Histoire de la BD au Tchad

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Christophe Cassiau-Haurie nous présente une brève histoire de la bande dessinée au Tchad. Une histoire marquée notamment par l’exil d’un certain nombre d’auteurs empêchés par le contexte politique autoritaire.

L’histoire de la BD au Tchad commence en 1991, avec la sortie de la première revue pour la jeunesse du pays à accueillir des planches : Sahibi. Ce journal dont le nom signifiait « mon ami » en arabe tchadien, était né d’une rencontre entre Jean Louis Saint-Dizier, coopérant français, et Khayar Oumar Defallah, futur directeur de publication et à l’époque directeur de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales.

Les objectifs en étaient :

-Éviter le retour à l’analphabétisme, fournir à la jeunesse un outil de lecture adapté, clair, rédigé en français fondamental.

-Mettre en valeur le côté exemplaire des actions constructives accomplies par des jeunes ou des mouvements de jeunes tchadiens

-Procurer, sous une forme attractive, des éléments d’information sur la culture tchadienne, la santé, le code de la route, les techniques agricoles, l’histoire et la géographie du pays etc.

-Permettre aux jeunes poètes, écrivains et dessinateurs tchadiens de se faire connaître.

Sahibi n°1 paraît en avril 1991. On y trouve des reportages et enquêtes et le lancement d’un concours pour lequel la récompense est un séjour en France. Ce sera le contenu type des cinq premiers numéros assez généralistes, avec des textes et des poésies de jeunes qui envoient un abondant courrier. Peu de bandes dessinées, si ce n’est quelques-unes recyclées. Ce trimestriel en noir et blanc (la couleur sera introduite pour la couverture à partir du numéro 10) était tiré à l’Imprimerie Nationale puis à l’Imprimerie Scolaire. De 24 pages à ses débuts, Sahibi passera à 40 pages à partir du n°9 puis 64 pages pour le n°15. Ces 3000 exemplaires étaient distribués dans les établissements scolaires publics et privés, les Maisons de la Culture, le Réseau de Lecture Publique. La vente (deux points de vente à N’Ndjamena) était marginale.

Un peu après la sortie du premier numéro de Sahibi, est créée l’association ABC (Atelier Bulles du Chari) par Gérard Leclaire, architecte français et dessinateur de BD (La famille Freudipe) installé à N’djamena[1]. L’Atelier Bulles du Chari permit de réunir bien des jeunes auteurs en herbe et de faire émerger des talents et des œuvres. Adji Moussa, Adjim Danngar, Issaka Sou Abakar en sont issus. À compter du n°6, ces jeunes artistes issus de l’ABC commencent à produire des planches pour Sahibi et réfléchissent à des récits possibles. Les thèmes abordés seront les suivants : La Santé au Tchad (n°6), Jeunes, Ville, Emploi (n°7), Femmes tchadiennes (n°8), Arts et Loisirs (n°9), la jeune littérature tchadienne (n°10), Histoires du Tchad (n°11), Spécial détente (n°12), Histoires du Tchad (suite) (n°13), Le mariage au Tchad (n°14 et 15)… Chaque page de BD publiée est payée 5000 FCFA[2]. Il n’y aura pas de numéro 16, du fait de l’arrêt du financement de la coopération française et suite au départ de Jean Louis Saint-Dizier.

Plusieurs dessinateurs font leur début dans le journal comme Saleh Younes Abbas ou le musicien Doungous Degospa (né en 1978) qui s’est formé au Bureau d’Appui pédagogique. Darnace Ramadan dessine quelques planches de BD, avec son frère Noah dès le n° 3 (Zoulou, Les cinq aventuriers). Gamet Guelnon y dessine la série Dom dès le n° 3, Auguste de Kouble (Koublengar Djiadenodji, né en 1976) débute avec une série, Absala, surnommée par les lecteurs, le « Tintin tchadien« . Enfin, Florent Robdoum produit des séries (Keurbo) et planches (Les rapaces). Malgré la fin de Sahibi, l’ABC continue ses activités, assurant la promotion des jeunes, leur formation continue et la production de travaux de BD.

