De sable et de feu (le rêve impossible !), de Souheil Ben Barka

Critique et entretien d'Olivier Barlet avec Souheil Ben Barka

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Amour et espionnage sont les axes du huitième long métrage du réalisateur marocain en sortie dans les salles françaises et de nombreux autres pays le 18 septembre 2019 : une fresque monumentale au budget de 9 millions d’euros qui se déroule à un moment clef de l’Histoire marocaine, lorsque l’Espagne de Charles IV craint le sultan chérifien Moulay Slimane. Une sorte de Lawrence d’Arabie marocain. Critique et rencontre avec le réalisateur, qui avait présidé le jury longs métrages du Fespaco 2005 auquel j’avais participé. O.B.

Les Mille et une mains (1972, distribué dans plus de 115 pays), La Guerre du pétrole n’aura pas lieu (1975), Noces de sang (1976), Amok (1982), Tambours de feu / Les Cavaliers de la gloire (1991), La Malédiction du pharaon (1996), Les Amants de Mogador (2003)… Coproductions d’envergure, reconstitutions en costumes avec force figurants, drames romantiques, lyrisme des dialogues, musiques enveloppantes, pléiade d’acteurs célèbres, cinémascope… Les fictions du Marocain Souheil Ben Barka, dont De sable et de feu est le huitième long métrage, puise à chaque film davantage dans le cinéma de genre pour revisiter l’Histoire. Il mobilise 1500 soldats et 200 cavaliers dans cette coproduction maroco-italienne pour raconter l’histoire véridique de Domingo Badia (1767-1818), un officier espagnol missionné par le premier ministre du roi Charles IV d’Espagne pour renverser le sultan chérifien Moulay Slimane soupçonné de vendre du blé aux Anglais en échange d’armes destinées à la reconquête de l’Andalousie espagnole. Maîtrisant l’arabe et très cultivé, conspirateur de génie, mystérieux et séducteur, il se fait passer pour un prince abbasside, Ali-Bey El Abbasi, affirmant être né en Syrie et descendant du prophète Mohammed. Très habile, il devient grâce à la protection du sultan un héros populaire et envisage de prendre le pouvoir… La part romantique du film est assurée par sa liaison avec une aristocrate anglaise, Lady Hester Stanhope, qui a également existé (1776-1839). Elle se convertit à l’islam et devient sous le nom de Meleki pour les tribus bédouines la reine de Palmyre.

Ce qui intéresse Souheil Ben Barka, lui-même né à Tombouctou d’une famille du Sud marocain, ce sont ces personnages faisant le pont entre les cultures, transfuges oubliés de l’Histoire officielle de par leur hybridité, mais qui ont marqué leur époque et en sont des épiphénomènes. Déjà, Les Amants de Mogador proposait une intéressante inversion du cinéma colonial pour lequel le couple mixte était impossible, puisqu’il orchestre à la même époque et en cinémascope une histoire vraie, l’amour fou d’une Française et d’un Marocain. Souheil Ben Barka, qui voulait faire un film sur le grand géographe du XVIe siècle “Léon l’Africain” lorsque ses coproducteurs lui ont proposé Domingo Badia. Le film aurait eu pour titre Le Chrétien de la Mecque.

Les opus de celui qui a dirigé le Centre du cinéma marocain de 1986 à 2003 renouent avec la fresque épique, alors que l’épopée est devenue rare dans le cinéma actuel, ce qui donne à ce film de près de deux heures, combiné à des décors luxuriants et des scènes d’action grandioses, un aspect suranné. Les figurants n’y sont pas des effets spéciaux, les couleurs et lumières y sont franches, les costumes rutilants, les regards tranchants… Lorsqu’un coup de sabre est porté, l’homme s’écroule dans le plan suivant. Ce classicisme et l’ampleur de la mise en scène peuvent étonner face aux recherches contemporaines mais cette confiance dans une certaine magie du cinéma garde quelque chose d’attachant et l’on suit avec intérêt les péripéties du héros.

