Réflexions

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Le quotidien et l’acculturation aux informations traitées à la française, nous aveuglent et ne nous permettent pas de voir que ce mouvement-ci est un mouvement non-violent extraordinaire et un mouvement d’une intelligence et d’un courage rare.

On a beaucoup parlé d’Indira Gandhi, de Martin Luther King. Il est dommage que quand on parle du mouvement de Madagascar, les analystes passent leur temps à attendre le premier mort, sans voir que cela va faire un mois, que toute une population attend patiemment que vérité soit faite, qu’il y a sur la place du 13 mai, tous les jours jusqu’à 200 000 personnes, assises tranquilles et déterminées, écoutant les politiques et les artistes, gérant leur quotidien, leur travail aussi, leurs horaires, avec une dignité bouleversante, eux qui sont là à heure fixe et repartent tranquillement, laissant une place qui reste nette ou repartant vers leur travail, qui s’organisent pour que la vie puisse continuer le mieux possible.
On a dit tout et n’importe quoi sur Madagascar, une certaine idéologie et les « sanglots » déplacés font leur fixette sur la misère, la corruption et les makis-babakoto.
Le peuple malgache répond « dignité » et cette dignité est ici, d’une modernité incroyable, où la bagarre se fait à coups de lois et d’avocats, et où les manifestants sont organisés par quartier, syndicats, collèges, lycées, avec une structuration admirable, pour s’informer jour après jour de l’issue de la bagarre, où ces manifestants sont soudés à ceux en qui ils ont accordé leur confiance, mais à qui ils demandent des comptes aussi, comme dans toute société politiquement mûre, on a presque envie de dire pour Madagascar, politiquement sophistiquée.
Nous avons un rôle à jouer dans la diaspora, témoigner de cette dignité, informer autour de nous de ce mouvement hors pair et de l’intelligence des nôtres, et montrer qu’actuellement, la culture citoyenne et la maturité politique est à Madagascar et que pour cela, ils ont utilisé le fond même de la culture malgache : « alamino, manajà-tena, aza manala baraka, aza mahamenatra olona »* et qu’actuellement ils sont en train de dire à la brebis galeuse, « manajà tena, fa mahamenatra olona »**

Traduction libre :
*trouvez un consensus, respectez-vous, ne vous mettez pas en situation d’être déshonoré.
**soyez digne, ne soyez pas un sujet de honte.
///Article N° : 2141


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