©charibd

En 1996, l’ABC lance l’unique numéro de la revue Chari BD avec des histoires des membres de l’association : Abakar Issaka Sou (Abou) avec Ramzi, les sales notes et Tingou, Abbas Saleh Younes avec Zoulou, le héros, Sammy Daïna (né en 1982) avec Dent pour dent et Anazé, jamais 2 sans 3, Adji Moussa avec Jamais sans capote, Darnace Ramadan avec Ambartabay. Cette même année verra l’apparition du premier journal pour la jeunesse, Rafigui, « Journal des jeunes francophones au Tchad« . Magazine culturel et socio-éducatif conçu par les jeunes et pour les jeunes, le journal avait des rubriques variées, dont des planches de BD. Il durera une dizaine d’années malgré une production aléatoire. Leur site a été mis à jour jusqu’en août 2010. Formé à l’Atelier Bulles du Chari dès 1999, Adjim Danngar y fera ses débuts par la suite.

 

Adji Moussa est le premier à sortir son album individuel avec Les Sao

©Palabres au Tchad

En 1998 parait un album collectif, Palabres au Tchad, présentant les planches de neuf auteurs du pays dont Abou, Sakom Titimta, Saleh Younes Abbas, Gamet Guelnon (décédé en 1999) qui y dessine une histoire en 4 planches, Les hommes-lions, Darnace Ramadan (né en 1974) dessine une histoire de quatre planches, Le défi de chasseurs et enfin, Florent Robdoum (né en 1978) reprend son héros, Keurbo.  Les thèmes y sont aussi variés que la conquête de Kouka par Rabah en 1893 (un épisode se situant juste avant les débuts de la colonisation par Adji Moussa), les aventures d’Absala en mal de cause à défendre (Auguste de Kouble), les infidélités de Madji épouse d’un ancien combattant, les mariages précipités, le concubinage, la cupidité… Pour certains d’entre eux, cet album sera leur dernière incursion dans le 9ème art.

Cette même année, Adji Moussa sort le premier album individuel Tchadien de l’histoire, Les Sao qui s’inspire d’une saga inspirée de la littérature orale tchadienne qui évoque un peuple légendaire à la taille immense. La BD en noir et blanc retrace la vie de deux frères et une sœur Sao au lendemain du déluge. Les Sao, selon la tradition tchadienne qui veut que l’arche se soit arrêtée non loin du lac Tchad sont un peuple de géants : d’une main, ils peuvent barrer des rivières… En montant dans l’arche, alors que les « partisans de Noé » prennent avec eux des animaux de valeur, les trois Sao préfèrent emmener un varan qui deviendra leur génie protecteur. Les humains que les Sao rencontrent deviennent pour partie leur époux ou épouses. Malheureusement, il n’y aura pas de tome 2 et ce premier album individuel Tchadien sera aussi le dernier publié sur place.

Les auteurs commencent à se montrer à l’étranger, Adji Moussa et Sakom Titimta participent aux JABD (Journées Africaines de la bande dessinée) en 1999 au Gabon. Suite à un concours de BD, toujours organisée par la Coopération française, Auguste de Kouble est primé et participe au Festival International de BD d’Angoulême en 1998[3].

La grande épopée du Tchad ©Adji-Samy-Abou

La fondation Graphiculture Gérard Leclaire est créée en 2004. Elle aide les artistes tchadiens, dispense des cours de dessin d’Art et de BD, édite des ouvrages de bandes dessinées et organise différentes activités dans le domaine artistique (exposition, etc.). L’association publie en 2005 un album collectif, La Grande Épopée du Tchad, ouvrage retraçant la conquête coloniale du pays. Adji Moussa, Abou et Samy Daïna participent à l’aventure. L’album est financé par les Brasseries du Tchad. Il est question ici d’une épopée historique riche en rebondissements qui présente les aventures extraordinaires des trois « Missions Afrique Centrale » organisées par la France pour vaincre Rabah, sultan du Bornou esclavagiste et sanguinaire, et construire un empire colonial en Afrique. Les pages de garde montrent les itinéraires de ces trois missions parties respectivement du Nord à Alger (mission Fourreau-Lamy), de l’Ouest au Sénégal (mission Voulet-Chanoine[4], puis Joalland-Meynier) et du Sud par le Chari à bord de la canonnière Léon Blot. La lecture de l’ensemble de l’album crée un certain malaise car il magnifie singulièrement « l’épopée coloniale » en butte à des sauvages.