Reste bien sûr la pertinence de la démarche : l’actualité du propos pour un monde arabe encore soumis aux ingérences de l’Occident et infiltré par des espions influents. Car De sable et de feu est un film sur le pouvoir : dérive autocratique d’un usurpateur opportuniste et visées politiques et guerrières des puissants. Il fallait des chevauchées sur le sable et de sanglantes batailles pour illustrer ces joutes, tant le spectacle de l’héroïsme et des passions des souverains alimente le mythe. « Tous les personnages de cette histoire ont véritablement existé », précise le film au départ, mais le peuple, lui, est absent, si ce n’est pour vénérer et fêter les suzerains, ou bien se faire massacrer. Les femmes aussi d’ailleurs, en dehors de Lady Hester et de l’esclave donnée à Badia par le sultan.

Alors que Badia alias Ali Bey (l’acteur espagnol Rodolfo Sancho) rêve d’être un sultan tolérant qui abolirait l’esclavage (il se comporte en ami avec son esclave joué par Kamal Moummad), Lady Hester devenue Meleki (Carolina Crescentini) se comporte en chef islamiste assoiffée de sang. Les drapeaux de ses troupes sont noirs aux inscriptions blanches, comme ceux de Daech. Plus largement, le Djihad plane comme une menace pour l’Occident mais aussi comme le triomphe de la barbarie, expression comme le dit Meleki d’un Dieu qui « exige et punit », par opposition à celui qui « comprend et pardonne ». On retrouve ici la position radicale de Souheil Ben Barka face à l’emprise de la religion et l’obscurantisme religieux ici étonnamment incarné par une femme convertie (« la puissance maléfique de cette femme démoniaque ») et son désir de montrer que l’opposition entre un Islam ouvert et un Islam radical se jouait déjà en Syrie il y a 200 ans.

De sable et de feu aborde ainsi de façon épique les grandes questions politiques de ce moment charnière de l’Histoire, qui ne manquent pas de résonner aujourd’hui.

Entretien avec Souheil Ben Barka

Ce qui frappe dans votre cinéma, c’est votre intérêt pour des personnages entre deux cultures, des transfuges culturels, des inversions historiques, des personnages méconnus.

Depuis quelque temps, c’est vrai. Avant de faire De sable et de feu je voulais faire Léon l’Africain, mais on m’a proposé le personne de Domingo Badia et cela m’a paru plus intéressant. Du coup, j’ai mis de côté Léon l’Africain et ne sais si je le ferai : les gens ne vont plus voir ce genre de films, cela devient très difficile. Ils vont voir des films que moi je ne ferais jamais ! Est-il temps de raccrocher les crampons ?

« Léon l’Africain » aurait eu pour titre « Le Chrétien de la Mecque » : encore une façon de marier les oppositions.

Oui, j’étais déjà en préparation, c’était bien avancé.

Vous avez préféré Domingo Badia du fait du côté incroyable et improbable du personnage ?

Oui. Mes interprètes n’y croyaient pas. Il a fallu qu’ils fassent des recherches sur internet pour voir qu’il a bien existé ! De même pour Lady Hester Stanhope.

On a du mal à croire que cet Espagnol arrive à s’imposer en tant qu’Arabe.

Cela s’explique par le fait qu’il a passé huit années en Espagne où il avait fui avec son père. Talleyrand le rappelle dans le film. C’est crédible. C’est parfaitement mon cas : je suis de parents marocains mais mon arabe est faible car je suis né et ai grandi au Mali puis en Italie.

C’est une histoire proche de votre vécu, ce qui revient à ma question de départ sur votre intérêt pour l’interculturel.

Tout à fait. C’est aussi le cas des jeunes Marocains qui vivent en Europe. Leur arabe est pauvre et quand ils rentrent au Maroc, ils s’en rendent compte.

Le film peut aussi les intéresser pour cela.

Oui, je l’espère bien.

Il ne porte d’ailleurs pas seulement sur Domingo Badia alias Ali Bey mais aussi sur Lady Hester alias Meleki. Ils sont comme un couple aux destins incroyables !

