Satin rouge aux États-Unis :

Discours et réception critiques

Une fois un film maghrébin de femme sorti aux États-Unis, comment est-il reçu ? Quel type de discours engendre-t-il Outre-Atlantique ? Soulignons d’emblée qu’aux États-Unis, la plupart des films étrangers sont montrés, puis discutés, analysés au sein des institutions universitaires plus souvent que dans les salles de cinéma. Parmi ces dernières, on distingue deux types de salles : les multiplexes où l’on projette des grosses machines hollywoodiennes et les salles d’art et d’essai, de plus en plus rares dans les centres urbains, qui accueillent des films « étrangers » (donc sous-titrés s’ils ne viennent pas de pays anglophones). Le campus universitaire demeure à l’heure actuelle un centre culturel qui s’adresse à la fois à son public estudiantin et professoral et à la communauté extra-muros locale.

Ainsi, la réception d’un film maghrébin visionné dans deux espaces différents possibles, reçoit deux types de discours critiques distincts élaborés de façon parfois parallèle, parfois divergente : celui de la presse et celui de l’université. Celui des médias annonce et inscrit le film dans le paysage audiovisuel nord-américain tandis que celui de l’université analyse et théorise sur le film. Je propose ici de prendre le film de Raja Amari, Satin rouge (Tunisie, 2002) comme étude de cas, pour examiner comment, outre-Atlantique, la réception s’articule le long de ces deux vecteurs. Satin rouge, distribué par Zeitgeist Film dans des salles d’art et d’essai, attire autour de 23 000 spectateurs &agr...

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Hiam Abbas dans une scène de Satin rouge de Raja Amari
© trigon-film
Hiam Abbas dans une scène de Satin rouge de Raja Amari
© trigon-film
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