Cependant, du fait du manque de perspective professionnelle, la dynamique s’essouffle peu à peu, hormis la réalisation d’albums de sensibilisation comme ceux qu’Adji Moussa a réalisé sur divers sujets, entre autres La Borne fontaine (BD de 10 pages avec Igip/Stee, 1997), Boltou et les jeunes vendeurs d’eau (BD de 12 pages avec Igip/Stee, 1997), L’usine à engrais de Paul (BD de 10 pages avec l’Inades-Formation, 1998).

Comme beaucoup d’autres dessinateurs, il a également illustré de nombreuses campagnes de publicité, des manuels didactiques, des calendriers et réalisé des livres pour la jeunesse comme Louba le petit footballeur (1999) et Lazonie, la petite ménagère en 2000 (les deux pour Edicef, collection Caméléon vert). D’autres touchent à tous les métiers comme Paulin Preston Ndinga (Paulin Ngarassoum, né en 1982) qui fut président de l’ABC entre 2002 et 2012 et qui a aussi publié des planches de BD dans plusieurs revues comme le journal de son lycée, le magazine Tchad et culture… Diplômé en journalisme et en infographie et également photographe Paulin Preston Ndinga est actuellement producteur d’émissions culturelles et manager d’un studio de production audio, graphique et audiovisuelle.

Le dessin de presse et la caricature deviennent les principaux débouchés pour les dessinateurs. C’est le cas de Christian Mbaïré Reoumbaye (né en 1983) qui a dessiné des planches et des caricatures dans plusieurs journaux du pays comme Le miroir, Chroniques, Dakouna, Notre temps, Rafigui, Abba Garde, Wakit tamma. Adji Moussa est également devenu caricaturiste pour le quotidien Le Progrès et dessinateur de presse pour le mensuel Tchad et Culture, Amigest… En 2003, il fonde le journal satirique Le Miroir (qui deviendra Miroir’Tchad par la suite), premier du genre dans le pays, et en devient le rédacteur en chef jusqu’en 2008, année où ce titre s’arrêtera momentanément suite à l’attaque des rebelles sur la capitale[5] avant de réapparaitre au milieu de moult difficultés jusqu’en 2013. Par la suite, il crée sa propre agence de communication, Agicom. En matière de BD, ses planches ont été publiées dans le collectif italien Matite Africaine (Lai-momo, 2002) ainsi que dans le collectif algérien La bande dessinée conte l’Afrique (Dalimen Éditions, 2009) avec l’histoire courte, Les deux héritiers.

©ana-koulou-foga

Moussa a également dessiné une série de strips durant plusieurs années au sein du Miroir : Ana-Koulou-Foga (de 2003à 2008) qui retrace les mésaventures hilarantes du sergent complètement corrompu Ana-Koulou-Foga (qui signifie en arabe tchadien « moi aussi, j’en fais partie »). Ana-Koulou-Foga symbolise l’image qu’ont bien des citoyens de ce pays du métier de policier. Souvent impitoyable envers les citoyens et lui-même victime du système, Ana-Koulou-Foga est aussi un père de famille qui fait ce qu’il peut pour s’en sortir. Par la suite, Adji Moussa publiera deux romans, DJ le clandoman (Edilivre, 2016) et DJ l’infiltré (L’harmattan Tchad, 2018)[6].

 

L’exil forcé des bédéistes tchadiens dans les années 2000

On l’a vu, les troubles qui affectent le pays ont des répercussions sur la carrière des dessinateurs. Adjim Danngar (né en 1982), dessinateur de presse depuis 2003 à l’hebdomadaire Miroir de N’djamena  doit s’exiler à Paris en novembre 2004 où il intègre l’association L’Afrique dessinée. Grâce à l’appui de Reporters sans frontière, La maison des journalistes et de l’association Main d’œuvres, il obtient le statut de réfugié politique en 2006 et choisit la voie du dessin de presse et de la caricature. Danngar participe à l’album collectif Une journée dans la vie d’un Africain d’Afrique (2007) publié par cette association ainsi qu’au projet italien New arrivals sur l’immigration en Europe (avec le mini-album The plague of kings), expose à La maison des journalistes et commente l’actualité sur https://adjimdanngar.wordpress.com/

L’année 2008 voit les rebelles pénétrer dans la capitale entraînant l’exil des bédéistes, dont beaucoup sont caricaturistes par ailleurs. Les dessinateurs de l’ABC, qui avaient créé le journal satirique Le miroir en 2003, doivent s’enfuir : au Sénégal pour Adji Moussa (qui reviendra au pays par la suite), en France pour Samy Daïna. Afin d’illustrer cette période trouble, Graphi-Culture Gérard Leclaire éditions publie en 2008 un recueil des meilleurs dessins du miroir : Demain il fera jour dans lequel on trouve les travaux d’Abou, Samy Daïna, Adji Moussa ou Djam’s. Cette année sera l’occasion de la tenue de la seule et unique édition du festival de dessins de presse de N’Djamena.

