Rwanda 94 – 2000, entre mémoire et Histoire

Le savoir des écrivains

Dans sa chronique Le génocide des Rwandais tutsi et l’usage public de l’histoire publiée dans le numéro 150-152 des Cahiers d’Etudes Africaines, Claudine Vidal constatait que les récentes publications (journalistiques, juridiques, universitaires) consacrées au génocide rwandais font souvent référence au génocide juif sans pour autant procéder à un travail comparatif réel qui permettrait de dégager la singularité du génocide rwandais. Pire, là où les historiens du génocide juif jugent prioritaire d’explorer les procédures d’extermination des victimes, les auteurs des travaux sur la tragédie rwandaise tentent plutôt de reconstruire la genèse du génocide – un parti-pris méthodologique que Claudine Vidal critique, proposant d’abord de savoir comment le génocide a été perpétré, de déterminer les rôles de ceux qui le conçurent et la manière dont les victimes ont été traquées et massacrées – informations qui nous éclaireraient sur le sens de ce génocide. A cet égard, le livre de Philip Gourevitch Nous avons le plaisir de vous informer que demain, nous serons tous tués avec notre famille : chroniques rwandaises (1999) et celui de Yolande Mukagasana La mort ne veut pas de moi (1997) vont ce sens et font déjà office d’ouvrages pionniers. Mais une troisième catégorie de textes s’imposent, les fictions écrites dans le cadre du projet  » Rwanda : écrire par devoir de mémoire  » initié par l’écrivain tchadien Nocky Djedanoum, lui même auteur d’un recueil...

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