Oui, et l’on voit cette Histoire vieille de 200 ans se répéter aujourd’hui en Syrie. Ce n’est pas tant l’espionnage de Badia qui m’a intéressé que cette femme qui va en Orient et qui opère comme Daesh. Une femme aristocrate, richissime, qui n’était aucunement dans le besoin, mais qui s’est radicalisée d’une manière incroyable.

On a de nombreux exemples de tels personnages amoureux de l’Orient durant la période coloniale.

Oui, c’était l’orientalisme. Savez-vous que Lamartine est resté trois mois en Syrie pour voir cette femme dont il était amoureux fou sans la connaître ? Leur rencontre a mal fini mais en rentrant, sa femme l’a quitté car leur fille était malade et est morte en Syrie alors qu’il s’y attardait trop longtemps.

Le règne de Meleki n’a pas duré longtemps.

Non, elle était devenue complètement folle. Son histoire est tellement intéressante qu’il faudrait une série plutôt qu’un film ! Mon problème était de pouvoir l’évoquer dans ce film de seulement 1h55 !

On sent dans le film une tension entre les deux histoires, une relation que vous traitez de façon romantique.

Badia était en fait plus amoureux d’elle qu’elle de lui. Je n’ai pas pu le mettre dans le film, mais il avait tenté de convaincre le roi Louis XVIII de passer par la Mecque pour entrer au Maroc avec les pèlerins, ce qui aurait fait fuir le sultan : le détour lui aurait permis de passer voir Meleki ! Le dialogue est aux archives nationales françaises. Talleyrand croyait en lui et le soutenait.

C’est un peu reprendre l’épopée napoléonienne !

Exactement. C’est vraiment une histoire folle : le Maroc est à deux pas !

C’est ainsi qu’un espion va faire passer sa propre histoire, et notamment amoureuse, devant l’intérêt de l’Etat.

Son objectif était de devenir sultan du Maroc. Il a cassé avec l’Espagne.

C’est le deuxième grand thème du film : la folie du pouvoir.

Tout à fait. Il a tout fait pour devenir sultan. Il était convaincu de son succès populaire : « les gens attendent des heures pour toucher le flanc de mon cheval ». Et c’était d’ailleurs vrai : il était tellement populaire que le sultan commençait à trembler devant lui. Le sultan l’a manipulé et finalement c’est Badia qui le dominait.

C’est effectivement le sultan qui l’a mis en avant en organisant des fêtes en son honneur.

Oui, et il est vrai qu’il était très courageux. Il a défendu les pauvres, les Juifs, etc. Quelques années après, le sultan a suivi ses conseils et aboli l’esclavage. Il était conscient de sa valeur intellectuelle et de son courage. Le sultan sentait que Badia pouvait l’aider à développer son pays. Il parlait les langues étrangères et était l’intermédiaire avec les émissaires des autres pays.

La relation entre le sultan et Badia est aussi un grand thème du film.

Tout à fait. Le sultan disait que le peuple l’aime tellement qu’il ne faut qu’il sache qui il est. C’est pourquoi il l’a renvoyé très discrètement à la Mecque pour que le peuple continue à croire qu’il était le prince. Sinon il se serait ridiculisé auprès de son peuple.

Vous adoptez dans le film un ton très lyrique, c’est votre manière d’aborder le cinéma.

Je sentais qu’il fallait le faire ainsi.

C’est une croyance en la magie de ce type de cinéma ?

Oui, mais c’est aussi mon avis sur le sujet.

Cela a son coût mais votre budget était conséquent pour ce film.

Oui. Neuf millions d’euros. Comme j’avais de grands acteurs, ce ne fut pas difficile. Les télévisions ont suivi. Les acteurs italiens sont très connus dans le pays. La subvention marocaine a été très importante.

Le film a été tourné au Maroc ?

Oui, ainsi qu’en Italie et quelques séquences en Angleterre. Toutes les scènes européennes ont été tournées au Palais royal de Turin qui est un palais bourbon de style baroque, correspondant parfaitement au besoin.

On lit souvent que vous possédez des studios à Ouarzazate.

