Sania de Sadani

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Publié par les éditions Cœlacanthe, Sania est la première œuvre en librairie d’un poète déjà consacré sur les virtuals bangwe (espace public d’échange sur le net) comoriens. Où il est question d’amour, de lave, d’une mémoire de l’errance et de l’Autre île. Une poésie généreuse, tournée vers l’avenir. Saindoune Ben Ali, poète lui-même, nous en parle. Il est membre de Djando la Waandzishi, un collectif d’auteurs et de critiques comoriens fondé en février 2012.

Tels tableaux ou sculptures, les chants les plus authentiques sont façonnés par des êtres habités. Avec ce recueil, la littérature des Comores s’enrichit d’une voix singulière. Le poète nous donne à lire une poésie d’une élégance et d’un lyrisme inouï, qui ne regorge pas d’accents, telles des pointes, d’une gravité ahurissante. Car au cœur du chant d’amour, amour d’une femme-île, femme-terre à l’histoire chargée, douloureuse, le poète développe un art de l’insinuation – subtilité dévoilant les déchéances les plus inhumaines pareilles à des histoires fausses vécues comme des destins (p. 58). La tonalité est donnée. Il s’agit de parler d’amour, de tragédie humaine, des voyages vers notre mort, de la ténacité du baobab millénaire (symbole des énergies de la résistance), et surtout de l’obscurité liée aux ondes, ces ondes émanant de la noirceur de lave de l’île, lieu même d’émergence de cette parole sadanienne singulièrement corrosive. Avec Sadani, la poésie comorienne retrouve son authenticité.
Le dire d’un vécu ou les braises d’un feu de bois
Cette poésie nomme en toute discrétion et s’enracine
dans cette histoire matinale
où les Vieux étaient des Dieux
(p. 16).
La révélation du sujet se décline dans l’intimité d’une tradition mariée aux outils de la transmission la plus moderne. Une parole d’aujourd’hui remontant les âges pour pourfendre les opacités langagières troublant les manières de nommer. Le poète a bien retenu qu’écrire, c’est se rendre maître de la nomination. L’écriture est ici référée à la mère, à l’amour, à la terre, terra matera. Alors d’un vécu dire la sublime déchirure d’un amour avec le lyrisme élevé à la hauteur de l’expression qui n’occulte point les plaies. Plaies des jouissances douloureuses, plaies des blessures jouissives comme les désire toute victime émissaire. Il est question de nommer tribut pour des victoires sans fierté (p. 14). Et par ce fait de vouloir nommer, le poète crée une esthétisation des malheurs, des plaisirs vaincus, des volontés avortées, de la vie parsemée d’incises (p. 70), et, au-delà de tout, des agonies sourdes de tout un peuple.
Ce n’est point un hasard si cette poésie se réclame de la parole collective des ancêtres, ces hommes gris de l’aube (p. 14), où
tout sera dit pour passer le flambeau
comme en ces veillées de contes comme à la captation publique
(p. 13).
En affiliant sa poésie directement aux pratiques et aux modes de transmission de la tradition, Sadani, non seulement, impose le choix d’un cadre esthétique, mais assume également une poétique qui se veut fondamentalement comorienne. D’ailleurs, cette position est clairement défendue dans son manifeste littéraire, manifeste dans lequel il suggère que la vraie littérature comorienne doit nommer essentiellement les réalités de l’univers de l’écrivain comorien, comme pour signifier d’où l’on écrit. Toutefois, il ne faudrait pas tomber dans les pièges des lectures réductrices. Dès les premières pages de Sania, notre poète se veut chantre de l’amour, tout en s’attaquant à vif aux problématiques de cette société, en partant presque d’une synthèse rapide et complète de l’histoire, des drames, décortiquant au passage les attitudes abominables de l’homme. Le prologue du recueil est un long poème bâti sur l’anaphore verbale Dis. Dire semblablement, tout en ne laissant rien qu’il faille dénoncer, nommer, tel est son programme. Dire l’amour, certes, mais aussi les malheurs, les déshonneurs, comme il le signifie en termes suffisamment clairs :
