Aux obsèques nationales d’Aimé Césaire

Je reviens ce soir de la Martinique où j’ai participé, avec la délégation de la Guadeloupe, aux obsèques nationales d’Aimé Césaire. Un moment d’une densité telle que l’on oubliait le corps même de Césaire dans le cocon de la mort pour vibrer à la haute fréquence de sa poésie et de son amour pour la Martinique. C’est tout le sens de son œuvre, de ses combats qui se matérialisait dans la foule qui, pour une fois, faisait peuple et dans l’hommage rendu par la présence des dignitaires de la France, de l’Afrique, de la Guadeloupe, de la Martinique et d’autres lieux du monde. Ce corps exposé là répandait en tous l’énergie d’une fierté et la lumière solennelle de la dignité. Etroite communion entre un destin exceptionnel et toutes les destinées qui composent un pays. Etroite communion entre la houle des mots, la rébellion d’une pensée, la puissance d’un vouloir et les officiants d’une cérémonie d’adieu lourde, déjà, d’un manque à venir. Etroite communion entre la solitude tragique du poète et l’affection populaire d’où se lève sa légende de Père de la Nation. J’ai regardé le visage de ses enfants, Jean-Paul, Marc, et j’ai vu dans leurs yeux la force tranquille des orphelins qui recueillent le meilleur des héritages : celui d’un nom ensouché dans l’avenir. J’ai regardé les délégations de l’Etat, du Parti Socialiste Français, du Sénégal, etc. et j’ai vu l’ombre projeté par une négritude à la fois incandescente, insolente et pourtant fille de l̵...

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