Tchamantche

De Rokia Traoré

Coup de cœur
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Ni griote, ni diva, ni rien d’autre qu’elle-même, la charmante malienne d’Amiens suit son chemin sinueux, un peu à l’écart (mais jamais loin) des sentiers battus de la grande musique mandingue, avec une fraîcheur, une ingénuité et une ingéniosité qui forcent l’admiration.

Ce nouvel album, plus encore que les précédents, a ce petit quelque chose d’intemporel, d’irréel et même de surréel qui surpasse toutes les traditions musicales, qui les mêlent en un tourbillon gracieux, harmonieux, excessivement délicieux.
Rokia Traoré a une voix douce et magnifique, elle sait s’en servir, elle sait aussi la conjuguer avec la splendeur de sa langue, avec les sons éblouissants des instruments mandingues, notamment de la guitare qui est devenue un vecteur primordial de cette culture. Ici les percussions sont très discrètes, et c’est surtout avec les cordes que la chanteuse semble préférer s’exprimer.
C’est sur un entrelacs de harpes et de luths qu’elle chante « Aimer » – qui n’est certes pas son chef-d’œuvre – puis l’admirable « Kounandi ».
Cette fois, ça y est, on ne pourra plus jamais douter du fait que Rokia est une grande chanteuse. La suite de ce disque ne cesse de le prouver,
jusqu’à cette interprétation bouleversante de « The Man I Love », qui nous fait penser que Rokia Traoré n’est sûrement pas le contraire de Billie Holiday. C’est tout dire !

Tchamantche, Rokia Traoré, Universal Music Jazz France///Article N° : 7692

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