Xalima la plume

D'Ousmane William M'Baye

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Fruit d’une amitié où le cinéaste a pris sa caméra sur deux années, Xalima la plume a été filmé sur la durée et ça se sent. Une véritable complicité se noue entre les deux héros qui permet à Seydina Insa Wade, figure historique du folk sénégalais de retour au pays, une belle liberté de ton. Plus encore, un jeu de miroir s’établit entre la façon qu’à Seydina de vivre sa musique et la manière d’Ousmane William M’Baye de le filmer. De cette harmonie et de cette synergie ressort un rapport introspectif très humain, où la musique est magnifiée. Au montage, jamais la parole ne domine l’émotion musicale tandis que la prise de vue s’adapte au rythme du musicien. Les arrêts sur image sont comme des photos de famille où la chanson continue le mouvement. Les plans s’installent dans l’espace de leur propre énergie, tant spatiale que temporelle, comme pour saisir l’immensité du non-dit que seuls le corps et la musique peuvent traduire. Il est alors naturel et non risible que Seydina se produise dans un spectacle pour enfants : la poésie que sait dégager ce film ouvre à chacun des portes lointaines.  » Est-ce que je suis fou ?  » demande soudain Seydina. C’est à cette frontière de la perception que se situe le film d’Ousmane William M’Baye, sans prétention et sans effets, avec les moyens du bord. Produits sans les financements habituels, ces chemins de traverse du documentaire sénégalais ouvrent de belles perspectives et mériteraient l’accès aux télévisions nationales.

2003, 51 min, betacam, photo : Ousmane William M’Baye, montage : Laurence Attali, Les Films Mame Yande : +221 680 05 60, [email protected]om///Article N° : 3241


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