En septembre 2012, Graphiculture lance un nouveau recueil de dessins de presse sur la circulation routière au Tchad : Permis de conduire à N’Djamena avec les dessins d’une nouvelle génération d’artistes : Abdelnassir, Chrisly, Chris W., Hergo Pat[7], Kara Léonard, Massikaka, Salma Khalil. La BD disparait quasiment de l’édition et de la presse généraliste, seule la caricature perdure, comme en atteste le dessinateur P’tit Luc sur son blog, rendant compte d’un séjour sur place[8]. Même si quelques stages sont organisés ici et là[9], la dynamique en faveur du 9ème art ne repart pas. Seuls quelques contre-exemples subsistent. Il y a en particulier Blaise Belem Tompté, auteur d’une série BD pédagogique, Bobo et Noupi[10] via la start-up Ngon-Böl qu’il a créée. La série raconte l’histoire de deux enfants très curieux qui apprennent la vie via des contes et légendes de la culture africaine[11]. Blaise Tompté participera également en 2020 au lancement de l’application Kitabna (« notre livre » en arabe local) qui permet aux enfants de lire et réciter des histoires inspirées de légendes tchadiennes et pour laquelle il dessine d’autres histoires de Bobo et Noupi.

Salma Khalil, présente dans Permis de conduire à N’Djamena, a continué son parcours artistique tout en travaillant comme designer infographiste chez l’opérateur de télécoms, Tigo de 2008 à 2017. Plusieurs domaines sont concernés, dont la bande dessinée. Elle a, par exemple, dessiné Mieux vaut prévenir que guérir pour le PNUD en 2020, une BD de prévention au Coronavirus. En 2016, Salma Khalil a créé l’association Positive (il y a une page Facebook) et, durant quelques temps, a publié régulièrement des planches BD intitulées Débarquement à N’Djamena sur les péripéties de trois jeunes femmes essayant de s’intégrer dans une société tchadienne fort masculine. En matière de dessins de presse, le dessinateur le plus régulier est Djam’s, ancien de l’ABC, et auteur de la caricature systématiquement proposée en une de N’Djaména Hebdo, plus ancien titre du pays (il est né en 1989). Djam’s est également actif au Tchadinfo.com, journal en ligne où il signe ses chroniques L’œil de Djam’s, ainsi que dans l’hebdomadaire Le Pays.

Les auteurs de BD Tchadiens sont surtout visibles à l’étranger. Samy Daïna décide de s’installer en France et intègre l’association L’Afrique Dessinée avec laquelle il participe à des expositions et à des salons. En 2011, il participe au collectif Thembi et Jetje (L’Harmattan BD). Daïna a également publié dans Planète enfants dans la rubrique En ce temps-là (2 planches par numéro). Adjim Danngar est présent dans des recueils comme Dégage ! : le temps des révolutions, album collectif de dessinateurs de presse sur le printemps arabe édité aux éditions Fetjaine par l’association fondée par Plantu, Cartooning for peace (2011), L’almanach du dessin de presse (2010 et 2011) ainsi que dans plusieurs revues, journaux et sites Internet dont TV5 monde, France Info et Africultures. Il a également participé à des expositions de dessins de presse, en particulier Sudafricartoon, sur le thème de l’apartheid à Turin en 2004 où il remporte un prix. Il est également illustrateur et encadre régulièrement des ateliers. Adjim Danngar signe aussi régulièrement des histoires courtes dans des bandes dessinées collectives : Thembi et Jetje (L’Harmattan BD, 2011) et Sommets d’Afrique (L’Harmattan BD, 2013). Danngar est présent dans différents numéros de la revue camerounaise Waka waka (depuis 2012 : n°3, 4 et 6 dont il signe la couverture). Il a également participé à l’exposition Vues d’Afrique (avec l’histoire Colère sur la ville) présentée au Festival d’Angoulême en 2006. Enfin, en 2009, avec l’histoire courte Les deux copains, il intègre le collectif La bande dessinée conte l’Afrique. Ses dessins de presse sont visibles dans I have a dream, un nouveau monde se dessine, paru aux éd. Steinkis en 2013.

