Rupture et subversion – Le carrefour

La "poétique du marronnage" en question :

Fait historique, mythe et esthétique

Quand paraît Le Carrefour, en 1990, Kossi Efoui a 28 ans, il fait partie des jeunes intellectuels togolais qui veulent briser la loi du silence. Aux côtés de Kangni Alem et d’autres, Kossi Efoui descend dans la rue. Aujourd’hui, vingt ans après les émeutes de Lomé, son engagement contre les intégrismes politiques et idéologiques demeure le principal moteur de son œuvre. Littéralement au CARREFOUR de l’histoire théâtrale africaine, cette pièce inaugurale représente à la fois la naissance d’une esthétique qui rompt les amarres et les débuts d’une poétique du marronnage.

Le marronnage comme processus dramaturgique, comme concept philosophique, esthétique et politique à l’œuvre afin d’analyser le théâtre de Kossi Efoui, dramaturge francophone africain, prend comme point de départ une idée du marronnage lancée par Kossi Efoui lui-même dans un entretien avec Sylvie Chalaye, paru en 2004 dans Afrique Noire et dramaturgie contemporaine : le syndrome de Frankenstein.. La référence que fait Kossi Efoui au marronnage n’est pas sans poser question et mérite qu’on s’y arrête avant d’aller plus loin dans la conceptualisation socio-esthétique, voire métaphysique. Dans cet entretien avec Sylvie Chalaye, Kossi Efoui s’exprime en ces termes : « J’étais en Haïti et j’ai entendu parler du « marronnage ». Ce que j’avais retenu, c’est que ce sont les esclaves qui apprenaient à vivre en forêt et qui inventaient toutes sortes de ruses pour ne pas se faire prendre. Le « marronnage » ce sont aussi les esclaves qui ont ...

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