Écrire le métissage

Les personnages métis apparaissent dans la littérature africaine dès les années 1930. Aperçu historique, de Nini la mulâtresse d’Abdoulaye Sadji à Lagon, lagunes de Sylvie Kandé.

Première colonie française en Afrique noire, le Sénégal est le pays où la question du métissage s’affirme très tôt dans la littérature, notamment à travers écrits d’Ousmane Socé et d’Abdoulaye Sadji. Le premier prône le métissage culturel tout en se méfiant du brassage biologique ; Dans son roman, Mirages de Paris (1937), il fait dire à l’un de ses personnages :  » Il ne faut pas que nous élite noire, nous ayons des enfants métis. Ceux-ci retourneront à la race blanche un jour ou l’autre. Et la race noire qui a tant besoin de cadres se retrouvera écrémée de génération  » (1). De son côté, Abdoulaye Sadji critique la haine de soi du métis, la haine de sa part nègre. Son roman, Nini la mulâtresse (1954) met en scène une quarteronne, de Saint-Louis, amante de Martineau, un collègue de bureau qu’elle présente rapidement à ses tantes, elles-mêmes métisses, dans l’espoir de l’épouser. Mais Martineau rentre brutalement en Europe, épouse une Française et revient avec elle en Afrique. Dépitée parce qu’objet de commérages, Nini vend ses biens, quitte Saint-Louis et s’exile en France. Fils de marabout, ayant lui-même fréquenté l’école coranique avant de devenir instituteur, puis inspecteur au S&eac...

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