Et nous puisions
Puisions
Dans l’infâme entretenu
De ceux que nous aimions
Nos ascendants matri et patrilinéaires
(p. 15).
Ce qui exalte nos orgueils ne peut occulter ce qui répugne. C’est de la réalité totale d’un peuple qu’il est question dans le recueil de Sadani. Une réalité brûlante et brûlée à la fois. Il s’agit, en fait, de la poésie du calvaire généralisé sous le masque noir de la lave pétrifiée. Et le dire s’énonce alors d’un grand feu émanant des entrailles d’une île. Au cœur du chant d’amour, la parole poétique affiche une volonté inébranlable. Faire témoignage. Rendre hommage. Le lu, le vu, le vécu, se révèlent lignes de cette quête de compréhension de soi et du monde, une quête à laquelle se mêlent « lumière » et « obscurité » de manière inextricable, comme s’il était question d’un corps unique emporté par le même mouvement.
En route vers l’île aux trésors
Sania mon plus bel amour (p. 81) ou plutôt voyage d’amour au bout de la mort. Car, jusqu’ici demeure cette grave question que le travail de poétisation a sue, d’un art de maître, très bien voiler sous les éclats d’un langage merveilleusement ciselé, au point d’emporter le lecteur sans lui laisser le temps d’une méditation suffisante. Sania, est-ce l’objet d’un amour incomparable, femme aux charmes captivant les rêves d’un homme ou plutôt
L’Autre un enfermement
Pour une destination que nous imaginons solitaire
(p. 16)
soit donc cette autre Île qui nous ronge les esprits par la luminosité de ses multiples atours ? En tout cas, l’attirance de l’autre Île n’a d’égal que celle d’une femme à qui on désirerait rendre le plus beau des hommages. Seulement, quelque chose dans cette poésie sadanienne nous trouble. Un certain nombre d’expressions, associant des termes presque ou parfois entièrement dichotomiques, chargées aussi de relents de violence acide. Ces expressions répondent par truchement, comme d’ailleurs par évitement, pour dire, d’une certaine manière, au lecteur que le véritable objet de l’amour participe toujours du secret, au sens originel du terme. En latin, le secretum signifie le lieu écarté, tenu secret. On n’est pas loin de la situation de l’amante. De plus, l’analyse du titre du recueil corrobore les observations découlant de l’interrogation introduite dans cette page. Sania, ce simple prénom de femme, amante potentielle, bien sûr. Cependant suffit-il de nommer si le processus véritable reste celui de donner une existence et également de répondre à un dévoilement ? Sania-femme-Île confondue dans les interstices de la conscience devant son incapacité à démêler les ouragans de l’annonce primordiale, première, primitive, qui n’a d’écho que l’informel d’un cri qui désentraille : Murmure une voix « terre » ! (p. 40). La découverte n’en est point une. Car on voyage vers où ? En quel temps est déjà amorcé le voyage de l’incertaine destination si attirante, si charmante, n’accordant aucun espace de dignité véritablement humaine aux êtres dont les esprits depuis longtemps sont brûlés dans la duperie qu’eux-mêmes ont créée par absence de destin, par abandon de destin, pour un grand besoin de parures, de ventres, d’ascendances forçant des faux orgueils :
J’aimais une fleur de lune
Entre sable et ciel
Sha mi mdjufumoo
Pour les uns
Une âme troublée
Pour les autres
(p.53)
Tout se passe comme si parler, c’est-à-dire écrire, c’est occuper d’autres géographies. Et il est peu de poètes dont l’œuvre aura été, avec tant de constance dans sa rage d’expression, art poétique fini autant qu’une création originale et continue. La femme aimée reste fondue dans l’évocation plaintive de l’île, source des admirations contradictoires, voire des malheurs. Entre les deux instances, la mer serait-elle devenue le lieu qui s’ouvre aux anéantissements ? La poétique de Sadani semble s’enraciner en partie dans cette expérience de la déchirure. La poésie, pour emprunter une expression de Reverdy, c’est le bouche-abîme du réel désiré qui manque. Notre poète le dit de façon claire :
