Mama Aloko

De Jean Odoutan

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Voilà une femme d’une cinquantaine d’année, une matrone, qui tient un restaurant dans un quartier populaire de Paris, et y vend des bananes frites. Elle a un souci : le service d’hygiène va passer et il lui faut trouver 1000 F dans les deux jours sinon elle doit ferme. Mais c’est là un prétexte pour raconter cette faune qui fréquente son resto. Et notamment ces gamins de la DASS qui trouvent refuge et un peu d’amour maternel auprès de cette femme. Comme dans Djib, démission des parents et quête de solidarité soudent des personnages en quête d’amour. Une fois de plus, le film fonctionne grâce à l’épaisseur émotionnelle de Laurentine Milebo, ce que ne peuvent malheureusement atteindre les autres acteurs avec un jeu aussi hystérique.
« Jean Odoutan impose » : le générique ne pouvait mieux dire. Comme un joint à la Spike Lee, il signe là son 3ème long métrage en trois ans, tout aussi culotté que les précédents. Après les aventures africaines de Barbecue Pejo et les diatribes banlieusardes de Djib, il dresse ici un tableau tonique du métissage parisien. Usant d’un humour très oral à la mitraillette, il aligne des scènes réussies et d’autres où la caméra aurait pu trouver quelques gros plans ou des mouvements dans le plan pour mieux convaincre. On retrouve la tribu qu’il a réussi à grouper autour de son aventure filmique, malgré des budgets de courts métrages qui ne lui permettent pas de recommencer un plan raté. Budget de Mama Aloko : 200 000 F (la subvention ministérielle française), soit 75 fois moins que le budget moyen d’un film français. C’est là qu’on dit chapeau ! Car Mama Aloko, comme tous les films d’Odoutan, malgré d’immenses défauts, a aussi d’immenses qualités.

France/Bénin, 2002, 1 h 30, 35 mm, prdo 45rdlc/Tabou-Tabac Films, distr. 45rdlc (01 47 90 57 98), avec Laurentine Milebo, Jean Odoutan, Antoine Champeme, Michel Barbey, Stéphane Soo Mongo, Pascal Jaubert.///Article N° : 123

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