Je sais que les gens pensent cela parce que le cinéma était lié à mon nom, mais c’est faux : je n’ai jamais possédé de studio à Ouarzazate. Je suis le promoteur de ces studios mais n’en suis pas propriétaire, pas un centime !

Mais vous avez tourné à Ouarzazate.

Oui. J’ai aussi tourné à Meknès, à Volubilis les scènes de Palmyre, et dans les palais de sa Majesté.

Ce qui frappe est que quand on fait « Le Seigneur des anneaux », ce sont des figurants au premier rang et ensuite ce sont des reproductions par effets spéciaux tandis que dans vos films ce ne sont que des figurants.

Oui, ce sont de vrais figurants : 1500 soldats et 200 chevaux ! Au Maroc, on tourne beaucoup de films de guerre : nos soldats ont l’habitude, ils savent comment tomber, où tomber, ils ne rient pas en tombant, etc. Même les explosions sont vraies.

Cela contribue à la crédibilité du film.

Oui. Cela ne m’a posé de problème. Pour Les Amants de Mogador aussi, j’avais 500 soldats. J’ai retrouvé plus ou moins les mêmes !

J’étais récemment au festival de Ouarzazate et en ai profité pour visiter les studios : ils sont dans un état de déliquescence avancé !

Bien sûr : on fait de moins en moins de films. Cela a chuté depuis mon départ. Je n’étais pas un fonctionnaire de l’Etat. Je lisais Variety. Dès que je voyais qu’un film en préparation pouvait intéresser le Maroc, j’allais à Hollywood rencontrer la production pour la convaincre. Cela reprend en ce moment car un fond de soutien a été créé, qui attire les productions étrangères, même de grosses séries américaines.

La musique de Stefano Lentini est très présente dans le film et accentue son effet dramatique.

Oui, elle a été enregistrée avec l’Orchestre philarmonique de la télévision italienne, la RAI. Et on a fait venir Valentina Vartui Karakhanian, la chanteuse arménienne qui chante Dle yaman. On a mis le paquet pour la musique, c’était nécessaire. Je voulais absolument cette musique, que je connais depuis tout petit. Ma mère était d’origine arménienne par sa mère. On chantait le Dle yaman durant les fêtes arméniennes et c’est devenu le chant de résistance contre les Ottomans quand les Arméniens ont été chassés de Turquie.

Et cela donne le thème principal du film.

Exactement.

Badia est interprété par l’acteur espagnol Rodolfo Sancho et Lady Hester par l’italienne Carolina Crescentini.

Oui, c’est une des grandes actrices italiennes, à comparer avec Marion Cotillard en France.

Comment avez-vous géré les langues ?

C’est le problème de tous mes films ! Quand je fais un casting, je me fous de la langue : ce qui m’intéresse est le jeu et la correspondance avec le rôle. Carolina ne savait pas monter à cheval. Au bout de deux mois de formation, elle était parfaite ! Rodolfo sortait vraiment du lot, de même que l’Espagnol Imanol Arias qui joue le sultan, que je connaissais déjà. Et quand Marisa Paredes a vu qu’il y avait tous ces acteurs, elle a accepté le rôle de la gouvernante. Quand à Giancarlo Giannini, qui joue Talleyrand, on a grandi ensemble ! Le seul problème était que quand je leur disais que c’est une histoire vraie, personne ne me croyait !

Le budget de 9 millions a-t-il été suffisant ?

Oui, car j’ai eu beaucoup de gratuité : 1500 soldats durant deux semaines, les billets d’avion, etc. Je suis connu au Maroc et on m’aide beaucoup !

Et vous hésitez à poursuivre le cinéma ?

J’ai été agréablement et désagréablement surpris. C’est la première fois que je tourne en numérique. C’est d’une simplicité enfantine. Cette facilité m’a déçu. Et je vois que je suis incapable de faire les films qu’on fait aujourd’hui. Les histoires qui m’intéressent ne passent pas. Si c’est pour faire cent ou cent-cinquante mille entrées, cela fait hésiter. Amok avait fait des millions d’entrées !

