Bedwin Hacker

De Nadia El Fani

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Sacrée femme ! Kalt n’a pas froid aux yeux. Mieux : elle défie toute l’Europe dans ce qu’elle a de plus fort : la technologie. Kalt est un hacker télévisuel : elle réussit à brouiller les images des télévisions occidentales et à y insérer un petit dromadaire dénommé « Bedwin Hacker » et quelques messages bien sentis, affirmant l’existence des gens du Sud : « nous ne sommes pas des mirages » ! Belle inversion : Kalt est Tunisienne, le Sud brouille le Nord pour lui rappeler qu’il est là. Inutile de préciser que ça fait du bruit en hauts lieux : la DST est mobilisée. Une chasse à la femme commence, qui s’appuie sur la relation d’un journaliste beur tombant sous le charme de Kalt. C’est sans doute là que le scénario est un peu trop volontariste, dans ce personnage déchiré entre sa fidélité pour son amante Julia, agent de la DST qui le manipule, et sa fascination pour Kalt alors même qu’il se retrouve au pays de ses racines. Qui devra-t-il trahir ? Les deux femmes s’affronteront finalement à travers leurs ordinateurs…
Kalt offre aux femmes arabes un caractère féminin positif et valorisant, libre et déterminé, sans souci des conditionnements, parfaitement compétent. Nadia El Fani détourne le film d’espionnage pour inverser le rapport Nord-Sud : et si ceux du Sud allaient conquérir d’eux-mêmes leur libre circulation dans le monde… On peut rêver mais n’est-ce pas justement le rôle du cinéma ? L’utopie de « Bedwin Hacker » est sympathique, sans prétention, bien rythmée, ludique, réjouissante et, avec des femmes comme Kalt, pas si lointaine que ça !

2002, 103 min, 35 mm coul., prod. Z’Yeux Noirs Movies (Tunisie), avec Sonia Hamza, Tomer Sisley, Muriel Solvay, Xavier Desplas.///Article N° : 2436

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