliers de harkis ont-ils été massacrés après l’indépendance de l’Algérie ? Pourquoi le gouvernement français les a-t-il désarmés et abandonnés ? Pourquoi seulement 50 000 à 60 000 ex-harkis ont-ils été rapatriés en France avec leur famille ? Pourquoi ont-ils été placés pour la plupart dans des camps de triste mémoire comme Rivesaltes, rendant leur intégration difficile ?

Jeudi 9 juin, à 20h 45, Les Jardiniers de la rue des Martyrs de Leïla Habchi et Benoît Prin et Les Amandiers de l’histoire de Jaco Bidermann et Valentin Lagard
Les Jardiniers de la rue des Martyrs de Leïla Habchi et Benoît Prin
France / 50’/ 2003

Débat : « Cohabitation entre anciens militants FLN et anciens Harkis » en présence de Leïla Habchi et Benoît Prin

Près de 40 ans après la fin de la guerre d’Algérie, dans un jardin ouvrier du Nord de la France à Tourcoing, des retraités français et algériens cultivent côte à côte leur petit bout de terre. Certains étaient appelés du contingent pendant la guerre d’Algérie, d’autres militants du FLN ou bien harkis. Autour du potager, les ennemis d’hier se réconcilient…
– Les Amandiers de l’histoire de Jaco Bidermann et Valentin Lagard
France / 65’/ 2004

Débat : « L’armée et les supplétifs » & « Révolte de la deuxième génération » en présence de Valentin Lagard

Quarante ans après le rapatriement d’une communauté harkie dans un village de la basse Ardèche, Largentière, les survivants décident d’en célébrer l’anniversaire. Militaires et harkis préparent la fête, se replongent dans leurs souvenirs. Les enfants et les petits-enfants, victimes d’une histoire qu’ils n’ont pas vécue, reviennent sur l’engagement de leurs pères et réagissent à l’événement.

Vendredi 10 juin, à 20h45, Passé sous silence de Sofia Saa et Le Choix de mon père de Rabah Zanoun
France / 52’/ 2008
Passé sous silence de Sofia Saa
France / 26’/ 2001

Débat : « L’ambiguïté cultivée par l’état français » & « Identité » en présence de Sofia Saa

Troublé par un courrier du gouvernement français lui demandant dans quel pays il souhaite effectuer son service militaire, un jeune Français né en Allemagne part à la recherche de son identité à travers l’histoire de son père harki. De Rivesaltes où il découvrit la France aux quartiers défavorisés du Nord du pays.


Le Choix de mon père de Rabah Zanoun
France / 52’/ 2008

Débat : « Guerre des cafés à Paris » & « Le refoulement d’Algérie, actuellement » en présence de Rabah Zanoun et Abderrahmane Moumen

Le 13 juillet 1959, un sympathisant du FLN refuse d’assassiner un membre du MNA (Mouvement National Algérien). Par peur de représailles et se sachant condamné à mort par le FLN, cet homme trouve protection auprès des autorités françaises et s’engage officiellement comme harki. Ce n’est pas le début d’une fiction, mais l’histoire du père de Rabah Zanoun. Aujourd’hui, il a pris conscience du drame inavoué que son père a vécu. Déraciné, humilié, bafoué, celui-ci n’avait jamais parlé. Ensemble, ils décident de partir en quête du passé, sur les routes de Lorraine et de Kabylie, pour comprendre son histoire et enfin donner la parole à un harki. Loin des films d’enquêtes ou d’investigation historique, ce documentaire se veut une lecture intime du destin d’un homme…

Samedi 11 juin, à 20h45, La Harka de José Jornet et Alain De Brock et Des pleins de vide de Nicolas Strauss
La Harka de José Jornet et Alain De Brock
France / 28′ / 1986

Débat « Abandon des jeunes en France » en présence de José Jornet

Ahmed a vingt ans, il est français musulman comme on dit, fils de harki. Pas facile pour un français bronzé de trouver du travail et l’amour. Ahmed s’accroche, l’humour en plus, mais dans les cités banlieues-béton, la tragédie n’est pas loin… La harka en arabe, ça veut dire « insurrection ».
Des pleins de vide de Nicolas Strauss
France / 60′ / 2005