La belle au bois dormant
N’en est pas une
Elle est songe de mer
(p. 44)
Tout un symbolisme se construit autour de la beauté et de la mer-miroir, les virtualités exerçant avec force sur les esprits cette fascination farouche et vorace d’une lueur de linceul, car ne permettant aucun répit. Et au fait, l’une des réussites du poète se retrouve dans cette esthétique du continu, donnant au recueil entier une cohérence exceptionnelle. Il n’est défendu à personne d’y puiser un enseignement. Le poème de Sadani multiplie ses imbrications thématiques comme pour signifier un désir de tout exprimer. Mais cette poésie a su se jouer de la banalité, de la surcharge, répondre à la nécessité, demeurer expressive. L’île aux trésors est un appel aux aventures, le lieu des incertitudes, des inconnus, le lieu du secret enfoui, à découvrir. L’île aux trésors est aussi la suggestion des dangers, de la mort possible, également le lieu imaginaire du miracle, de la réussite. Une belle amante est un trésor suscitant une quête, une conquête, un vif désir de possession. Quel homme n’a pas rêvé de posséder une femme exceptionnelle ?
J’aime une étoile
Dans le ciel morfondu
C’est le dû d’un fou
À en croire le rire des foules
(p. 52).
Il s’agit des objets du mirage, aussi bien l’Autre île que la femme hantée avec tant de ferveur que le lecteur se surprend à la désirer… La fusion finit par se réaliser complètement dans cette poésie :
Alors d’une parcelle de son visage je sculpte une façon de vallons de cirques d’isthmes et d’estuaires d’où mes doigts iront taquiner les courbes de son corps aspérité littorale que modèlent ses hanches
Son ventre et cette rivière par ses jambes contre la partition intérieure d’une vie de privations
(p. 53).
Atours de femme et trésors d’île en fusion totale, un même corps exerce le même pouvoir sur l’esprit de l’enfant de lune.
Et entre l’histoire sévère des grandes marées…
On l’a compris Sania n’est pas qu’une poésie d’amour, la réitération de l’injonction Ye we ! (attention) s’adresse à ceux tentés de prendre la mer vers l’Autre île, avertissement au lecteur :
La mer écume ses midis
Dans son refrain cette parole
Cette parole pour témoin
À trop entendre le chant de la douleur
(p. 92).
Parmi les thématiques de cette poésie, la tragédie des noyés, celle de ces corps disparaissant entre deux eaux d’un même archipel, succombant sous le poids d’une tutelle étrangère et d’un visa absurde ; ces morts qui n’empêchent pas à d’autres d’emprunter la même voie. Ce qui, entre deux mots du texte, laisse entrevoir, il est vrai, une histoire des plus sévères. Et Sadani de dévoiler combien derrière les belles formules expressives de l’amour se noue une violence sans nulle autre pareille. Oui ! En abondant dans le sens du poète lui-même, ce n’est point une poésie d’amour à confiner dans les rêves et les palais, c’est un chant de douleur, une parole de rupture portant les balafres béantes des couteaux de l’histoire. La réalité sociologique sous-jacente se révèle d’une cruauté se passant de toute description ou énumération. La conscience a à peine assez de recul pour distinguer les mécanismes tissant l’absurdité de son amour, cet amour aveuglant, Sania comme un soleil (p. 63). Amour-océan où les êtres chavirent, emportés. La plus haute idée de l’amour ainsi exposée n’est point dépourvue d’une forme narcissique. Amour-océan-miroir où l’on sombre ; le trio devenant un même corps. Il y a du fantasmatique, tant la hantise de l’objet désiré est ressentie comme la perte même de l’objet réel. Voilà la source du conflit, du déchirement des amants :
Je te consomme tu me consumes
Comme un mets un brasier