Mais la télévision est le grand vecteur de diffusion et démultiplie le nombre de spectateurs.

On couvre juste nos frais grâce à la télé. Ce qui intéresse les jeunes, ce sont les dragons qui soulèvent la reine, etc. ! Les films coûtent cher car les acteurs sont chers.

Les films historiques ne vont-ils pas rester et être utiles aux générations futures ?

De sable et de feu va sortir dans une quarantaine de pays, mais on me dit toujours que le public sera restreint.

On le met dans une case art et essai alors que c’est un film populaire.

Oui.

Le format est-il adapté à la télévision ?

On peut l’adapter. On a compris que ce sont les télévisions qui vont rentabiliser le film.

Cela a-t-il joué pour que vous fassiez davantage de gros plans et moins de plans d’ensemble ?

Oui, c’est certain. On en a tenu compte.

Dans les coproductions, on a parfois les mains liées.

Je n’ai jamais eu ce problème car j’ai toujours été majoritaire dans tous mes films, depuis mes débuts au cinéma. J’ai toujours coproduit avec l’Italie depuis 1970. J’y ai fait mes études, ai travaillé à Cinecitta. C’était le pays du cinéma. Je parlais beaucoup de langues et avais donc un avantage sur les autres assistants.

Comme Domingo Badia !

(rires) Ah, Olivier, vous me taclez !

Comme Talleyrand dans le film lorsque Napoléon lui demande : « Est-ce un génie ou un illuminé ? » et que Talleyrand répond : « Une subtile combinaison des deux, Sire. De celle qui donne les grands hommes » !

Je suis pacifiste, je ne peux pas !

Il faut quand même un grain de folie pour se lancer dans de tels films !

Bien sûr ! J’étais mathématicien et pilote. J’ai laissé tout ça pour le cinéma sans savoir ce que c’était. C’était une folie ! Quand j’ai vu le tournage de 8 1/2 qui m’a décidé à en faire, je ne savais pas qui était Fellini, je ne connaissais rien au cinéma ! Et je n’ai pas remis les pieds à la fac !

Le cinéma italien, qui n’est pas en bonne forme aujourd’hui, a marqué l’Histoire non seulement par le néo-réalisme et Fellini mais aussi par les westerns spaghettis et les péplums, c’est-à-dire un cinéma de grande ampleur en plans larges comme dans le vôtre.

Ce cinéma n’existe plus. La littérature aussi. La télévision ne vaut plus rien. Le pays va en arrière. C’est devenu le pays de Salvini.

Vous qui êtes très sensible aux questions interculturelles et au mariage des peuples, cela doit vous toucher.

Complètement. C’est une grosse déception. Hélas.

L’espoir ne vient-il pas du Sud, et notamment du Maroc ?

Nous avons la chance d’avoir un Roi qui s’intéresse beaucoup au cinéma et à tous les arts, encore plus que son père.

Ce renouveau artistique au Sud n’est-il pas un espoir face au repli de l’Occident ?

Oui. Le cinéma reprend : on a maintenant 80 salles alors qu’on avait chuté jusqu’à 30. On remonte. Le théâtre aussi. La peinture et la musique bougent. La Biennale de Rabat va en rendre compte. Le budget du ministère de la Culture est consistant.

Vous présentez d’ailleurs le sultan Mouley Slimane avec beaucoup de bienveillance : il est intelligent et éclairé.

C’était le premier souverain marocain à vouloir ouvrir son pays à l’Occident. Et c’est le seul sultan depuis que le Maroc existe à avoir abdiqué, au profit de son neveu. Il était convaincu que Napoléon allait envahir son pays alors que le Maroc sortait d’une peste de 1793 à 1804 qui a tué la moitié de la population. L’agriculture manquait de tous ces bras et a drastiquement chuté. C’est pourquoi il s’est allié aux Anglais, les seuls qui pouvaient tenir tête à Napoléon.

Le film se déroulant entre 1802 et 1818, on est juste à ce moment charnière pour l’Histoire marocaine. C’est ce genre de moments qui vous intéressent.

Tout à fait.

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