Débat en présence de Fatiha Mellal

Le voyage initiatique de Fatiha, Malika et Larbi Mellal, sur les traces de leurs parents débarqués presque quarante ans plus tôt en France et résidant aujourd’hui à Flers en Normandie. Monsieur Ahmed Mellal, leur père, était pendant la guerre d’Algérie « engagé » dans les forces supplétives françaises, et était ce que l’histoire a appelé un harki.
Tous les trois vont au fil de leurs rencontres et de leurs déplacements, se rapprocher progressivement de l’histoire de leurs parents exilés, déracinés et pris en otage par une histoire officielle et falsifiée.

Dimanche 12 juin, à 20h45, Harkis de Alain Tasma
France / 90’/ 2006

Débat : « Gestion coloniale des camps en France » Kader Tamazount, cofondateur de l’Association Culturelle des Harkis-IDF.

1972, Le sud de la France, en pleine forêt, une famille aux maigres bagages découvre le nouveau camp où elle va vivre. Malgré le paternalisme affiché du chef de camps, les harkis ont la vie dure et aucune liberté réelle.
Une vie de misère et de tutelle que Leila, la fille aînée des Benamar refuse. Elle a l’âge de la révolte, celles du premier amour aussi. Pour elle, son père, marqué par la guerre et l’exil, habitué à plier, ne doit rien aux Français qui ne les ont pas protégés en Algérie. Grâce à elle, à l’aide d’un couple de paysans, il relèvera la tête, et les Benamar quitteront le camp pour une ferme voisine.

Lundi 13 juin L’Adieu 1ère partie et mardi 14 juin, à 20h45, L’Adieu 2ème partie de François Luciani
France / 2 x 90’/ 2003

Débat : « L’abandon par l’état français », en présence de Gilles Manceron

Du sang versé au sang mêlé. La guerre d’Algérie vécue par un jeune soldat français, Laurent Luissac, mobilisé en Algérie de 1960 à 1962. Le témoignage brûlant d’un appelé qui passe du paradis à l’enfer dans une Algérie déchirée. Appelés, harkis, pieds-noirs, nationalistes algériens, autant d’hommes et de femmes aux prises avec l’histoire dans une fresque haletante.

Colloque : « Lieux d’internement, lieux de mémoire »
Le 8 juin 2011 de 9H15 à 18H

Auditorium de l’Hôtel de Ville
5,rue Lobau – 75004 Paris
Métro : Hôtel de ville

Journée organisée par la Ville de Paris et l’association harkis et droits de l’Homme.
www.harki.net
06 68 00 61 34

LE COLLOQUE
Le 12 novembre 1938, sous la Troisième République, un décret permit l’internement des « étrangers indésirables » dans des « centres spécialisés ». Contrairement à la procédure « judico-policière » traditionnelle, l’internement administratif vise des personnes non pour ce qu’elles ont fait (ou sont présumées avoir fait) mais pour le danger potentiel qu’elles représentent aux yeux de l’Etat du seul fait de leur présence sur le sol français.
En 1938, elle vise principalement les réfugiés espagnols…
Depuis, d’autres groupes sociaux ont été internés ou « accueillis » dans ces « centres » qui ne sont rien d’autre que des camps.



PARTICIPANTS DU COLLOQUE
* Pierre Daum, journaliste, auteur du livre : « Immigrés de force : les travailleurs indochinois en France, 1939-1952 » aux éditions Actes Sud
* Geneviève Jacques, ancienne secrétaire générale de la CIMADE
* José Jornet, cinéaste et auteur du livre « Républicains espagnols en Midi-Pyrénées : Exil, histoire et mémoire » aux éditions Toulouse PU Mirail
* Abderrahmane Moumen, historien chercheur associé au CHRiSM (Centre de Recherche Historique sur les Sociétés Méditerranéennes, Perpignan)
* Denis Peschanski, historien, directeur de recherche au CNRS, président du conseil scientifique du Musée-Mémorial du Camp de Rivesaltes (projet)
* Marianne Petit, directrice du projet Mémorial du camp de Rivesaltes
* Dominique Rolland, maître de conférences à l’INALCO
* Modérateur : Gilles Manceron, historien