(…)
Femme faite île (p. 44-45) ;
(…)
Sania mon tourment (p. 78).
Pour le poète, seule une tragédie humaine naît d’un tel amour. Car à trop regarder le soleil, on se consume. Une tragédie de victimes émissaires, où l’on voit la lutte contre une mort inutile rejoindre quasi naturellement l’insouciance grave d’une idylle meurtrière. Conscience d’une vie depuis longtemps vidée d’acception, fatalité devant des situations établies ou insouciance nourricière de la neutralisation de la pensée.
Au petit matin
Une mère cherchant ses vêtements trouvant ses enfants
Discrète digne s’en alla
Et puis des cris des cris
Que nous méprisons riant aux étoiles dans l’entourage des naissances
(p. 82).
Notons cette froideur, plutôt ce cynisme devant le malheur. La société a abdiqué devant tout ce qui fait appel à un éveil, À son sens de l’humanité. La poésie sadanienne se fait ici critique, sans grandiloquence. Le langage reste simple, fluide, et touche, et suggère, le niveau de cruauté d’une perspective de déshumanisation profonde. Quand ce qui est figuré comme négatif supplée le positif, ou vice et versa, cela signifie que le réel éblouit, hama djuwa. Et la banalisation d’aggraver l’aveuglement généralisé.
Sadani introduit un élément nouveau et intéressant dans l’appréhension de la problématique des noyés aux (ou des) Comores. L’absence d’humanité, la réification des êtres. Le poème le dit très bien :
Ils ont dit
C’est un rien
C’est un tout
Dans le nul
C’est un nu
Sous la pluie
Un ver de terre
Qui se nourrit
Des saletés des lieux
Ils ont dit c’est un pauvre
Couvert de boue
Aux heures de festivités
Un insolent à la langue pendue
(p. 94).
Le pronom-sujet réfère aux spectateurs respectifs de cette tragédie humaine dont il est question dans Sania. L’amoureux et l’aimée se retrouvent dans ces circonstances rendant inconcevable la relation authentique, surtout sans déchirements : le lieu de l’amour doit être le lieu de la mort, puisqu’il est le lieu de la raison d’être. L’amour pour Sania et l’amour pour l’Autre île demeurent inextricables. Alors pour cette raison, mourir ailleurs, au nom d’un autre amour, serait perdre son âme, et non faire corps avec son peuple. Sans répondre aux avances constantes et lumineuses de l’amante, pour un natif des lunes, ce serait ne pas l’être.
Le dilemme est grand :
Pour toi j’ai fait ce que les hommes jamais ne font
Jamais ce que femme n’entend
En ces lieux de silence
Pour ton honneur pour mon bonheur.
Me rejoindras-tu
Dans le noir absolu
Des idées noires Ici où les Hommes
Brisent la beauté des voyages éternels
(p. 86-87).
Pour le poète, le sens repose sur une volonté de cerner cette conscience de soi obnubilée par les lueurs d’un amour-soleil. L’amoureux sait qu’il est condamné quant au pouvoir de l’envoûtement. Le lecteur se trouve face à cette articulation complexe propre au rapport dominé-dominant. On assiste à un vrai duel meurtrier sous les mots doux d’une invitation à partager de grands moments d’exception. Le plein drame de l’amour est un lieu des forces contraires, des chavirements vertigineux. Pourtant, cette poésie ne s’emplit pas de noirceur. Car l’espoir existe au bout du combat. L’entrechoc des éléments et des corps s’aimant jusqu’à leur haine respective installe le monde et les êtres dans une régénération des possibles.
La mort est vaincue
Nous vaincrons la mort lorsque nous serons seuls
La mort aride des Hommes ridés
Et voyagerons sous son aile
Laver l’opprobre des ménages infanticides
Comme celle des sables interdits aux amants
Que nous piétinions malgré l’aboiement des chiens
(p. 109).
Cette chute de la tragédie a des résonances de réconciliation des contraires, des êtres pris dans l’amour-haine.
La poésie sadanienne donne ainsi une place à la lumière. Elle n’est pas complètement pessimiste. Et ce n’est pas un hasard si Sania se clôt par une interrogation sous la forme d’un défi : Maître savant du bâton ou du bonbon qu’affligerez-vous à vos enfants ? … Jusqu’à demain le jour de la fin ou la thématique des titres
La poésie de Sadani est d’une cohérence émouvante, d’une densité et d’une fécondité remarquables. L’organisation interne du texte fonctionne comme la préparation d’un moment d’apothéose. De multiples adresses, le long du recueil, le rappellent, pour toujours sauvegarder l’éveil. Pour le poète, ces sollicitations garantissent la survie au cœur des épreuves les plus dures. Chargé de cette conscience solide qu’est la lave pétrifiée, à la fin, l’enfant des lunes gagnera en dignité et en humanité, au-delà des voies obstruées par les milles frayeurs imposées, héritage d’une longue histoire. L’ensemble des expériences vécues dans les profondeurs du silence collectif constitue les armes ultimes de la conquête. Et
Nous ne craindrons point ceux-là munis des baïonnettes
À nos âges confondus terreurs entre les ruelles
Ils auront depuis ces temps des regrets abandonné les treillis
Et armés de houes vieillies reconnaissant nos pas
Fuiront en larmes une prière pour nos âmes.

