Images sacrées, images politiques

Entretien de Lucie Touya et Thierry William Koudedji avec Hassan Musa

Août 2005

Peintre, calligraphe, graveur, enseignant et illustrateur de livres pour enfants, l’artiste soudanais Hassan Musa se définit volontiers comme un ” faiseur d’images “. Installé dans le sud de la France, il a participé à l’exposition collective Africa Remix où deux de ses œuvres ont été présentées… et remarquées. Retour sur le parcours et le travail d’un artiste généreux et engagé.

Vous avez grandi à l’Est du Soudan et vous vivez en France depuis de nombreuses années. Comment composez-vous avec vos deux cultures en tant qu’individu et artiste ? Je ne dirais pas que j’ai deux cultures, je n’en ai qu’une ! Elle est complexe car c’est la même pour tous : il s’agit de la culture de marché, celle d’une société de consommation qui a construit ses repères dans la logique du marché capitaliste international, avec quelques éléments de la tradition méditerranéenne, chrétienne, etc. Le cliché habituel serait de dire que j’ai d’une part une culture arabo-musulmane, orientale ou africaine et de l’autre, une culture occidentale. C’est une aberration de penser les cultures ainsi car seule une culture a dominé et vampirisé toutes les autres. Elle a intégré tout le monde et toutes choses à l’intérieur de son ventre. Je fais définitivement partie de ce monde-là. Il n’y a pas d’autres mondes, pas d’autres cultures. Là-dedans, nous sommes tous partenaires et nous devons en principe être conscient de la complexité de notre culture. C̵...

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