Un pays fou de musiques

L’amour de la musique dans sa diversité, venue d’ici ou d’ailleurs, est le principal ferment de l’identité culturelle ivoirienne, au-delà des appartenances ethniques ou des opinions politiques. A tel point que le destin ivoirien se résume en deux mots musicaux : cacophonie ou harmonie.

S’il existe déjà en Côte d’Ivoire une vraie guerre civile, c’est celle des décibels ! Guerre inoffensive (sauf pour les tympans) qui fait rage dans les maquis où la musique coule à flot, au rythme des bières douces-amères, Flag contre Guinness, et des sirupeuses  » sucreries « , où la palabre s’aggrave ou s’estompe sur fond de sono saturée. Rue Princesse à Yopougon ou Boulevard Giscard d’Estaing à Treichville, comme dans le plus petit village où  » y’a courant « , on ne se cause que dans un assourdissant et incessant tohu-bohu musical. Existe-t-il une musique ivoirienne ? Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que le silence ivoirien n’existe pas. Dans tout le pays, la musique est le bruit le plus familier, le plus nécessaire et inévitable. Comme partout en Afrique ? Oui, mais ici plus qu’ailleurs. L’oreille ivoirienne est avide, vorace, indifférente et négligente aussi parce que saturée de musiques d’ici et de partout, de sons et de chansons dont elle ne se soucie même plus de l’origine. Et le musicien ivoirien, existe-t-il ? On peut se poser la question. Car il existe peu de pays où cette activité soit aussi méprisée et mal rémunérée. Malgré les efforts du Burida (la Sacem locale), régulièrement acc...

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