En 2017, il signe son premier album chez L’harmattan BD, Mamie Denis, qui rencontre un certain succès avec presque 1200 exemplaires vendus à ce jour. De décembre 2018 à octobre 2019, Adjim Danngar est en résidence à la Cité internationale de la Bande dessinée d’Angoulême dans le cadre d’un projet qui porte sur le parcours et les rêveries d’un jeune Tchadien en quête de sens dans un contexte politique violent des années 1980 à 2001. Son travail sera exposé à l’issue dans le cadre de l’exposition Cosmographies, du 30 janvier au 8 mars 2020. Comme beaucoup, le confinement viendra interrompre son évolution.

Ali N’Djekaossem Mont-Rose, après avoir fait ses débuts dans Sahibi au début des années 90, a émigré au Burkina Faso, y obtient son baccalauréat et suit tout le cursus universitaire au Département d’arts et communication de l’Université de Ouagadougou. Par la suite, il dessine pour le Journal du jeudi, pour lequel il produit des dessins de presse, des caricatures et des planches de BD ainsi que pour les bimensuels Planète jeunes et Planète enfants. Il a remporté plusieurs prix dont le logo officiel de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance du Burkina Faso, en 2010. Depuis plusieurs années, Il est infographe publicitaire pour la société Qualigraphi qu’il dirige. Florent Robdoum vit maintenant en France, en Franche Comté et dirige un centre d’animation tout en faisant encore des caricatures de temps à autres. Enfin, en 2010, Joël Alessandra sort à la Boite à bulles un carnet de voyage dans le pays intitulé Retour au Tchad, avec comme co-auteur l’écrivain Tchadien Attié Djouid Djar.

Après avoir connu un démarrage intéressant il y a environ vingt ans, la bande dessinée Tchadienne marque le pas et n’enregistre quasiment plus de publications. La situation politique du pays, en proie à une forte instabilité politique et militaire, est sans doute la cause de cette situation négative qui touche tous les secteurs économiques. L’absence de possibilité de publier et de s’exprimer librement vient accentuer ce phénomène. Comme dans beaucoup d’autres pays du continent, la BD locale ne peut alors s’exprimer qu’à l’étranger, loin du public Tchadien et en l’absence de réelle reconnaissance locale. En un sens, le 9ème art Tchadien ne se distingue guère d’autres pays francophones qui vivent la même situation.

Christophe Cassiau-Haurie

 

Remerciements à Jean Louis Saint-Dizier pour son aide.

[1] Cf. http://www.leclairegerard.com/presenta-auteur.html où Gérard Leclaire retrace son parcours et montre quelques planches réalisées au Tchad.

[2] L’aventure de Sahibi et de l’ABC est racontée en vidéo à l’occasion d’un reportage datant de 1995 : https://www.youtube.com/watch?v=aT1T-_kckRM

[3] L’année suivante, de Koubla part faire les beaux-arts en Côte d’Ivoire d’où il sort diplômé. De nos jours, Auguste de Koublé travaille comme graphiste dans la publicité au sein de sa propre agence de communication, Azimuts Créations où travaille également Sakom Timta.

[4] Mission Voulet-Chanoine dont deux albums (Le roi noir n’est pas noir en 2001 et La colonne en 2013) ont retracé le sinistre et sanglant parcours.

[5] https://www.jeuneafrique.com/142208/archives-thematique/tchad-bd-la-galaxie-adji-moussa-abdou/

[6] DJ le clandoman a également fait l’objet d’un projet BD qui n’a jamais abouti.

[7] Patrick Belngar dont on peut découvrir le blog (et des planches) sur https://hergopat.mondoblog.org/

[8] Cf. N’Djamena, par les dessinateurs tchadiens sur le blog Tongue rider – 26 janvier 2010.

[9] Par exemple, boulet en 2006 qui en rend compte dans son blog.

[10] Série qui relève plus du livre illustré cependant.

[11] Blaise Tompté évoque son engagement via un entretien, Le système éducatif tchadien a besoin d’être revu et révolutionné sur Tchadrevolution.overblog.com en 2017.


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