« Faux et usage de faux »

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Au milieu des années 1980, déjà, les vols au Musée d’Art africain de l’IFAN-CAD étaient devenus un secret de polichinelle. Rumeurs et anecdotes les plus folles couraient même hors du musée. Le directeur de l’IFAN-CAD sollicita alors l’expertise d’un ethnologue belge de la section ethnologie du Musée royal de l’Afrique Centrale de Tervuren (MRAC), Albert Masen, qui avait déjà effectué l’année précédente (1988) une mission à l’IFAN-CAD, afin de contrôler l’authenticité des objets exposés dans les différentes salles du Musée. Après plusieurs mois d’investigations et de recherches méticuleuses (1), il a déposé son rapport.
Ses principaux résultats, communiqués et connus alors de tous les personnels de l’Institut, sont les suivants. Un tiers des objets exposés étaient des faux – des imitations -, les objets authentiques avaient été subtilisés ou dérobés et, à leur place, les auteurs de ces vols avaient fait faire des copies par les faussaires lawbé installés sur l’avenue Pompidou, la rue Mohamed V et ses environs et le village artisanal de Soumbedioune, à Dakar. Un autre tiers des objets exposés étaient des coquilles vides : ceux-ci ayant été mangés de l’intérieur par les insectes et les termites, il ne restait que la coque ou la carapace extérieure. Enfin, un dernier tiers seulement des objets exposés étaient authentiques. Après ce rapport et le scandale qu’il avait suscité, une seule mesure a été prise : la salle principale d’exposition du rez-de-chaussée (la plus vaste) a été vidée afin que l’exposition soit renouvelée.

1. Tous ceux qui ont approché et connu Albert Masen savent à quel point ce chercheur était rigoureux et intransigeant ; nous avons effectué un stage pendant deux ans (1988-1989 et 1989-1990) auprès de lui et de sa collègue Huguette Vangueluve au MRAC.///Article N° : 6748

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