Destination musicale #5 : Le Caire

Entretien avec Sherif Zaazaa

Print Friendly, PDF & Email

Les tendances musicales actuelles sur le continent, les clips qui cartonnent, les artistes qui tournent, les chansons qu’une grande partie du public martèle dans sa tête. Africultures a choisi 5 grandes villes africaines et y a interrogé ses journalistes culturels, à même de prendre le pouls d’une scène musicale actuelle et à venir. Cette semaine, nous sommes au Caire avec Sherif Zaazaa, directeur de publication du magazine musical anglophone Discord (1).

Quel était le tube de l’été au Caire ?
Je ne pourrais pas dire quel était le tube de l’été dans le domaine de la musique pop. En revanche, du côté des groupes indépendants, Cairokee connaît un succès croissant depuis trois ans et est passé du statut de groupe indé à une reconnaissance plus large auprès de la jeune génération. Ils ont sorti deux singles cette année, Nas Betoros W Nas Betmoot et Agmal Ma Andy avec la chanteuse Souad Massi.

Quel est l’artiste ou le groupe cairote le plus populaire du moment ?
Côté grand public, je dirais Amr Diab, qui chante depuis la fin des années 1980. C’est la raison pour laquelle j’ai arrêté de suivre les courants dominants car ils ne présentent pas de nouveaux talents. Du côté des jeunes groupes, je citerai à nouveau Cairokee mais aussi les performers de la musique Mahagrant (aussi appelée électro Chaabi, NDLR) comme Islam Chipsy, Alaa 50 ou Sa Dat.

Ces artistes sont-ils uniquement connus en Égypte ou ont-ils une renommée internationale ?
Ces artistes touchent une large audience et se sont produits dans les pays arabes et en Europe. Il faut garder en tête que même si cette scène indépendante est entrain d’éclore, ces groupes ne sont connus que dans les grandes villes égyptienne et sont très peu suivis en comparaison des plus connus – et plus vieux – artistes comme Amr Diab, Mohamed Mounir, Elissa ou Hayfa Wehbe.

Quelles sont les tendances émergentes ou underground en Égypte?
Il est difficile de dire qu’un seul style a été suivi par la plupart des groupes underground car il y a beaucoup de variantes allant du hip-hop à la house en passant par le shoegazing (rock alternatif, NDLR) et la musique acoustique.

Quelle est votre dernière découverte musicale ?
Personnellement, je suis davantage branché par la musique expérimentale et il est assez rare de trouver des groupes qui se détachent des principaux courants musicaux. L’un de mes groupes préférés est PanStarrs qui vient de se produire sur la scène du festival Cloud9 à Nuweiba dans le Sinaï. L’un des plus grands groupes en Égypte qui a tourné à l’étranger est un collectif appelé Kairo is Koming (KIK) qui fait principalement de la musique électronique.

KAIRO IS KOMING – La « technorévolution » du Caire from Justine Bo on Vimeo.

Quels sont les principaux obstacles rencontrés par les jeunes artistes Égypte ?

Les mêmes obstacles qu’ailleurs : le financement. Cependant, en Égypte, il est encore plus difficile de vivre de façon alternative comme certains musiciens le font en Europe. Les concerts sont rares et payent très peu. De plus, seulement quelques groupes parviennent à un succès commercial tous les deux ou trois ans, ce qui signifie que les autres groupes doivent subvenir à leur besoin avec le peu qu’ils perçoivent. Et que beaucoup de musiciens doivent prendre un « vrai » travail, ce qui leur laisse moins de temps pour produire leur musique.

Propos recueillis par l’équipe de rédaction

(1) Découvrez le magazine Discord sur Isuu Site officiel de Cairokee
Lire l’article de Libération sur Islam Chipsy  : ici
Site officiel de Amr Diab
Site officiel de Elissa
Écoutez en ligne la musique de PanStarrs
Site officiel de Kairo Is Koming (KIK) ///Article N° : 12436

  •  
  •  
  •  
  •  
Les images de l'article
Islam Chipsy © DR
Amr Diab © DR
PanStarrs © DR
Sherif Zaazaa © DR




Laisser un commentaire