Screens and Veils: Maghrebi Women’s Cinema

De Florence Martin

Consacrer un ouvrage aux films réalisés par des femmes, c’est considérer qu’il existe un cinéma d’auteure (au même titre qu’un cinéma d’auteur) dont la recherche sur le cinéma n’aurait jusque-là pu ou su rendre compte de la spécificité, et il est clair que les films par les femmes ont souvent été oubliés ou relégués. Déjà dans Framing Post-Third-Worldist Culture (1997), Ella Shohat arguait que les films par des réalisatrices du Maghreb et du Moyen-Orient permettaient à la fois de contester les grands récits d’un cinéma postcolonial tiers-mondiste né des indépendances qui avait perpétué un ordre patriarcal et oublié les femmes et les théories féministes occidentales et universalisantes qui imposaient les termes de combats qui n’étaient pas ceux des femmes dans les pays arabes. Les films par des femmes peuvent donc être appréhendés comme le lieu de négociations permanentes pour la réappropriation de la production d’images de soi qui échappent aux carcans patriarcaux et/ou émancipateurs des traditions culturelles et cinématographiques dans les espaces de production comme dans les espaces de circulation des films. Les réalisatrices des cinématographies du sud et/ou des nouvelles indépendances et leurs films ont fait l’objet de travaux conséquents dans les universités anglophones, comme les travaux de Beti Ellerson dans Sisters of the screen (Trenton, NJ: Africa World Press, 2000) qui privilégie la dimension africaine et s’intéresse à d’autres acteurs de l’industrie, le recensement régulier des travaux par les r...

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