Namur 2001 : festival complet

Lire hors-ligne :

150 films, 250 invités, 150 professionnels et 200 journalistes, le festival du film francophone de Namur reste au début octobre un rendez-vous obligé. L’Afrique s’y est taillée cette année la part du lion dans le palmarès.

Un prix à Namur n’est pas rien et la compétition est rude. Le Bayard d’Or est allé à « L’Afrance » d’Alain Gomis (France/Sénégal) dont nous avions déjà souligné l’intérêt à Cannes. Le Prix spécial du jury est allé à un film exigeant mais passionnant, comète du dernier Fespaco : « Immatriculation temporaire » de Gahité Fofana (Guinée). L’acteur burkinabè Sotigui Kouyaté a obtenu le Bayard d’Or du meilleur comédien pour « Little Sénégal » de Rachid Bouchareb (lequel film a obtenu le Bayard d’Or de la meilleure contribution artistique) tandis que le Bayard d’Or du meilleur scénario allait à « Sia, le rêve du python » de son fils Dani Kouyaté. Le Bayard d’Or du meilleur court métrage est allé à « Muno » de Bulli Lanners (Belgique), une enquête ironico-amère en village belge après un crime raciste. Oubliés du palmarès, le remarquable « 17 rue Bleue » (cf critique dans ce numéro), et « Frontières » de Mostéfa Djadjam qui convainc avec sa saga d’un groupe d’Africains qui tentent d’émigrer vers l’Europe.
Côté courts métrages de fiction, on a pu découvrir le dernier de Mahamat Saleh Haroun, « Letter from New York » qui décline les trois temps de l’immigration, et « Qui se ressemble s’assemble » d’Hubert Koundé qui confirme son talent avec une amusante fable en forme de ballet de la rencontre. « Le mal du pays » de Laurent Bachet (France) glace par son pessimisme et « Balafola » (Mohamed Camara) déçoit.
Dans les documentaires, une fracture s’impose entre ceux qui tentent de capter le réel sans véritable point de vue si ce n’est une évidente sympathie pour leur sujet et ceux qui tentent dans leur construction de le retravailler. C’est heureusement le cas de « Anna l’enchantée » de Monique Mbeka Phoba (RDC) qui fait d’un documentaire sur une jeune vedette de la chanson une véritable introspection sur le rapport à l’ailleurs d’une société en pleine mutation.
« Ouarzazate Movie » intéresse en allant regarder du côté des figurants marocains des péplums internationaux tandis que « Bon anniversaire radio Tokpa » passionne par la vitalité de son sujet, une radio proche des gens en plein Cotonou. Se distinguait également « Kankoura« , troisième documentaire engagé et dérangeant du Sénégalais Malick Sy, sur l’initiation liée à la circoncision.

///Article N° : 42

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Ce contenu vous intéresse ? Africultures a besoin de vous pour continuer d'exister. Alors soutenez-nous !

Laisser un commentaire