“Emmener le spectateur là où il ne veut pas aller”

Entretien d'Olivier Barlet avec Raja Amari à propos de Les Secrets

Raja Amari, vous présentez “Les Secrets” au festival d’Apt de novembre 2009. Votre précédent film, “Satin rouge” avait engendré une polémique en Tunisie autour des questions d’image de la femme tunisienne. Celui-ci, même fort différent, s’inscrit dans une continuité thématique. Quelle démarche de cinéma poursuivez-vous ainsi ? Il est vrai que “Satin rouge” avait suscité une polémique sur la place de la femme dans la société tunisienne et comment je la représente dans le film. Dans les deux cas pourtant, le cœur du film n’est pas là. Je voulais suivre un personnage dans son évolution. Il y a effectivement des interférences avec le contexte social, mais ce n’est pas mis en avant. Le film n’est pas une revendication sociale et ne met pas spécialement en avant une femme victime de la société patriarcale et oppressante. L’oppression vient des rapports entre les personnages eux-mêmes, de même que les complications. On a, c’est vrai, tendance à tirer les films maghrébins, africains en général, vers cette représentation sociale qui fige le travail des cinéastes et les bloque dans leur démarche artistique. C’est dommage. Cela répond-il au besoin de se retrouver dans les films de manière immédiate et directe ? Ce n’est en tout cas pas ce qui m’intéresse en priorité. Il n’empêche qu’Aïcha, le personnage joué par Hafsia Herzi, est englué dans un microcosme et n’a qu’une envie : pouvoir s’émanciper. Oui, c’est un personnage en quête de sa féminité, car ...

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