Après avoir débusqué les malicieux mécanismes de fonctionnement de notre tragédie, à tous les niveaux, du poids de la tradition aux fébrilités de nos psychologies et mentalités, le poète a su montrer la voie. Il nous faut dans l’absolu habiter pleinement notre humanité, afin que nos amours ne capitulent. On s’explique mieux pourquoi, cette poésie a la patience de la défiance et l’imposition des contradictions. Pas d’ambiguïté à souligner, ni dialectisme savant :
La vie
La vie avec ses surprises
(p. 87).
(…)
Nous dansons comme osent les lucioles pour une vie immédiate
Dans un cimetière de corail blanc pour une promenade sous ciel blanc
(p. 111).
L’acte poétique accompagne toujours le tissage solitaire des grands recommencements. Et le poème est l’amplification des résonances de ce « Nous » silencieusement blessé, accroché à l’espoir, à la liberté la plus insolente.

À ce niveau de lecture, les vers d’un autre grand poète nous reviennent en échos. Peut-être leur lumière jette plus d’éclats encore aux propos de Sadani. Il s’agit de U Tam’si qui lançait :
Demain je serai pur
avec des ailes d’oiseaux dans ma voix bleue
pour chanter warry bleue
à une meute de chiens
moi leur curée
(1).
La pureté et la maîtrise se dégageant de cette poésie témoignent de la vigueur et de la pénétration d’un art poétique des plus originaux dans le paysage littéraire comorien. Cette situation suscite de multiples appréciations et jugements à l’encontre de telle ou telle prise de position. Le poète n’a fait que poser un miroir devant son époque, sa société. Et il a eu le génie nécessaire pour piéger ce qu’a vu le miroir. Il en a fait la matière d’une poésie généreuse et ambitieuse.
Ce demain du jour de la fin n’est donc que le haut moment de la réconciliation. L’Autre île ou Sania devenu le lieu suprême de la vérité de parole pour emprunter une expression d’Yves Bonnefoy.
Tant de sourires pour un voyage d’outre tombe
Nos dents calées aux ramures de l’aloès
Allons amie jusqu’à une aube partagée
(p. 111).
L’unité entre le couple d’amants et l’Univers des îles en une ultime macération des corps, pour une aurore définitive. L’entrée s’avère des plus définitives : le monde à venir est un matin qui roule la vague d’un jour, qui est à la fois le premier et le dernier.
Les titres donnés aux parties du recueil dans leur progression, thématiquement, donnent à lire le parcours de l’évolution. Partant des malheurs bien martelés dans le prologue, l’ensemble se clôt par des poèmes beaucoup plus tournés vers l’avenir.

Sania de Sadani, Éditions Coelacanthe, 2012

1. Tchikaya U Tam’si, Arc musical précédé de Épitomé, Oswald, 1970, p. 56.///Article N° : 11354

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© Éditions Coelacanthe
Sadani © DR




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